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télérama - Page 6

  • La Grande Librairie de François Busnel

    Cela ne semblait pas évident de concevoir et d’animer à la télévision une émission sur les livres après l’empreinte qu’avait laissé Bernard Pivot avec « Ouvrez les guillemets », «Apostrophes », et « Bouillon de culture ».
     
    Pourtant c’est le pari que réussit « La Grande Librairie » de François Busnel diffusée depuis 2008 le jeudi soir à 20h 35 sur France 5 (rediffusée le dimanche à 23 h). Une chaîne de service public moins exposée à l’audimat qui a permis au rendez-vous littéraire de s’installer et de fidéliser un public.

    Une émission qui doit aussi son succès à la pertinence de son animateur, au savant dosage d’écrivains en tous genres, et au temps qui leur est donné pour parler de leur travail. L’émission a même battu son record d’audience le 10 avril en réunissant 504 000 téléspectateurs qui ont assisté au dialogue entre le très rare Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008, venu présenter son livre « Tempête » (Gallimard), et Pierre Rabhi, pionnier de l’agro-écologie, apôtre de la décroissance, et auteur de « Semeurs d’espoirs » (entretiens avec Olivier Le Naire - Actes Sud) (photo).
     
    François Busnel complète son rendez-vous hebdomadaire avec, une fois par mois, « Les Carnets de Route », série de documentaires où il parcours le monde à la rencontre de grands écrivains. Débutée en 2011 avec la littérature américaine contemporaine, l’émission a également évoqué les écrivains anglais, et irlandais avec « Gens de Dublin » diffusée le 17 avril 2014. Ces entretiens sont disponibles en DVD.
     
    François Busnel est un passionné venu à la littérature sur le tard, après un passage par le journalisme et l’enseignement de la philosophie. Aujourd’hui, l’univers du livre occupe une grande partie de sa vie professionnelle. Depuis 2004, il dirige le magazine spécialisé Lire (fondé par Bernard Pivot) et après avoir été rédacteur en chef  de la rubrique livres de L’Express de 2006 à 2008, il en est resté l’éditorialiste.
     
    Sa vie privée semble aussi être dédiée au livre, non seulement parce qu’il dévoile dans Côté Maison « qu’il y a des bibliothèques dans toutes les pièces » chez lui, mais aussi parce qu’elle crée la polémique lorsqu’il reçoit dans son émission l’auteure Delphine Le Vigan. Il expliquera plus tard dans Télérama « On était ensemble depuis trois ou quatre mois. Est-ce que vous savez ce que peut devenir une relation au bout de trois mois ? Peut-être que si on avait été ensemble depuis dix ans, je ne l'aurais pas fait. Mais lorsqu'elle est venue dans La grande librairie, elle avait déjà vendu des milliers d'exemplaires de " Rien ne s'oppose à la nuit ", elle figurait sur la liste du Goncourt, elle avait obtenu le Prix Fnac... Si vous me dites que c'était une erreur de l'inviter dans une émission littéraire, je l'entends. »  

    La Grande Librairie a son site internet où l’on trouve des informations sur les auteurs et leurs livres, sur le sommaire des émissions, et où on peut les revoir intégralement en replay.

     

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  • Revue de presse

    Les journaux parlent de livres et de littérature :

     

    régine deforge,james ellroy,marie desplechin,marguerite duras,alain vircondelet,télérama,libération,nouvel observateur,sabrina champenoisDans Libération, interview de James Ellroy à l’occasion de sa participation au dixième festival Quais du polar de Lyon pour son livre « Extorsion » (Rivages) :

    Question de Sabrina Champenois : « Vous ne suivez même pas les faits divers ? » : Mes amis m’en parlent. Et puis j’ouvre les yeux, les oreilles, et j’ai beau ne pas être sur Internet, ça me suffit pour combler mon retard. On vit une crise spirituelle profonde, les gens sont désormais en quête d’instantané plutôt que d’éternité, et ils ressentent le besoin de se remplir ad libitum de données, d’imagerie… Ils sont même incapables, en voiture, de s’arrêter au feu et de patienter sans rien faire, d’être juste là. Ils sont plongés dans leurs portables, leurs tablettes, c’est dingue, j’ai d’ailleurs failli me faire renverser plusieurs fois. Moi, j’ai besoin de temps pour ruminer. Je rumine beaucoup. Je suis un pervers, je suis un voyeur. » [...]

    A voir en complément l’entretien accordé à France 24.

     

    Dans Le Nouvel observateur sous le titre « Quand j’allais boire le thé chez Duras » un extrait de « Rencontrer Marguerite Duras » par Alain Vircondelet (éditions Mille et une nuits) :

    [...] « Écrire, selon elle, c’est atteindre à quelque chose d’invisible, pour être rapide, au mystère, ce que les chrétiens appellent l’âme et dont on n’a jamais su vraiment ce que ce terme recouvrait. On sait, dit-elle, à quel moment on est dans l’écriture. C’est-à-dire dans cette musique secrète, évidente et absolue. On le sait par quelque chose qui n’est pas de l’ordre du rationnel mais de l’intuition. Quelque chose qui atteint au silence, comme une vibration étrangère à soi. » [...]

    Télérama daté du 2 avril 2014 consacre sa couverture et un dossier de 4 pages à Marguerite Duras, et un numéro hors-série à l’occasion du centenaire de sa naissance.

