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bernard pivot - Page 7

  • Des chiffres et des lettres en 2014

    Selon le site ZDNet.fr «340 millions de tablettes seront écoulées dans le monde en 2014 – contre 242 millions en 2013. C’est un peu plus de 40% de croissance. » « En France (6 millions d’unités livrées en 2013) par exemple, 45% des achats portaient sur des tablettes à moins de 299 euros. Entre 2010 et 2013, le prix moyen est ainsi passé de 539 à 264 euros. »

    « Nous avons commencé à commercialiser "Mein Kampf" fin 2011. Jusqu'en novembre dernier, nous vendions entre 50 et 60 exemplaires par mois seulement sur Amazon.com, mais les ventes ont explosé depuis et nous en sommes à environ 500 exemplaires écoulés rien que pour les 10 premiers jours de janvier 2014 !», assure Alexandre Pires, le patron de Montecristo Editora, une entreprise brésilienne basée à Sao Paolo qui diffuse cet e-book, en anglais. (Le Parisien)

    Les chercheurs de l'université Stony Brook de New York ont mis au point une méthode scientifique qui permettrait de déceler à 84% le succès d’un livre nous apprend Actualitté.com : « Ces derniers se sont appuyés sur les ouvrages classiques contenus dans les archives du Projet Gutenberg, et ont analysé, comparé et décortiqué les œuvres. Les réussites commerciales des ouvrages ont été mesurées, avec la création d'algorithmes spécifiques. » 

    BckR_b9IEAAOTSN.jpgA Prague, deux jeunes tchèques ont eu l’idée de recycler les cabines téléphoniques en mini bibliothèques. Le Figaro qui publie cette information précise « Si l'idée est nouvelle à Prague, elle a fait son chemin dans plusieurs villes à travers le monde. En Grande-Bretagne, aux États-Unis, en Allemagne, certains habitants ont pu découvrir un lieu de dépôt et d'emprunt de livres dans de vieilles cabines, comme le souligne Francetvinfo. Dès 2006, une initiative du même genre avait vu le jour dans le Connecticut, aux États-Unis. »

     A 78 ans Bernard Pivot, « Figure de l'histoire de la télévision, le journaliste et ancien animateur de la mythique émission Apostrophes puis de Bouillon de culture, né le 5 mai 1935 à Lyon, est connu pour son amour de la langue française. Amateur de vins éclairé, c’est aussi un « twitto » acharné », selon L’Express, succède à Edmonde Charles-Roux, 93 ans, à la tête de l’Académie Goncourt qui décerne tous les ans le prix littéraire éponyme.

    Près de 500 fans sont venus acclamer la chanteuse Sheila qui dédicaçait son autobiographie « Danse avec ta vie » (éditions l’Archipel) à la librairie du Château d’Yves Grannonio à Brie-comte-Robert (menacée de fermeture). « C’est son unique séance en Ile-de-France » précise Le Parisien

    Avec « 14 romans traduits en 48 langues, 30 millions d'exemplaires vendus », Marc Lévy est l'écrivain français vivant le plus lu dans le monde. France Inter nous indique que « Guillaume Musso, a répondu sur sa page Facebook que pour la troisième année consécutive, il restait Guillaume Musso, l'auteur le plus lu en France. »


  • Ecrivains : gloire et beauté

    Un écrivain doit-il être plaisant pour vendre des livres ? En 1978, le passage de l’écrivain américain Charles Bukowski à l’émission Apostrophes de Bernard Pivot, ivre, choqua même le très libertaire Cavanna présent lui aussi sur le plateau. Même si cette scène date de la préhistoire audiovisuelle, on n’imagine même plus qu’une telle situation puisse se reproduire aujourd’hui. Hélas ?

    Depuis quelques années la tendance dans l’édition est à l’auteur photogénique, beau parleur, et lisse pourrait-on rajouter. Vendre un livre, c’est aussi du marketing et il n’y a plus qu’une Amélie Nothomb pour s’affubler en public d’un chapeau étonnant, ou Michel Houellebecq pour apparaître saucissonné dans une parka militaire hors-mode sur le plateau du très tendance Grand journal de Canal+.

    Le site Rue 89 pose même la question Pourquoi les écrivains sont-ils de plus en plus beaux ? La journaliste Clémentine Baron enquête sur cette question « taboue »  et écrit dans son introduction « A défaut du talent incontestable, la plastique de l’auteur est un argument marketing de poids pour les maisons d’édition. »

    Les récentes photos de Marcela Iacub diffusées dans la presse pour accompagner la publication de ne sont pas là pour démentir ce constat.

    En gros, peut-on avoir du succès lorsqu’on a un physique disgracieux, qu’on s’exprime mal, mais qu’on a malgré tout un immense talent ? La télévision a changé le rapport du public à l’écrivain et même si les émissions consacrées au livre sont plutôt rares, elles contribuent fortement à leur vente.

