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marguerite duras - Page 4

  • Pourquoi font-ils des livres ?

    • « D’habitude , on n’arrive pas à se dépêtrer de l’amour-passion. Eh bien, en l’occurrence, c’est ce qui m’est arrivé. Un jour cette histoire a cessé de me tourmenter. C’était en cours d’écriture, vers 1998, et le projet a changé de nature. L’idée n’a plus été que de faire le plus beau livre possible. Un livre avec le plus de vérité possible. »

    Dominique Noguez auteur de Une année qui commence bien ( Flammarion) dans Le Monde des livres.

    • « Tout ce que l’on aime devient une fiction. La première des miennes fut le Japon. A l’âge de cinq ans, quand on m’en arracha, je commençai à me le raconter. Très vite, les lacunes de mon récit me gênèrent. Que pouvais-je dire du pays que j’avais cru connaître et qui, au fil des années, s’éloignait de mon corps et de ma tête? »

    Amélie Nothomb, premières lignes de La nostalgie heureuse (Albin Michel).

    • « Le Chemin n'est pas la liberté, il est même en réalité une forme d'astreinte puisqu'il contraint jour après jour à accomplir un effort qui pèse de plus en plus. Se lever chaque matin, hisser son sac, affronter la pluie, marcher 40 km, dormir dans des conditions bien peu orthodoxes... En revanche, le Chemin prépare à la liberté parce qu'il oblige au dépouillement. Peu de temps après mon retour, lors de l'écriture de Le Grand Cœur - une biographie de Jacques Cœur -, j'ai situé à sa disgrâce, à l'écroulement de son pouvoir et de sa richesse, et donc à son incarcération, le moment où ce grand argentier et voyageur du XVe siècle rencontre la véritable liberté. C'est en effet en prison, nu, débarrassé de tout ce qui avait fait sa puissance, qu'il confie être "enfin" libre. »

    Jean-Christophe Ruffin auteur de Immortelle randonnée (Guérin) extrait d’un long entretien à La Tribune.

    • « Je crois que c'est ça que je reproche aux livres, en général, c'est qu'ils ne sont pas libres. On le voit à travers l'écriture : ils sont fabriqués, ils sont organisés, réglementés, conformes on dirait. Une fonction de révision que l'écrivain a très souvent envers lui-même. L'écrivain, alors il devient son propre flic. J'entends par là la recherche de la bonne forme, c'est-à-dire de la forme la plus courante, la plus claire et la plus inoffensive. Il y a encore des générations mortes qui font des livres pudibonds. Même des jeunes : des livres "charmants", sans prolongement aucun, sans nuit. Sans silence. Autrement dit : sans véritable auteur. Des livres de jour, de passe-temps, de voyage. Mais pas des livres qui s'incrustent dans la pensée et qui disent le deuil noir de toute vie, le lieu commun de toute pensée. »

    Marguerite Duras dans Ecrire (Folio).

    • « Les plus beaux voyages, c'étaient les livres. Non pas les films ni les terribles photographies qui imposaient déjà leurs paysages et leur redoutable pittoresque à ceux qui les regardaient. Mais les livres, qui laissaient libre cours à l'imagination et au rêve. Ils nous arrachaient à nous-même, et ils nous y renvoyaient. »

    Jean d’Ormesson dans Qu’ai-je donc fait ? (Robert Laffont). Vient de publier Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit (Robert Laffont).

    • « Ce que j'aime, c'est provoquer l'imagination du lecteur à travers des choses qui ne soient pas descriptibles. Ne jamais décrire, toujours suggérer. C'est Colette qui disait cela. Suggérer demande au lecteur une grande participation. Mais je crois que c'est pour cette raison que les lecteurs se souviennent si bien de mes livres: parce que je les fais travailler. »

    Eric-Emmanuel Schmidt, dans L’Express en 2007. Vient de publier Les perroquets de la place d’Arezzo (Albin Michel). 

    • « L’album pour enfants, c’est du dessin presque animé, la liberté en plus ! Il y a tout le vide, tout ce qui se passe dans ce qui n’est pas dessiné ou dit, dans le blanc. Il y a un espace, une liberté entre chaque page, chaque dessin. C’est bien de laisser toutes ces portes ouvertes à l’interprétation : il y a le texte et la manière dont les lecteurs le comprennent : il faut faire confiance au enfants. »

    Michel Van Zeveren, auteur de Je, tu, il m’embête (Pastel) dans Le Monde des livres.

    A suivre...

     

    Dominique Noguez, Amélie Nothomb, Jean-Christophe Ruffin, Marguerite Duras, Jean d'Ormesson, Eric-Emmanuel Schmiidt, Michel Van Zeveren

  • Couples d’écrivains

    Dans un couple d’écrivains, qui fait les courses, la cuisine, le ménage, et s’occupe des enfants quand il y en a ? C’est étonnant mais ce n’est pas vraiment le type de questions que l'on se pose lorsqu’on évoque un couple d’écrivains. Une chose reste sûre, c’est l’amour qui les réunit, celui de la littérature bien évidemment, mais souvent l’amour tout court. Avec souvent quelques surprises.

    Si on connaît la liaison de Simone de Beauvoir avec Jean Paul Sartre, on connaît moins celle qu’elle eut en "parrallèle" avec Nelson Algren, écrivain nord-américain à qui elle enverra des lettres d’amour pendant plus de 15 ans. Ses courriers seront publiés par sa fille adoptive en 1997 sous le titre “Un amour transatlantique” (Folio)

    515S688TTTL.jpgLe couple Willy (Henry Gauthier-Villars) et Colette a lui aussi laissé des traces dans l’édition, et si le mari révélera et abusera du talent de sa femme, celle-ci dévoilera les hauts et les bas de cette vie commune en 1936 en publiant “ Mes apprentissages” (disponible en Livre de Poche). L’amour est également ce qui a uni George Sand à Alfred de Musset et leurs courriers enfiévrés et à double lecture en portent témoignage.

    Mais est-il si courant que deux créateurs unissent leurs destinées ? Le quizz organisé par Babelio.com permet de satisfaire notre curiosité dans ce domaine, le site de la librairie Mollat à Bordeaux également. Dans l’article consacré aux couples mythiques de la littérature sont notamment cités Francis Scott et Zelda Fitzgerald, source d’inspiration littéraire l’un pour l’autre mais « en proie à de grandes souffrances ». On y retrouve également Georges Pérec et Françoise Sagan, Marguerite Duras et Robert Antelme, mariés en 1939, ou encore les deux romanciers new-yorkais Paul Auster et Siri Hustvedt (dont la première femme Lydia Davis était déjà écrivaine).

    En 2012, Le Figaro sous le titre « Vivre d’amour et de littérature » a tenté de percer le secret de ces écrivains qui font cohabiter leurs talents. Pour la romancière Simonetta Greggio, citée dans l’article et qui vit avec un écrivain, « On parle de nos idées, de nos projets, et des manuscrits en cours d'écriture. C'est un des plaisirs qu'on partage, comme on partage les doutes. On peut même demander l'avis de l'autre. Ce n'est pas un secret, c'est une… activité permanente ». 

    Une relation de partage et de création que vivent Vincent Message et Cloé Korman, Philippe sollers et Julia Kristeva, ou Jean-Yves Cendrey et Marie NDiaye, tous répertoriés par le journal.

    On ne saura jamais vraiment quel est l’apport du talent de chacun dans la vie ou l’œuvre d’un couple d’écrivains, un métier généralement solitaire, mais dont les histoires donnent vie à des livres.

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