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télérama - Page 5

  • Pas d’auteurs, pas d’édition

    Le statut d’auteur, d’écrivain, de créateur, est-il un passe-temps annexe quasi-bénévole ou un véritable métier ? Ce sont les auteurs de bandes dessinées qui ont été parmi les premiers à lancer le débat, à Angoulême, avec un cri d’alarme sur la paupérisation de leur profession, et on se souvient de la manifestation organisée par le Conseil permanent des écrivains dans les allées du salon du livre de Paris en 2015.

    Le constat est flagrant : on vit difficilement de son son travail d’écriture et si quelques grands noms vivent largement de leurs droits d’auteurs, nombreux sont ceux qui exercent un autre métier ;  67% en 2013 selon l’ Etude sur la situation économique et sociale des auteurs du livre commandée en 2014 par Aurélie Fillipetti et dévoilée à la veille du dernier Salon du livre de Paris par la nouvelle ministre de la Culture, Audrey Azoulay.

    Le magazine Télérama qui qualifie cette étude de « pharaonique », donne la parole à Marie Cellier, la présidente de la Société des gens de lettres (SGDL) : « Nous disons d'ailleurs depuis longtemps qu'il y a une paupérisation des auteurs, et le bureau d'aide sociale de la SGDL reçoit beaucoup de témoignages en ce sens. Certains se trouvent dans des situations vraiment mauvaises. » Marie Cellier avance des explications à cet état de fait : « En réalité, les chiffres montrent un âge d'or dans les années 1990-2000, avant un début de décroissance. Plusieurs raisons l'expliquent : d'abord, Internet a tué les encyclopédies et un certain nombre de livres. Mais il y a aussi un phénomène de surproduction qui fait que le tirage d'un livre est toujours plus faible, ce dernier reste moins longtemps sur les tables des libraires, et s'il ne marche pas extraordinairement bien, il n'est pas réimprimé. Hormis quelques best-sellers, on est dans l'ère du « livre-Kleenex » ».

    Une situation pourtant paradoxale comme le constate le site Ina Global qui titre « Le marché du livre rit, les auteurs pleurent » et précise : « D’après l’institut GFK, en France, l’édition se porte bien avec une croissance de 1,8 % en 2015 et 2,6 milliards de chiffre d’affaires. Mais voilà, les auteurs se plaignent d’une rémunération en baisse, avec seulement 150 à 200 d'entre eux qui vivent de leurs œuvres. D’après le président du Centre National du Livre, des discussions à ce propos sont en cours entre auteurs et éditeurs. »

    Dans L’Obs Le Plus, Carole Trébor, écrivain et présidente de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse et Mathieu Gabella, scénariste BD et vice-président du SNAC Résumaient ainsi le problème « sans rémunération, pas d’auteurs. Sans auteurs, pas de livres, et pas de chaîne du livre. »

    Photo Actualitté.com

    CPE, Livre Paris, Télérama, Aurélie Fillipetti, Audrey Azoulay, Carole Trébor, Mathieu Gabella,Marie Cellier,Actualitté.com, INA Global,

     

  • Les écrivains sur Twitter

    S’exprimer en 140 signes, c’est la prouesse que réalisent 200 millions de personnes chaque jour dans le monde (2,3 millions en France). Normal que l’on retrouve parmi eux quelques écrivains.

    En 2013, Bernard Pivot a publié « Les tweets sont des chats » (Albin Michel). Dans le texte de présentation, il écrivait : « Quand je me suis intéressé aux réseaux sociaux, j’ai tout de suite eu envie d’aller sur Twitter... A chacun, il est possible de considérer Twitter comme une sorte de journal personnel intermittent, lié ou non à l’actualité. D’y écrire ce que bon lui semble. D’y pratiquer l exercice de la cogitation ou l’art de l’observation. D’y convoquer des souvenirs. D’y utiliser, bien sûr, l’humour, le calembour, la farce. Ou de s’y adonner à la philosophie. Bref c’est le cas de le dire, de twitter sérieux ou amusant, sans toutefois se prendre au sérieux, ni prendre ses abonnés pour des engourdis du cervelet. C’est ce que j’ai essayé de faire pendant un peu plus d’un an. »


    La même année, Télérama recensait une dizaine d’auteurs présents sur le réseau social et expliquait : « Les écrivains qui se plaignent d’être trop nombreux en librairie s’exilent parfois sur Twitter, où ils gazouillent avec plus ou moins de bonheur. Cent quarante signes, c’est court pour pondre un chef d’œuvre mais suffisant pour maintenir le contact ou balancer une vacherie. Certains se contentent de retweeter les éloges qu’ils reçoivent, d’autres expérimentent, redécouvrent le haïku, le vers libre et solitaire, et finissent par gagner de nouveaux lecteurs. »
    Salman Rushdie, Bret Easton Ellis, Joyce Carol Oates, Haruki Murakami (en Japonais et Anglais), Jay McInerney, François Bon, Régis Jauffret, Alain Veinstein, Clément Bénech, Jean Echenoz.

