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  • Comment ranger ses livres, au mieux ?

    La période des vacances est le moment propice pour ranger votre bibliothèque, ou les quelques ouvrages qui nous servent de vitrine culturelle. Mais comment s’y prendre ?

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    Le site canadien Nightlife  nous propose « 10 façons inventives de disposer des livres chez vous ». Et effectivement certaines sont originales comme la numéro 3 : « En hauteur, mais à l'horizontal. Au lieu de placer les livres à la verticale dans vos bibliothèques, faites donc comme chez Karl Lagerfeld et placez-les couchés. L'effet visuel est intéressant et les titres sont plus faciles à lire. », ou la numéro 5 « Classer par couleur. Visuellement impressionnant, mais personne ne cherche "le livre jaune, tsé là, l'histoire d'amour?". Peut donc être compliqué de s'y retrouver. »

    Le site Houzz fait encore plus fort et visualise « 19 façons surprenantes de ranger des livres ». On y retrouve le classement à l’horizontale, ou par couleurs, mais également de nombreuses astuces pratiques pour ranger les livres dans les chambres d’enfants. Parmi toutes ses idées on peut noter celle-ci : « Si vous aimez les illusions d’optique, les bibliothèques aux formes farfelues sont celles qu’il vous faut. Avec leurs étagères dans tous les sens, elles défient les lois de l’apesanteur et créent un vrai spectacle déco. »

    Dans le domaine du rangement rien ne vaut l’expérience vécue. On relira donc les deux article qu’Emilie Besse a consacré à cette tâche « Comment classer les livres dans une bibliothèque ? », et « Tout pour bien ranger ses livres », publiés en 2013 sur son blog A livre ouvert mais toujours d’actualité.

    On y trouve de très nombreux conseils notamment ceux concernant l’humidité (« Souvenez-vous que le papier est d’origine végétale, et que l’humidité favorise l’apparition de champignons dans les pages. »), la lumière (« Le papier et l’encre, ainsi que les couvertures en cuir si vous avez de beaux ouvrages, ne doivent pas être exposés directement à une source de lumière. »), et le choix de l’emplacement (« Pour ce qui est de la place, à vous de réfléchir à ce qui est le mieux pour vous. Mais gardez à l’esprit que les livres prennent rapidement de la place, et une ou deux étagères d’appoint ne suffiront peut-être pas à répondre à l’invasion. »), ou même la poussière. Les deux articles sont très agréables à lire.

    On complètera ces deux articles par celui publié en janvier 2016, toujours sur le blog A livre ouvert : « Comment faire de la place dans sa bibliothèque ? »

    A lire également sur la manière de ranger ses livres : Extrait de Penser/classer de Georges Perec (Seuil).

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  • Editeurs à Paris ou ailleurs

    Si on peut écrire n’importe où, il semblerait aussi que l’on puisse éditer en divers endroits.

    Actes Sud a choisi de s’installer à Arles, place Nina-Berberova, une ville où l’éditeur possède également une librairie et un cinéma. Hubert Nyssen fondateur avec sa femme, Christine Le Bœuf, des éditions Actes Sud raconte : « En 1968, j'ai fondé un atelier de cartographie avec un jeune géographe dans une bergerie provençale du XVIIIe: “Actes”. C'était passionnant, mais en 1977, je venais de passer 50 ans, j'ai dit à Jean-Philippe Gautier de continuer sous le sigle “Actes”; de mon côté j'ajoutais “Sud” pour me lancer dans l'édition. » Une délocalisation « loin du Flore » dont il décrit les conséquences « On a mis longtemps à me le pardonner. François Nourissier m'a dit un jour : “Hubert, tu t'es mis dans des conditions où tu n'auras plus jamais un prix, ni toi personnellement ni ta maison d'édition. On s'arrangera pour que tu n'en aies pas.”Oui, voyou à ce point ! J'ai lancé une contre-offensive :“Mais nous sommes sur la rive gauche. Du Rhône.” »

    Le sixième arrondissement de Paris qui a longtemps été considéré comme le quartier des éditeurs a perdu sa substance au fil des concentrations, des restructurations, et surtout du manque de place et des hausses de loyers au centre de la capitale. Restent malgré tout, dans ce haut lieu de la littérature, des maisons comme Le Cherche midi, Hoëbeke, Arléa, L’Iconoclaste, Buchet-Chastel, à quelques centaines de mètres de St Germain-des-Prés.

