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gallimard - Page 4

  • A la recherche de Marcel Proust

    Nombreux sont encore les lecteurs qui n’ont jamais osé ouvrir un livre de Marcel Proust, pourtant la renommée de l’auteur de « A la recherche du temps perdu » ne cesse de grandir et plusieurs ouvrages récents vont encore y contribuer.

    Marcel Proust, Bertrand leclair, Patrice Louis, gallimard, Jean-Marc Quaranta, Nathalie Crom, Jean-Yves Tadié,duc de ValentinoisLe magazine Télérama recense pas moins de cinq livres inédits consacrés à Marcel Proust, le plus luxueux (1.100 exemplaires numérotés, tous déjà pré-vendus à 219 euros) étant l’édition des épreuves d'« Un amour de Swann », corrigées de la main de l'écrivain et augmentées des fameuses paperoles. Le Figaro écrit à ce propos : « Gallimard a entrepris il y a trois ans de publier en fac-similé, non pas le manuscrit original de Du côté de chez Swann, mais les épreuves d'imprimerie envoyées à Proust pour qu'il les relise. Une entreprise passionnante dans la mesure où l'écrivain ne se contente pas de menues corrections par-ci par-là. Il retranche des passages entiers en réécrit d'autres, fait des ajouts conséquents. On découvre ainsi que les cinquante premières lignes de la première version d'Un amour de Swann ont été raturées. L'auteur a complètement réécrit le début dans les marges. Quand les morceaux qu'il veut ajouter sont trop longs, il les copie sur des morceaux de papier qu'il colle sur le bord de la page imprimée. Visuellement, c'est très beau. »

    Marcel Proust, Bertrand leclair, Patrice Louis, gallimard, Jean-Marc Quaranta, Nathalie Crom, Jean-Yves Tadié,duc de ValentinoisLe talent d’écriture de Marcel Proust se retrouve aussi dans ses échanges épistolaires. « Lettres au duc de Valentinois », par Marcel Proust, édition établie et annotée par Jean-Marc Quaranta, préface de Jean-Yves Tadié, (Gallimard). Les Inrocks expliquent : « En 1920, Proust révèle les mystères de son œuvre au jeune duc de Valentinois, avant de rompre avec lui. Dans six lettres, donc cinq inédites, son rapport aux autres et à son travail prend un nouvel éclairage. Passionnant. », et dans Télérama Nathalie Crom : « Jean-Marc Quaranta examine de quelle façon ces missives sont pour l'écrivain un lieu d'invention romanesque, et éclairent le rapport si crucial chez lui entre la vie et l'écriture. »

    Ceux qui veulent partager leur passion pour l’écrivain peuvent se rendre sur le blog « Le fou de Proust » animé par Patrice Louis qui se présente ainsi : « Ecrivain promeneur, blogueur malicieux, journaliste en éveil, gamin professionnel, gaucher aux yeux bleus, Parisien d'Illiers-Combray... » Passionné, il nous fait découvrir les secrets de l’œuvre de Proust, notamment à travers ses 2521 personnages.

    Enfin, même si Patrice Louis ne l’a pas trop aimé, vous pourrez aussi aborder cet auteur incontournable de façon originale avec « L’humour de Marcel Proust » (Folio) une approche inattendue de son œuvre avec cette anthologie des citations les plus humoristiques dénichées par Bertrand Leclair dans ses romans.

  • Les livres d'Elena Ferrante parlent pour elle

    Elena Ferrante, Gallimard, Sandro Ferri, Vanity Fair, Thibauld Mathieu, Europe 1, 20 minutes, The Paris Review, Il Sole 24 Ore, New York TimesClaudio Gatti, « Elena Ferrante ou « l’un des plus grands auteurs de notre temps », pour le New York Times... Révélée au monde entier par sa fresque entamée en 2011 avec L’amie prodigieuse, épopée intime contant l’amitié entre deux fillettes napolitaines sur trois décennies, Elena Ferrante a écoulé sa saga à plus de 2 millions d'exemplaires, traduite en plus de quarante langues. En France, après la parution des deux premiers tomes chez Gallimard, le troisième est attendu pour janvier prochain et les «fans» sont fébriles. », c’est ainsi que le quotidien 20 minutes présente cette écrivaine qui depuis 25 ans tenait a préserver son anonymat, brouillant intentionnellement les pistes permettant de la retrouver.

    Dans The Paris Review, Elena Ferrante justifiait ainsi ce besoin de discrétion par une décision prise dans les années 1990 : « A l’époque, j’avais peur à l’idée d’avoir à sortir de ma coquille. La timidité l’emportait. Puis j’en suis venue à ressentir de l’hostilité pour les médias qui n’accordent pas d’importance aux livres en eux-mêmes, et les évaluent en fonction de la réputation de l’auteur ».

