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charlie hebdo - Page 3

  • Les attentats de 2015 en France et les livres

    Après l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, les ventes de livres sur l’Islam avaient triplé comme l’expliquait ce reportage de iTélé : « ce sont les textes du Coran en particulier qui s'arrachent. Des lecteurs de toutes origines veulent se faire leur propre opinion sur la religion musulmane. » A la même période le Traité de la tolérance de Voltaire avait été réimprimé et vendu à plus de 90 000 exemplaires par les éditions Folio-Gallimard.
    Quelques mois après, les commentaires divers et variés sur ces événements vont donner lieu à une prolifération de titres, un phénomène analysé par Le Monde qui lui consacre un grand article. Nul doute que le 13 novembre va susciter la même envolée éditoriale. Déjà deux titres font parler d’eux :
     
    « Dawa »  paru en 2014 (Robert Laffont). Le site L’Internaute raconte :
    « C'est une horrible coïncidence, après les attentats de Paris, survenus vendredi 13 novembre. En 2014, Julien Suaudau racontait, dans son roman intitulé « Dawa », le déroulement d'attaques terroristes à Paris, un vendredi 13. Dans la fiction, six lieux sont ciblés à Paris, six gares parisiennes : Montparnasse, Austerlitz, Saint-Lazare, gare du Nord, gare de l'Est et gare de Lyon. Les attaques sont pensées par un professeur algérien qui veut se venger de la France. Pour mener à bien son funeste projet, il recrute en banlieue des adolescents, de toutes origines, à la dérive.
    Les attentats du vendredi 13 novembre dernier ont donné un coup de projecteur à ce roman. L'auteur, Julien Suaudeau, a publié un billet sur le site de L'Obs. Il y explique tout d'abord le choix du nom de son ouvrage « Dawa », pour sa double signification : " Bazar ", en argot et en arabe " subversion de l'ordre établi dans le but ultime d'instaurer la charia ". Enfin, il explique le choix des terroristes, dans son roman, d'un vendredi 13 par " une date (…) qui parlait à la sous-culture imbécile dans laquelle ils baignaient depuis la naissance. »


    « Paris est un fête » (Folio) connaît également un regain d’intérêt comme le constate le journaliste canadien Luc Boulanger reprenant des informations du Monde :
    « Une « super mamie » parisienne interviewée par BFMTV, six jours après les attentats, a recommandé de lire (ou relire) « Paris est une fête », le récit d'Ernest Hemingway sur ses années de jeunesse dans la capitale. Depuis, l'ouvrage a atteint le sommet des ventes sur Amazon, passant de 10 exemplaires par jour à 500, puis à «1500 vendredi dernier », selon les Éditions Gallimard. En rupture de stock, l'éditeur a dû organiser « 20 000 réimpressions à toute vitesse », le week-end dernier. Écrit à la fin des années 50 et publié après la mort d'Hemingway, en 1964, ce livre est désormais le symbole de la tolérance et la fureur de vivre de la Ville Lumière. L'auteur du Vieil homme et la mer y écrit entre autres : « Il n'y a jamais de fin à Paris, et le souvenir qu'en gardent les personnes qui y ont vécu diffère d'une personne à l'autre. » 

     

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  • Les éditeurs sont encore Charlie

    Le drame du 7 janvier 2015 suscite encore l’intérêt des éditeurs. Autour du drame lui-même mais aussi sur les origines du journal Charlie Hebdo. Plusieurs titres sont déjà parus, de nombreux autres vont arriver en librairie d’ici le premier anniversaire de cet événement tragique.

    Premier album, « L’anthologie Tignous » (éditions du Chêne), dessinateur de l’hebdomadaire, assassiné dans les locaux du journal dont la femme Chloé Verlhac présente une sélection de dessins accompagnée de textes de ses amis.

    A paraître le 12 novembre, « C’était Charlie » (Grasset) de Philippe Val qui fût durant 20 ans le directeur du journal satirique. Dans le texte de présentation l’auteur écrit : « Après les attentats du 7 janvier 2015, je me suis réveillé dans un cauchemar : rien de ce que j’entendais ne correspondait plus à la réalité.Certains, effrayés par l’horreur, ou habités par d’obscurs ressentiments, se sont permis de réinventer notre histoire : “Ils sont morts, mais ils l’ont quand même  bien cherché.”Puis, la presse et Internet se sont mis à grouiller d’articles, de dossiers, de tribunes où les fondateurs du second Charlie, dont il ne reste que trois survivants, étaient représentés comme des petits malins qui avaient publié les caricatures de Mahomet pour gagner de l’argent et disparaître avec la caisse.»