    D’autres ont quitté le centre de Paris pour s’installer à la périphérie. Les éditions de La Martinière sont installées depuis quelques années dans le quatorzième arrondissement, à la lisière de Montrouge, dans un immeuble qui leur permet de rassembler toutes les filiales du groupe, Seuil, Seuil Jeunesse, Points, Don Quichotte, Métailié, etc.

    Autre éditeur à s’installer pas très loin de Paris, Hachette, troisième éditeur mondial, dont Le Figaro nous dévoile le nouveau siège « Un livre ouvert sur la ville » : « Du haut de ses sept étages, le nouvel édifice qui se déploie sous la forme d’un « H », accueille les 700 salariés d’Hachette depuis mars dernier. Ces derniers avaient du quitter les célèbres bureaux du quai de Grenelle (15e arrondissement de Paris). À Vanves, ils sont déployés sur plus de 20.000 m² ! Pour casser l’image des plateaux de bureaux alignés les uns à côté des autres, Jacques Ferrier a développé l’idée d’une promenade intérieure avec des couloirs qui bifurquent, s’évasent et divergent. «Tout cela rythmé par de la lumière naturelle, des patios et des loggias» commente-t-il. »

    Pour terminer cette liste non exhaustive, on signalera les éditions Au diable Vauvert dont le siège se situe dans une ancienne école de village d'un lieu-dit dépendant de la commune de... Vauvert.

    Photo : une vidéo sur le nouveau siège d’Hachette commentée par son architecte.

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  • Claude Durand, éditeur

    Claude Durand, Grasset, Seuil, Fayard, Bernard de Fallois, François Thuret, Du Figaro à L’Humanité en passant par Télérama, Libération et Le Monde, toute la presse unanime a rendu un dernier hommage à Claude Durand, écrivain, éditeur disparu le 7 mai 2015 à l’âge de 77 ans.

    « Pape », « Empereur » de l’édition, les qualificatifs laudateurs n’ont pas manqué pour saluer celui qui, pendant plus de quarante ans, a fait une grande carrière au service de la littérature et du livre, aux éditions du  Seuil où il débute comme lecteur, puis chez Grasset, ou encore aux éditions Fayard qu’il dirigera pendant 30 ans, de 1980 à 2009.

    L’Humanité qui le qualifie « d’éditeur à plein-temps », raconte : « Libre, direct, loyal, capable de prendre des risques, de fuir les mondanités, de dénoncer le troc des voix dans les prix littéraires, Claude Durand n’a jamais oublié d’où il venait. Évoquant sa naissance à Livry-Gargan, en Seine-Saint-Denis, ses origines modestes, son premier métier d’instituteur (déjà, il faisait écrire à chacun de ses élèves un roman tout au long de l’année), son poste de lecteur au Seuil après avoir envoyé lui-même un manuscrit, il disait : « Je suis un mercenaire sorti de sa banlieue. »

    De son métier d’éditeur il disait en 2007, « L’écrivain est toujours un peu monstrueux, concentré sur ce qu’il fait, il ne doit se soucier qu’accessoirement de l’œuvre d’autrui. L’éditeur, au contraire, doit essayer de se couler dans l’univers et la manière de l’auteur pour essayer de le tirer vers son meilleur ».

    Quelque temps après avoir pris sa retraite en 2010, il publia sous le pseudonyme de François Thuret « J’aurais voulu être éditeur » dont il signa la postface sous son vrai nom. Le Magazine littéraire écrivit à propos de ce livre satirique sur le monde de l’édition « Claude Durand a choisi le roman à clés, le plus vain et le plus lâche de tous les genres littéraires, rédigé dans un esprit potache. »  Dernière facétie d’une vie dédiée au livre.

    Libération, qui lui consacra un portrait en 2009, écrit : « Claude Durand restera comme l'éditeur de Michel Houellebecq, d'Ismaïl Kadaré et d'auteurs aussi différents que Régis Debray, Jorge Semprun, François Mitterrand, Lech Walesa, Régine Desforges, Robert et Elisabeth Badinter, Raul Hillberg, Max Gallo et Simone Signoret. »

    ClDurand.jpgDans Le Figaro, on apprend que son dernier livre « Usage de faux », un roman paru en janvier 2015 aux éditions Bernard de Fallois « traitait avec humour d'une croustillante histoire d'imposture dans le milieu de... l'édition ». Claude Durand précisait « Ce n'est pas un roman à clés. Ce que j'ai voulu dénoncer, c'est l'usurpation dans le monde de l'édition, le formatage, les masques que beaucoup portent, le mensonge. C'est tout un esprit d'imposture.»

    Un esprit et un univers qu’il ne connaissait que trop bien.

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