     

    Télérama publie également un entretien avec l’écrivaine Marie Desplechin :

    [...] « Oui, des choses vont se perdre, et alors ? Il faut d'autant mieux accompagner celles qui vont rester. Imaginer qu'aucune transmission ne se fera est complètement idiot. Mais si nous voulons réussir à transmettre quelque chose, il faut le faire dans la joie, pas dans la peur et l'imprécation. Cesser de dire que les jeunes ça ne va pas, que la civi­lisation est finie, que la barbarie est à nos portes. Et ne pas se tromper de combat. On aurait dû, par exemple, réformer l'orthographe depuis longtemps. Mais on ne le fait pas, et à force de rester braqués sur des références mortes, des nostalgies d'un monde immuable, nous allons vers une langue d'une complexité inutile, réservée à une communauté de plus en plus restreinte. Si la transmission, c'est organiser des concours de dictée, ça n'a aucun intérêt. » [...]

     

    régine deforge,james ellroy,marie desplechin,marguerite duras,alain vircondelet,télérama,libération,nouvel observateur,sabrina champenoisDans Libération, Claire Devarrieux évoque Régine Deforges, éditrice, romancière, disparue à l’âge de 78 ans :

    [...] « L’érotisme selon Régine Deforges n’était pas militant, ni politique, mais « libre, dénué de tout sens du péché, joyeux, païen et non pas didactique » (A Paris, au printemps…). Romancière peu soucieuse d’audace formelle, elle savait s’adresser directement au cœur de ses lectrices. Dans la cinquantaine de livres qu’elle a signés, brille la fameuse Bicyclette bleue, une saga entamée en 1981, qui allait lui valoir un procès pour plagiat intenté par les héritiers de Margaret Mitchell.

    Régine Deforges, qui n’avait jamais caché s’être inspirée d’Autant en emporte le vent, l’emporta au bout de trois rounds. Un ultime tapage fit parler d’elle, lorsqu’elle démissionna en 2006 du prix Femina par solidarité avec Madeleine Chapsal, accusée par les consœurs d’avoir trahi le secret des délibérations. Régine Deforges était trop solitaire, trop franc-tireuse pour être bien vue dans les cénacles littéraires. »

    A lire aussi l’article de Jérôme Garcin sur BibliObs.

    Et sur Le Figaro.fr les multiples réactions à sa disparition.

  • Pour vivre mieux lisons heureux

    Connaissez-vous l’effet « feel good » ? Se sentir bien, un phénomène de positivité indécrottable contre la déprime générale, qui gagne le cinéma, la télévision et, forcément, l’édition.

    « Le bonheur s’achète aussi (beaucoup) en librairie, titrait en février  2013 Télérama qui constatait « Nul ne sait si ces livres rendent vraiment heureux les lecteurs. Les éditeurs, eux, ont l'air ravis. N'importe quel fascicule de développement personnel, même déguisé en roman, trouve aujourd'hui sa place en librairie, entre méthode Coué et méthode Coelho. Cette alchimie commerciale est payante. Mixant bon sens, optimisme, sagesse et coaching, les ouvrages « positifs » prolifèrent dans les rayons – et rayonnent dans les palmarès des meilleures ventes. « Le Sel de la Vie », (joli) petit texte de François Héritier est le quatrième « essai » le plus vendu en 2012. « Méditer, jour après jour », énième opuscule du psychiatre Christophe André se classe cinquième, avec 100 000 exemplaires écoulés (à la 47e position du palmarès Livres Hebdo, on trouve aussi « Les Joyeux guérissent toujours », de Patrick Sébastien !). »

    On connait déjà Gilles Legardinier qui écrit et vend des centaines de milliers de livres réjouissants, mais on peut aussi citer « L'analphabète qui savait compter » de Jonas Jonasson (Presses de la Cité), « L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea » de Romain Puértolas (Le Dilletante), et « Bourrasques et accalmies » de Sempé (Denoël), recommandés par le journal Elle dans la catégorie (du week-end) : « feel good books » !

    Les "feel good books" ont aussi leurs propres collections. Ainsi les éditions Marabout proposent une série d’ouvrages plus « techniques » dont les titres sont à eux seuls une vraie leçon de félicité : « Comment conserver un bronzage à faire pâlir ses collègues de bureau », « Comment s’habiller jolie quand on n’a pas le compte en banque de Paris Hilton », ou « Comment entrer dans son jean quand on a pris des petits apéros tout l’été ».

    feel goog,télérama,christophe andré,françois héritier,gilles legardinier,romain puértolas,sempé,jonas jonasson,elle,feel good books,marabout,l'express,philippe bloch,éditions ventanaMais la recherche du bonheur absolu ne concerne pas que les femmes malheureuses.  Le succès du livre « Ne me dites plus jamais bon courage ! » sous-titré « lexique anti-déprime à usage immédiat des Français » (éditions Ventana) semble indiquer que nous sommes tous à la recherche de la recette de l’optimisme radical y compris au travail (quand on en a). Avec L’Express, on apprend que son auteur Philippe Bloch « en appelle donc au sursaut national pour mobiliser les enthousiasmes et passer à l'action. « Refusons la médiocrité et réapprenons à dire en toutes circonstances : la solution c'est... plutôt que le problème c'est que... ».

    Si vous vous sentez mieux après avoir lu cette chronique « feel good » n’hésitez pas à le faire savoir, le bonheur ne vaut que partagé.

     

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