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les inrocks - Page 3

  • La librairie Un Regard Moderne

    Il faut aimer passionnément les livrespour aller dénicher à la librairie Un Regard Moderne  à Paris, celui que l’on cherche. Une vidéo dénichée sur Youtube (ci-dessous) donne l’exacte idée de ce labyrinthe inextricable qui recèle des milliers de trésors de la littérature, du dessin, ou de la bande dessinée et où seul Jacques Noël, âme damnée du lieu, sait vous le trouver.

     

     

    Une librairie originale décrite ainsi par un journaliste des Inrocks, qui y rencontre Pierre Lescure : « L’homme de Canal+ m’a donné rendez-vous au Regard Moderne, une grotte de papier déviante, une caverne d’ouvrages séditieux, un capharnaüm où l’on ne tient pas à plus de deux ou trois personnes, accueillis par le tenancier, Jacques, entre dix piles dégringolantes de bouquins situs, de photos de pin-up 50’s, de grimoires érotiques ou de fac-similés de manuscrits de Céline qui menacent de vous ensevelir. »

    Au mois de janvier, le site Time Out racontait son histoire : « Libraire depuis les années 1960, longtemps aux Yeux fertiles à quelques mètres de là, Jacques a ouvert ce magma d'encre et de papier en 1991, entretenant l'héritage de la Beat Generation : on ne dirait pas aujourd'hui, en regardant les luxueux hôtels pour touristes qui encadrent l'angle de la rue Saint-André-des-Arts, mais c'est bien ici qu'échouèrent Ginsberg, Burroughs & Co, il y a plusieurs décennies de cela. Vous l'aurez compris, Un Regard Moderne, dont le nom évoque évidemment le supplément de Libé que pilotaient les graphistes de Bazooka à la fin des années 1970, ne propose pas que du neuf. Ici, il y a absolument tout : de la musique à la BD, des brochures autoproduites aux petits romans érotiques eighties. L'une des plus extraordinaires librairies de Paris, de celles qui semblent vivre comme un corps autonome, le Regard Moderne recrache certaines œuvres en haut des piles un jour pour en avaler d'autres le lendemain, les conservant parfois pendant plusieurs années dans les méandres de ses entrailles. A l'image de son libraire, que l'on imagine bien avoir creusé sa tanière dans cette montagne d'écrits, un peu comme ça. »

    En 2013, sur le blog Gonzaï, dans un long entretien, Jacques Noël parlait de son métier : « Le livre a cette identité que je me sentais de, disons, vendre. On vit dans une société où malheureusement le commerce tient tous les rênes du marché: vendeurs, acheteurs, etc. Le livre me paraissait le seul bien culturel qui capable de devenir différent entre les mains du lecteur qui le lirait. Et ça me passionnait. En tant que libraire, on a l’impression d’être à la fois magicien et pharmacien en trouvant le remède à ce que l’acheteur recherche. À mes yeux le libraire est là pour surprendre une clientèle toujours à l’affût de quelque chose qu’elle ne connaîtrait pas. Internet est un terrible vautour qui permet à une clientèle de savoir des choses avant nous. Un libraire ne peut travailler qu’un livre édité et distribué. Avec internet les gens connaissent toutes les informations à l’avance. Le seul moyen de faire découvrir quelque chose est qu’il ne soit pas sur Internet. Et s’il n’est pas sur le net c’est qu’il n’existe pas et là le combat est impossible: je ne peux vendre quelque chose qui n’existe pas. (…) »

    Un regard Moderne , 10, rue Gît-le-cœur, 75006 Paris. Sur Facebook : https://www.facebook.com/UnRegardModerne

  • L’album Catharsis de Luz

    5 mois après la tuerie de Charlie Hebdo, comment en parler, comment continuer à travailler dans ce journal ? Le dessinateur Luz qui, à quelques minutes près, a échappé au massacre mais a été un des premiers présents sur place après le départ des tueurs, a voulu dans un album poignant tenter d’exorciser par le dessin, la douleur de la perte de ses amis et l’état de sidération dans lequel ces événements dramatiques l’ont plongé.

