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prix goncourt - Page 2

  • Bonne chance au prix Goncourt

    Obtenir le prix Goncourt est un grand moment dans la vie d’un écrivain. A la gloire médiatique s’ajoute le pactole provenant des droits d’auteurs dont le montant bondit quasi automatiquement à l’annonce de son nom. Bruno Corty, du Figaro littéraire estime entre 400 000 et 600 000 les ventes d'Au revoir là-haut  de Pierre Lemaitre, prix 2013. Mais quelques semaines après, l’effervescence retombe et la vie quotidienne (souvent anonyme) reprend le dessus.

    Si on se souvient de quelques lauréats récents comme Michel Houellebecq (2008), Jonathan Littell (2006) ou Jean-Christophe Ruffin (2001), qui se souvient que Pascale Roze (1996), Jean-Jacques Schuhl (2000), Gilles Leroy (2007), l’ont également obtenu ? Pour nombre d’observateurs du milieu littéraire, cette distinction est un cadeau empoisonné car s’il attire l’attention sur l’auteur, le conte de fée est souvent éphémère.

    On ne sort pas forcément indemne de ce maelström de compliments et de flagorneries. Si matériellement les fins de mois sont assurées, cette sinécure n’est pas toujours le meilleur moyen de renouveler l’envie d’écrire. « Un écrivain « sérieux » peut-il être riche ? » s’interrogeait en octobre Slate.fr. Un auteur comblé peut-il être encore fécond, peut-on ajouter ? Rares sont les écrivains peu connus avant leur Goncourt qui ont su gérer leur avenir littéraire.

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    D’autres n’ont pas connu de telles déconvenues et ont intégré le jury qui le décerne, c’est le cas d’Edmonde Charles-Roux (1966) (Présidente), Michel Tournier (1970), Didier Decoin (1977), Tahar Ben Jelloun (1987), Patrick Rambaud (1997), Paule Constant (1998), la boucle est bouclée.

    Photo : Romain Gary qui obtint deux fois le prix Goncourt, une première fois en 1956 avec Les racines du ciel et une seconde fois avec La vie devant soi, écrit sous le pseudonyme d’Emile Ajar.


    Pour ceux que les remises de prix amusent, Le Nouvel Observateur publie le palmarès du Prix Virilo « double poilu du Femina » attribué à Céline Minard pour son roman  Faillir être flingué   (Rivages). Le prix est complété par la liste de ses « accessits poilants ».

  • Le talent n’a pas d’âge

    A plus de 80 ans, ils nous montrent que l’écriture, c’est leur vie.

    L’Express publie un portrait d’Edmonde Charles-Roux, présidente du Prix Goncourt à 94 ans. Son éditeur Marianne Payot écrit « Il y a un mystère Charles-Roux: comment expliquer que cette grande bourgeoise, amie des légionnaires et des intellectuels, l'âme combative et le coeur à gauche, à la fois autodidacte et lettrée, suscite tant de bienveillance? Ou de déférence? Prononcer son nom est un sésame, les téléphones se décrochent pour dire, toujours, la même admiration, sans un mot discordant, comme si le temps et le respect dévolu à l'âge biffaient les aspérités: "Gaie, dynamique", louange Bernard Pivot, son compère du Goncourt. "Ardente, batailleuse, guerrière", pour Bernard-Henri Lévy, qui la côtoie depuis 1975. "Elégante, pudique, talentueuse", selon Pierre Bergé, qui annonce, dans un mouvement de fierté, la connaître depuis soixante ans. »

    Jean d’Ormesson, 88 ans, après avoir connu des problèmes de santé (un cancer, c’est lui même qui l’a dévoilé publiquement), fait la tournée des médias pour conforter le succès de son dernier livre Un jour je m’en irai sans avoir tout dit (Robert Laffont) déjà vendu à plus de 70 000 exemplaires et en tête des meilleures ventes dans le palmarès L’Express/Tite-Live.

    Autre « rescapé », le dessinateur Siné, désormais patron de presse, et qui, a 84 ans, publie Journal pré-posthume (Cherche Midi) dans lequel il raconte avec sa verve habituelle son terrible combat contre une leucémie aiguë myéloïde dont il est finalement sorti vainqueur. Une vraie leçon de ténacité.

    Toni Morrisson, 81 ans, romancière « afro-américaine », prix Pulitzer en 1987, pour son cinquième roman Beloved, prix Nobel de littérature 1993, a l’an dernier reçu les honneurs de la presse française pour son dixième roman Home qui paraît cette année en édition de poche (10/18).

