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les inrocks - Page 4

  • Les Pères Noël de la librairie

    La période de Noël n’est pas une période banale pour les libraires, surtout cette année où une enquête révèle que le livre figure en tête des cadeaux qui ont été offerts. C’est aussi une bonne occasion pour promouvoir ce métier.

     Au Québec, une trentaine d’auteurs ont emballé les livres dans une quinzaine de librairies, une initiative racontée par Radio Canada : « Cette activité, qui a pour nom Les auteurs s'emballent !, se veut une action de solidarité avec les libraires indépendants, et a été imaginée par l'Association des libraires du Québec (ALQ) et le diffuseur Dimedia qui est toujours en guerre contre les librairies Renaud-Bray. À cause de cette mésentente commerciale, les livres des auteurs distribués par Dimédia ne sont pas vendus par Renaud-Bray. « On essayait de trouver du positif et d'aider ceux qui sont pris entre Dimédia et l'entreprise dont je ne dirai pas le nom », explique Katherine Fafard, directrice générale de l'ALQ. »   

    La Voix du Nord annonce l’ouverture, à quelques heures de Noël, de la librairie du Port « dans une ville qui ne comptait plus qu’une librairie ». Le quotidien raconte : « Derrière le comptoir c’est Virginie Jalain qui tient boutique. Cette professeure de français dans un collège de Calais a décidé de s’accorder deux ans pour réaliser ce projet : ouvrir sa librairie de quartier. Après des mois à monter les dossiers, à chercher les aides et les prêts, à faire les travaux avec son entourage, cette fois, c’est fait. « On a terminé de tout préparer à 2 h du matin pour l’ouverture jeudi à 10 h. Ça faisait bizarre de se dire que quelques heures plus tard, il y aurait les premiers clients », explique la libraire, soutenue dans son projet par la BGE (boutique de gestion pour entreprendre), Initiatives Calaisis et le conseil régional. Les premiers visiteurs ne sont d’ailleurs pas fait attendre. »

    La librairie L'écume des pages à Paris s’est distinguée en recevant la visite d’un président de la République pour ses achats de cadeaux de dernière minute. ActuaLitté note cependant que le Président avait auparavant fait un détour par la FNAC et rappelle qu’aux Etats-Unis « Barack Obama effectue chaque année, avec la régularité d'un métronome, des emplettes en librairie, pour montrer son soutien à la profession. Sa dernière visite, début décembre, s'était d'ailleurs conclue avec plusieurs achats, en compagnie de ses filles, juste avant Thanksgiving ».

    Enfin, la bonne idée de cadeau de Noël (gratuite mais uniquement pour Paris), c’est l’extension « Amazon killer » créée par « l’activiste numérique Elliot Lepers ». Les Inrocks en détaillent l’utilisation : « aller sur Amazon, trouver l’objet littéraire convoité, demander à Amazon-Killer de trouver la liste des librairies les plus proches où il est disponible, le mettre dans son panier et aller l’acheter sur place. » Une idée toute simple selon son créateur : « C’est assez drôle, je n’ai pas fait grand-chose. Il y a une base de données, celle de la Place des Libraires, et il y a Amazon. J’ai juste fait un petit pont entre les deux. Il y a aujourd’hui une volonté affichée par les commerçants en ligne d’être les plus rapides, les plus pratiques. Mais si on prend le métro, en moins d’une heure on a son bouquin. Aussi rapide que soit Amazon, il ne vous livre que le lendemain. »

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  • Luxe, littérature, et volupté ?

    En 2004, le groupe de luxe LVMH de Bernard Arnault venait au secours de la petite maison d’édition Arléa créée en 1986 par Catherine et Jean-Claude Guillebaud et Claude Pinganaud. L'éditeur était alors au bord du dépôt de bilan. Présenté par Livres hebdo comme un sauvetage qui s’inscrivait « dans les opérations de mécénat culturel utiles à l’image du  groupe », Arléa rejoignait Radio Classique, ainsi que la revue Connaissance des Arts, et fait encore aujourd’hui partie du groupe Les Échos, pôle médias de LVMH.