    Dans Libération Quentin Girard écrit : « Luz ne propose pas de grandes théories ou analyses sur les événements, il parle aux tripes, aux siennes et aux nôtres. Parfois, il pleure, l’émotion est palpable. Mais le désespoir ne l’arrête pas, car, autant qu’un album sur le traumatisme, Catharsis est une déclaration d’amour. A Camille, sa femme, très présente dans l’histoire, qui le sauve de la folie et de la dépression infinie. »

    L’hebdomadaire Les Inrocks écrivent dans la présentation d’un entretien avec l’auteur : « Catharsis raconte l’histoire d’après, et de celle-là, on ne sait pas grand-chose : celle d’une guerre psychologique et intime contre la folie qui s’immisce dans la brèche ouverte par la perte intolérable et l’enfermement. Comme son auteur qui, pendant des mois, fut branché sur un courant alternatif le faisant passer du rire aux larmes, Catharsis joue une partition à plusieurs voix entre détresse et joie, violence et tendresse infinie. Avec comme fil rouge, ce regard malicieux et généreux, profond mais jamais sérieux, même dans les moments de désespoir – la patte de Luz, qui dessine ici une œuvre à son image : fantasque, drôle, touchante et sensible. A chaque nouvelle planche, Luz reconquiert un peu de ce terrain perdu face à la peur pour se jouer au final du désespoir, de la violence et du chagrin. »

    Luz, Charlie Hebdo, Catharsis, Les Inrocks, Daniel Schneidermann , Quentin Girard, On le sait, nombre de journaux en ont parlé, Luz a décidé de prendre du recul par rapport à Charlie Hebdo, une décision personnelle abondamment commentée, et il a également annoncé ne plus vouloir dessiner Mahomet, une décision critiquée, mais que défend Daniel Schneidermann sur le site Arrêt sur Images dans un article consacré à Catharsis : « Luz ne dessinera plus Mahomet. Oui, Luz déserte ce combat-là. Et alors ? On aimerait trouver les mots pour leur faire comprendre, à Bougrab et à tous les petits soldats, la victoire que constitue cette désertion. Leur faire comprendre, toucher du doigt, ce que ça demande, de dessiner les Kouachi enfants, l'harassement, la victoire sur soi, leur faire comprendre au prix de quel effort un tel dessin peut sortir des profondeurs des tripes pour se poser pantelant sur la feuille blanche, leur faire comprendre combien cela exige, en un mot, du courage, tellement plus de courage que pour dessiner Mahomet. »

    Les grandes tragédies ont souvent inspiré des témoignages forts, Catharsis (Futuropolis) est de ceux-là.

     

  • "After" et après ?

    one direction,hugo + roman,anna todd,"after",wattpad,mathieu dejean,les inrocks,hugues de saint vincent,l'expressLe livre est-il un produit comme les autres ? On peut se poser la question en suivant le lancement de « After » d’Anna Todd en France.

    Selon les quelques journalistes qui semblent l’avoir lu, ou qui lui ont déjà consacré un article, on sait déjà qu’il a été imprimé à 180 000 exemplaires (plus que le prochain Houellebecq – sic – tiré lui à 150 000 exemplaires), que le texte original a été publié sur la plateforme communautaire Wattpad et qu’il a été téléchargé plus d’un milliard de fois sur Internet comme le titrent Les InRocks.

    L’hebdomadaire explique que « After » est une « fanfiction », « récits écrits par des fans qui s’inspirent des personnages littéraires, cinématographiques ou des célébrités qu’ils affectionnent. » L’auteur de l’article, Mathieu Dejean, détaille la façon de travailler de la jeune auteure : « Très vite elle attrape le virus de l’écriture et de l’interaction avec sa communauté de fans, et publie presque quotidiennement un chapitre (au plus fort de son inspiration), écrit en « deux-trois heures » ( comme elle le confie dans un questions-réponses publié sur Wattpad ) et lisible en dix minutes. Sa méthode, centrée sur la spontanéité ( coquilles inclues ), est intimement liée à son héritage de lectrice, et à l’usage intensif qu’elle fait de son téléphone portable. »  

    Sur France Info son éditeur Hugues de Saint Vincent, président d'Hugo et compagnie vante les mérites du roman « C'est une histoire d'amour écrite comme un thriller » et, selon lui, « le succès de cet ouvrage – outre l'histoire – réside dans l'écriture « rapide de chapitres courts » ».

    L’Express lui fait passer son fameux test de la page 99 et conclut « A lire cette page 99, l'envie d'engloutir l'ouvrage n'est pas frappante, la situation semblant banale si elle n'est pas colorée par la passion du fan. Figée sur papier, l'expérience est également privée de l'interactivité qui nourrissait l'auteure, ainsi que des créations de ses fans, illustrations et autres comptes Twitter fictionnels. Pourtant, After, saison 1 pourrait bien être le 50 nuances de Grey des adolescents. Ceux qui ont trop honte de lire la même littérature érotique que leur mère trouveront sans doute du plaisir à suivre cette relation tumultueuse mâtinée de scènes coquines. En tant qu'adultes, en revanche, on passe gentiment notre tour. » 

    Le premier volume (600 pages) de la saga qui en compte quatre au total, et qualifié par la presse américaine de « plus grand phénomène littéraire de la génération 2.0 », est déjà en librairie. A voir l’intérêt des médias pour ce nouveau type de produit éditorial, on n’a pas fini d’en parler. A défaut de le lire.


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