    Sans oublier John Le Carré, 82 ans, lui aussi classé dans les meilleures ventes avec son dernier livre Une vérité si délicate (Seuil).

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    Aimé Césaire nous a quitté à 95 ans, Carlos Fuentes à 83 ans, Tom Sharpe à 85 ans, et l’écrivain et éditeur, Maurice Nadeau est parti à 102 ans. Le plaisir d’écrire est-il source de longévité et de jouvence ? Le secret est peut-être à trouver dans leurs livres.

    Photo : Cavanna raconte Cavanna (90 ans). Les Echappés.

  • La bonne impression des livres

    Qui imprime les livres et où sont-ils imprimés ? Dans la chaîne de l’édition, l’imprimeur est le professionnel qui matérialise l’objet qui va se retrouver en librairie. Autrefois ce secteur était florissant, mais l’arrivée du numérique a profondément bouleversé la profession. Le passage obligé par les photograveurs et les typographes a quasiment disparu et souvent il ne reste plus aux imprimeurs que la seule responsabilité de la reproduction, même si la gestion et la mise en conformité des fichiers envoyés par l’éditeur restent de leur ressort.

    Bref le métier a du s’adapter et, en France, il reste encore quelques gros imprimeurs spécialisés dans l’impression et le façonnage du livre. En feuilletant un ouvrage, on trouve leur signature dans les dernières pages.

    Parmi les plus connus, on citera l’imprimerie Floch, à Mayenne qui, selon Francegraphique.com, a réalisé 7 des romans de la première sélection du prix Goncourt, le groupe CPI qui compte 4 imprimeries dans l’hexagone, Aubin Imprimeur, Brodard & Taupin, Firmin Didot, et Bussière qui a remporté le gros lot, puisque le livre de l’écrivain suisse Joël Dicker La vérité sur l’Affaire Harry Quebert aux éditions Fallois, a reçu le Grand prix de l’Académie française et le Goncourt des lycéens. Au total CPI aura imprimé 5 prix littéraires si on rajoute le Fémina, le Médicis Etranger, le Fémina Essai, et le Renaudot Essais. Enfin, Normandie Roto Impression à Lonrai dans l’Orne a assuré l’impression des 2 romans publié chez Actes Sud qui postulaient pour le prix Goncourt, dont Le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari qui l’a obtenu.

    Mais si les imprimeurs français arrivent à conserver les gros tirages de romans, la concurrence est rude pour les beaux-livres illustrés. Depuis longtemps, les imprimeurs espagnols et italiens sont réputés pour leur savoir-faire et la qualité de leur travail, mais aujourd’hui, ce sont les imprimeurs chinois qui sont les principaux concurrents de ce marché. Même si les délais sont plus longs en raison du transport, généralement par bateau (et quelquefois hasardeux), le coût de revient peu élevé du livre imprimé est une aubaine pour les éditeurs. Encore faut-il être sûr, avec la distance, que le passage des fichiers numériques au papier est conforme aux attentes de l’éditeur.

    En 2010, pendant Salon du livre, un collectif de 7 petits éditeurs avait tenté de contrer cette tendance en plaidant pour une industrie plus respectueuse de l’environnement, ce qui n’est pas le cas de la Chine qui déforeste à tout va pour alimenter son industrie papetière. Ajoutez à cela l’empreinte carbone du transport et vous aurez le prix véritable d’un livre imprimé à l’autre bout de la planète.

    Réduire les tirages et les ajuster aux ventes, c’est possible grâce à la technologie. Ainsi les éditeurs ont-ils réduit les importants frais de stockage en utilisant des rotatives qui fournissent à la demande. C’est le cas de la Cameron, une machine qui peut imprimer 3 livres par seconde, impression, façonnage et brochage compris. Autre nouveauté, les lignes de fabrication à jet d’encre Quantum qui permettent, elles, d’imprimer des tirages de 1000 à 5000 exemplaires, ce qui correspond en général à des premiers tirages d’un livre.

    Des chiffres qui font rêver les auteurs, mais ceux-ci peuvent toujours donner vie à leurs projets littéraires en imprimant à quelques exemplaires leur œuvre avec des sites comme Copy-media, ou Lulu.com, entre autres. En attendant de se voir imprimer sur une Cameron.

    A voir sur Dailymotion l’impression du tome 7 de Harry Potter et l’émission de France Culture sur la fabrication d’un livre.

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