    « Deux semaines avec Charlie » (Presses universitaires de la Méditerranée) dont l’auteur Pascal Moliner, m’a annoncé la parution : « Essai de décryptage psychosocial des évènements de janvier 2015. Les tueries des 7, 8 et 9 janvier 2015 ont bouleversé l’opinion française et déclenché une série de mouvements collectifs, de réactions médiatiques et de débats publics rarement observés dans notre pays. Au-delà des explications rapides en termes de choc émotionnel, de sursaut citoyen ou de défense des valeurs républicaines, cet ouvrage porte sur ces évènements un regard original, différent de celui suggéré par les commentateurs médiatiques et les responsables politiques. »

    Plus distancié, « Mohicans » (Julliard), du journaliste écrivain Denis Robert, rend hommage à François Cavanna et au Professeur Choron, créateurs des journaux Hara-Kiri mensuel, Charlie mensuel  et L’Hebdo Hara-Kiri qui deviendra Charlie Hebdo, après son interdiction en 1970. L’auteur propose également une enquête sur les derniers avatars internes de ce titre qui paraît toujours.

    Hara-Kiri mensuel, L’Hebdo Hara-Kiri, des journaux mythiques dont les coulisses ont été immortalisées en leur temps par les photographes Arnaud Baumann et Xavier Lambours et que l’on revoit dans l’album « Le ventre de Hara-Kiri » (éditions de La Martinière).

    On retrouve aussi le Professeur Choron (Georges Bernier) dans « ça c’est Choron ! », un ouvrage volumineux des éditions Glénat, très illustré, qui donne un aperçu de ses nombreuses créations.

    Enfin, on citera « L’après-Charlie » (éditions de l’Atelier), de Jean-Louis Bianco, Lylia Bouzar, et Samuel Grybowski, dont la couverture indique « 20 questions pour en débattre sans tabou ».

     

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  • L’album Catharsis de Luz

    5 mois après la tuerie de Charlie Hebdo, comment en parler, comment continuer à travailler dans ce journal ? Le dessinateur Luz qui, à quelques minutes près, a échappé au massacre mais a été un des premiers présents sur place après le départ des tueurs, a voulu dans un album poignant tenter d’exorciser par le dessin, la douleur de la perte de ses amis et l’état de sidération dans lequel ces événements dramatiques l’ont plongé.

    Dans Libération Quentin Girard écrit : « Luz ne propose pas de grandes théories ou analyses sur les événements, il parle aux tripes, aux siennes et aux nôtres. Parfois, il pleure, l’émotion est palpable. Mais le désespoir ne l’arrête pas, car, autant qu’un album sur le traumatisme, Catharsis est une déclaration d’amour. A Camille, sa femme, très présente dans l’histoire, qui le sauve de la folie et de la dépression infinie. »

    L’hebdomadaire Les Inrocks écrivent dans la présentation d’un entretien avec l’auteur : « Catharsis raconte l’histoire d’après, et de celle-là, on ne sait pas grand-chose : celle d’une guerre psychologique et intime contre la folie qui s’immisce dans la brèche ouverte par la perte intolérable et l’enfermement. Comme son auteur qui, pendant des mois, fut branché sur un courant alternatif le faisant passer du rire aux larmes, Catharsis joue une partition à plusieurs voix entre détresse et joie, violence et tendresse infinie. Avec comme fil rouge, ce regard malicieux et généreux, profond mais jamais sérieux, même dans les moments de désespoir – la patte de Luz, qui dessine ici une œuvre à son image : fantasque, drôle, touchante et sensible. A chaque nouvelle planche, Luz reconquiert un peu de ce terrain perdu face à la peur pour se jouer au final du désespoir, de la violence et du chagrin. »

    Luz, Charlie Hebdo, Catharsis, Les Inrocks, Daniel Schneidermann , Quentin Girard, On le sait, nombre de journaux en ont parlé, Luz a décidé de prendre du recul par rapport à Charlie Hebdo, une décision personnelle abondamment commentée, et il a également annoncé ne plus vouloir dessiner Mahomet, une décision critiquée, mais que défend Daniel Schneidermann sur le site Arrêt sur Images dans un article consacré à Catharsis : « Luz ne dessinera plus Mahomet. Oui, Luz déserte ce combat-là. Et alors ? On aimerait trouver les mots pour leur faire comprendre, à Bougrab et à tous les petits soldats, la victoire que constitue cette désertion. Leur faire comprendre, toucher du doigt, ce que ça demande, de dessiner les Kouachi enfants, l'harassement, la victoire sur soi, leur faire comprendre au prix de quel effort un tel dessin peut sortir des profondeurs des tripes pour se poser pantelant sur la feuille blanche, leur faire comprendre combien cela exige, en un mot, du courage, tellement plus de courage que pour dessiner Mahomet. »

    Les grandes tragédies ont souvent inspiré des témoignages forts, Catharsis (Futuropolis) est de ceux-là.

     

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