    Mais les journalistes étant ce qu’ils sont, plusieurs d’entre eux ont cherché à connaître qui se cachait derrière cette signature, et ces jours-ci le journaliste italien Claudio Gatti semble y être parvenu suscitant au passage des réactions hostiles à son enquête publiée dans le quotidien économique Il Sole 24 Ore.

    Dans un article bien documenté, Thibauld Mathieu écrit sur le site d’Europe 1 : (…) « Dans les rares entretiens qu'elle a accordés, à chaque fois par mail, Elena Ferrante a toujours affirmé que son anonymat était nécessaire pour donner plus de poids à ses personnages et à ses intrigues. Avant son premier livre, elle expliquait déjà : "Je pense que les livres, une fois qu’ils sont écrits, n’ont pas besoin de leurs auteurs. S’ils ont quelque chose à dire, ils trouveront tôt ou tard des lecteurs". "J’ai simplement décidé une bonne fois pour toutes, il y a de cela plus de vingt ans, de me libérer de cette angoisse qu’engendrent la notoriété et ce désir de faire partie d’un cercle de personnes qui réussissent, ceux qui pensent qu’ils ont gagné je ne sais quoi", se justifiait-elle enfin dans une interview à Vanity Fair en 2015, toujours par mail. "Jusqu’ici, cela a plutôt bien fonctionné". » (…)

    En Italie, son éditeur Sandro Ferri a déclaré "Je trouve dégoûtant le journalisme qui consiste à enquêter sur la vie privée [des gens] et traite des écrivaines comme des mafieuses”, car il faut préciser que le reporter a trouvé ses « informations » en étudiant des données immobilières publiques.

    Elena Ferrante, Gallimard, Sandro Ferri, Vanity Fair, Thibauld Mathieu, Europe 1, 20 minutes, The Paris Review, Il Sole 24 Ore, New York TimesClaudio Gatti, Les livres Elena Ferrante (quel que soit son véritable patronyme) :

    L’Amour harcelant (Gallimard,1995),

    Les Jours de mon abandon (Gallimard, 2004),

    Poupée volée (Gallimard, 2009),

    L’Amie prodigieuse (Gallimard, 2014)

    Le Nouveau Nom (Suite de L’Amie prodigieuse) (Gallimard, 2016).

  • Intelligence artificielle et littérature

    « Durant un concours de romans japonais, le Hoshi Shinichi Literary Award, où étaient inscrits plus de 1 450 candidats, 11 étaient en fait des intelligences artificielles. Et un de ces écrivains virtuels a réussi à impressionner le jury avec un roman sobrement nommé : "Le jour où un ordinateur écrit un roman"» (Source Numerama).

    Hoshi Shinichi Literary Award, Numerama, 20 minutes, Antoine Bello, Gallimard,Hitoshi Matsubara, Satoshi Hase,Un épisode que rappelle 20 minutes qui publie un article au titre explicite : « Les intelligences artificielles seront-elles les écrivains de demain? » Le quotidien s’interroge : « Peut-on imaginer une intelligence artificielle auteure de roman ? Qui tienne la route, voire plus ? S’emballer jusqu’à imaginer une rentrée littéraire, disons celle de 2066, où parmi les 500 romans à débouler sur les étals de librairie, une poignée serait signée de consœurs d’Ada? » en faisant référence à un des « personnages » du dernier livre d’Antoine Bello qui imagine une aventure liée à la disparition d’un prototype d’intelligence artificielle créé pour imaginer des romans. (Gallimard)*.

    20 minutes nous apprend également que « en juin dernier était dévoilé le premier court-métrage signé de «Benjamin», une AI programmée pour écrire des scénarios. Grâce au « deep learning», la technologie qui permet aux IA d'«apprendre à apprendre», utilisée par Siri, Cortana ou Google Now, et dans laquelle les grandes entreprises tech, Google, IBM, Microsoft, Amazon, investissent des fortunes, Benjamin s’est «nourri» de dizaines de scripts dont ceux d’Alien, Star Trek ou d’X-Files. Puis a pondu Sunspring, que les chercheurs se sont amusés à produire en film. »

    Cité par BFM TV, Hitoshi Matsubara, professeur en charge d’un projet d’écriture de ce type au sein de la Future University Hakodate au Japon, précise "jusqu’à présent, les programmes d’intelligence artificielle ont souvent été utilisés pour résoudre des problèmes qui ont des réponses, comme le Go et le shogi. Dans le futur, j’aimerais étendre le potentiel des IA pour qu’elles possèdent une créativité proche de celles des humains".

    Pour l’instant les compétences littéraires de l’Intelligence Artificielle ont quand même des limites comme le souligne Satoshi Hase, auteur de science fiction japonais à propos du texte sélectionné :  "J’ai été surpris de ce travail parce que la nouvelle était très bien structurée", "Mais il y a encore des problèmes à résoudre pour remporter le prix, comme la description des personnages".

    * Note de lecture sur le blog Le Fictionaute.

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