    En 2013, c’est Madrigall (anagramme de Gallimard) holding qui possède les maisons d’édition Gallimard et Flammarion qui voit Bernard Arnault entrer dans son capital à hauteur de 9,5%. Un rapprochement qu’Antoine Gallimard justifie ainsi « Bernard Arnault s'est montré très sensible aux questions patrimoniales et aux questions de marque. Il apprécie l'histoire de la maison et notre côté familial. Ce qui l'a intéressé, c'est que Gallimard est une marque nationale et mondiale, dans le cadre d'une entreprise familiale qui investit sur le long terme »

    lvmh,arléa,les inrocks,prada,agnès b,la quinzaine littéraire,josé bové,madrigall,gallimard,bernard arnault,christian bourgoisRécemment l’hebdomadaire Les Inrocks soulignait les investissements de l’industrie du luxe dans le  monde de l’édition et s’interrogeait « Tendance lourde ou effet de mode, que cache cette nouvelle forme de mécénat ? ». Sans vraiment apporter de réponse – l’article avance que LVMH serait intéressé par le patrimoine immobilier de Gallimard -  l’auteure cite aussi les exemples de la marque Prada ou d’Agnès b. (ex-épouse de l’éditeur Christian Bourgois 10/18) et qui vient de contribuer au sauvetage de La Quinzaine littéraire, la revue fondée par Maurice Nadeau. Le journal précise « Pour accompagner le lancement de sa nouvelle version le 1er novembre, Agnès b. a créé des sacs aux couleurs de la publication et organisé une exposition dans l’une de ses boutiques. »

    Il est vrai que, à voir autant de capitaux affluer dans un secteur en pleine mutation technologique et en grande difficulté économique, on peut se demander quelle en sera la contrepartie ? Le livre n’est pas une marchandise peut-on écrire paraphrasant le titre célèbre de José Bové, mais on peut aussi rappeler que si les grands groupes de luxe jouent les mécènes ils sont loin d’être des philanthropes.


  • Comment faire parler de son livre de rentrée ?

    555 romans français (dont 86 premiers romans) et étrangers  sont publiés en cette rentrée 2013 contre 650 en 2012. Un véritable casse-tête pour les éditeurs et leur service de presse. Comment se distinguer, pour un auteur, dans cette pile de nouveautés qui n’auront qu’une courte vie commerciale si Le Monde des livres, les Inrocks, ou  Femme actuelle, n’y consacre pas quelques lignes.

    Pas de problème pour les œuvres des bons clients des médias, comme Jean d’Ormesson et sa bonhomie immortelle, ou Amélie Nothomb et ses chapeaux étonnants et coiffures farfelues qui font des photos originales pour illustrer des articles.

    Ensuite, il y a  l’originalité des sujets. Les Inrocks justement s’interrogent sur l’apparition d’un nouveau genre littéraire avec le livre de Christopher Hitchens, qui « a tenu la chronique de sa condamnation à mort par le cancer.»

    On peut aussi se lancer dans l’aventure avec un patronyme célèbre comme Marie Modiano qui publie (fin octobre)  Upsilon Scorpii (Gallimard), sans oublier l’humour déjà présent dans le titre, comme L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, de Romain Puértolas (Le Dilettante).

    Un bon livre « trash » peut aussi attirer l’attention et permettre de sortir le titre du lot. Le quotidien Métro présente ainsi Petites morts, de Charlotte Roche (Flammarion) « En 2006, Zones humides avait fait connaître l'actrice-chanteuse-productrice-animatrice allemande Charlotte Roche, pour son apologie des pratiques anales et de l'hygiène négligée. Il n'en fallait pas plus pour lancer le buzz autour de cette jeune femme qui décrit crûment les expériences de sa nouvelle héroïne, Elisabeth Kiehl, dans son deuxième roman, Petites morts. La trame, très autobiographique, promet deuil, sexe, effroi, humour noir : du Christine Angot en mieux. »

    Après le succès de 50 nuances de Grey de E.L James, le filon ne semble pas prêt de se tarir comme on le constate avec Eric Emmanuel Schmidt et Les perroquets de la place d'Arezzo (Albin Michel) où le lecteur, précise Le Parisien, trouvera « des séquences vraiment érotiques présentant parfois des jeux sado masochistes. »

    Pour autant on ne peut pas en conclure que la recette pour un bon roman de rentrée est de le faire écrire par un écrivain de 88 ans arborant un couvre-chef photogénique détaillant sa carte Vitale et ses turpitudes sexuelles.

    b_248.jpgEt puis dans cette rentrée, il y a des livres plus discrets, bien loin du roman mais qui méritent notre attention. Le site Actualitté présente ainsi le parcours de Claude Huet qui vient de publier La descente aux enfers (éditions ABM) : « Avant de sombrer dans la rue pendant neuf ans au début des années 2000, Claude Huet était chef d'une petite entreprise de BTP à la Réunion. C'est en partie grâce à la publication de son premier ouvrage, Dix Jours, neuf nuits(éditions ABM), en 2010, qu'il commence à remonter la pente. Il faut dire que durant sa chute, l'ancien SDF écrivait son journal, un goût pour l'écriture qui lui permettait aussi de s'évader. » 

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