    Plus récemment le site My Little Book Club a détecté « Les 5 meilleurs comptes twitter d'écrivains » et nous engage à les suivre cet été. On y trouve à nouveau Bret Easton Ellis, Régis Jauffret, mais aussi Bernard Pivot, Pénélope Bagieu, et Tatiana de Rosnay.

    Ces listes ne sont bien évidemment pas exhaustives, et il suffit de rechercher sur Twitter le nom d’un auteur favori pour découvrir que lui aussi a des choses essentielles à nous faire savoir. 

     

  • Nos amis les bêtes en livres

    « Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité ». Ainsi en ont décidé les députés français dans le cadre d’un projet de loi relatif à la modernisation et à la simplification du droit et des procédures. Jusqu’au vote de cet amendement (qui doit être confirmé par le Sénat), le code civil considérait les animaux comme des « biens meubles ». Air du temps, stratégie commerciale, ou véritable prise de conscience, plusieurs livres parus récemment prennent leur défense.

    718ZBR4OpyL.jpgLe site 30 millions d’amis publie un entretien avec Franz-Olivier Giesbert à propos de la parution de son livre « L’animal est une personne » (Fayard). Un intérêt du journaliste pour les bêtes qui remonte à très loin : « J’ai donc vécu mon enfance puis mon adolescence au milieu des bœufs, des vaches, des chèvres, des chats, des poules, des canards, des pintades... A mes yeux, ils étaient tous des membres de ma famille que j’agrandissais même aux veaux et aux porcs qu’élevaient nos voisins. C’est là que j’ai commencé à avoir un rapport particulier avec les animaux, à leur parler, à les aimer, à les comprendre. »
    Un livre qui ne fait pas forcément l’unanimité, puisque sur Médiapart il est qualifié de « honte » car F-O Giesbert y célèbre l’art de la viande de boucherie et fait l’éloge du cirque avec animaux.

    matthieuricardcouvbandeau-rvb-tt-width-300-height-430-bgcolor-FFFFFF.jpgPlus zen, le livre « Plaidoyer pour les animaux » de Mathieu Ricard (Allary éditions ), bouddhiste pratiquant et médiatique, qui se demande comment on peut-on manger d’autres êtres vivants. A Télérama il explique « « Si nous poursuivons au rythme actuel, explique Ricard, notre style de vie aura causé la disparition de 30 % de toutes les espèces animales d'ici à 2050. », et le magazine d’écrire : « Magnifiquement documentée – comme toujours chez cet auteur à l'érudition éblouissante, qui s'appuie sur des sources historiques et philosophiques glanées au cours de ses incessantes recherches –, la réflexion de Matthieu Ricard dépasse largement la seule question de l'alimentation. En réa­lité, c'est l'omnipotence de l'homme, à tous égards – dans les univers du cirque, de la corrida, de la chasse... –, que cet amoureux de la vie sous toutes ses for­mes questionne avec vigueur. De quel droit, au fond, nous croyons-nous tout permis ? »

    51yUXH86fsL.jpgEt les abeilles ? Didier Van Cauwelaert vient de se voir attribuer le prix du livre environnement 2014 par la fondation Veolia pour son livre « Les abeilles et la vie », publié aux éditions Michel Lafon. Le Figaro nous apprend : « Cela fait bien longtemps qu'il s'intéresse à l'insecte et à son monde extraordinaire vieux d'au moins 100 millions d'année, plus ou moins concomitant à l'apparition des plantes à fleurs et surtout, bien antérieur à l'homme. »
    L’écrivain s’est aussi inspiré des travaux du scientifique Rémi Chauvin, aujourd'hui décédé, et de ceux de Karl Von Frisch, un chercheur reconnu dans le monde entier pour ses travaux sur les abeilles. Dans une lettre adressée au chercheur, Albert Einstein lui écrit : « Si l'abeille disparaissait de la surface du globe, l'homme n'aurait plus que quatre années à vivre. »
    La fondation Veolia distribuera dans les écoles 1500 exemplaires de l'ouvrage illustré par les photos de Jean-Claude Teyssier.


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