    Le recordman toutes catégories dans le registre des « bons clients » est sans conteste Jean d’Ormesson, séducteur et pétillant octogénaire que toutes les télés s’arrachent. Loin très loin de Patrick Modiano, belle gueule, mais balbutiant quelques mots quasiment inaudibles lors de ses premières prestations télévisées. Il s’est rattrapé depuis.

    En 2011, le magazine GQ consacrait un article aux écrivains les plus stylés les présentant ainsi « Ils ont moins de 40 ans, déjà plusieurs livres au compteur, un look bien à eux ou une gueule d’enfer… Sélection des écrivains GQ qui passent le mieux à l’oral. » Et on trouvait dans cette liste Ollivier Pourriol « Philosophe à jolie gueule », Nicolas Bedos « que les médias kiffent », ou Olivier Rohé « au regard qui en dit long ».

    Côté féminin, le lecteur peut également se laisser séduire par les photos figurant sur les couvertures entre autres de Marie NDiaye, Eliette Abécassis, Véronique Ovaldé, Delphine de Vigan, Amanda Sthers, Nathalie Skowronekx, Yamina Benguigui, auteures qui n’ont pas forcément décidé d’être jolies.

    A tous ceux qui rêvent de littérature, on ne peut donc que conseiller de soigner leur apparence, de travailler leur diction. Ah oui, et... d’écrire un livre.


    Photo : Juliette Drouet et Victor Hugo.

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  • Les secrets d’un best-seller

    Le prochain livre pour adultes de J.K Rowlings, dont on vient d’annoncer la prochaine parution, sera-t-il un best-seller comme l’a été la série des Harry Potter, un succès universel édité à plus de 400 millions d’exemplaires ?

    Difficile à prédire, il n’y a pas de recette imparable, surtout lorsqu’on sait que le manuscrit initial de l’auteure britannique a été refusé à l'époque par une dizaine d’éditeurs.

    En octobre 2011, Bernard Pivot qui consacrait sa chronique du Journal du Dimanche  au livre Histoire des best-sellers de Frédéric Rouvillois, (Flammarion), écrivait « Les livres best-sellers sont d’autant plus excitants qu’ils sont inattendus. Les éditeurs les ont tirés à trois mille exemplaires ; les libraires ne leur ont pas prêté une attention particulière ; et les auteurs sont déjà comblés d’avoir franchi le cap difficile de la publication. Et puis voilà que, très vite ou au fil du temps, tel livre, souvent sans le secours de la presse ou d’un prix littéraire, rencontre les faveurs d’un public qui grossit de plus en plus et qui devient marée d’équinoxe. Ainsi, il n’y a pas si longtemps, L’Élégance du hérisson, de Muriel Barbery, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, d’Anna Gavalda, ou, succès universel et inouï, la saga Harry Potter, de Mrs J.K. Rowling. » et tente une explication à la réussite d’un livre reprochant à l’auteur de ne pas analyser « assez profondément ce processus d’irrésistible engouement qui culmine dans une pression de curiosité et de snobisme sur des populations d’abord réticentes, puis décidées à y aller voir "pour ne pas mourir idiot ». Un « panurgisme » selon Pivot qui  « a été amplifié par les listes de best-sellers publiées dans les hebdomadaires et affichées dans les librairies. On achète un livre parce que des dizaines de milliers de personnes l’ont déjà acheté. »

    Le livre de Frédéric Rouvillois n’a peut-être pas figuré dans la liste des succès de librairie, mais son auteur a été l’invité de plusieurs médias qui ont tenté, à travers lui, de définir les clés de la réussite d’un ouvrage. Ce fut le cas de "La marche de l’histoire" de France Inter qui explique dans la présentation de l’émission « L'ère de la vitesse a commencé il y a 150 ans et quelques avec le chemin de fer. Celle des best-sellers avec l'accélération des modes d'impression et de diffusion, à la même époque. L'expression  apparaît aux Etats-Unis en 1889, elle est largement utilisée en France dès les années 1920. Mais le mot est un fourre-tout. Selon les périodes, il ne s'applique pas aux mêmes seuils : à notre époque d'industrie culturelle, on compte en millions ; il y a un siècle, au temps de la littérature industrielle, on calculait seulement en centaines de milliers d'exemplaires. Du best-seller,  on parle généralement comme d'un succès prévu, calculé voire manipulé. Mais le best seller le plus révélateur n'est-il pas l'imprévu, celui qui s'embrase comme un feu, révélant tout d'un coup une sensibilité latente ? »

    D’autres comme Umberto Eco dans Lector in fabula (Grasset) se sont interrogés sur la relation du « Lecteur modèle » avec le texte. Une étude savante pour mieux comprendre son apport au contenu de l’œuvre. Citation : «L'activité coopérative qui amène le destinataire à tirer du texte ce que le texte ne dit pas mais qu'il présuppose, promet, implique ou implicite, à remplir les espaces vides, à relier ce qu'il y a dans ce texte au reste de l'intertextualité d'où il naît et où il ira se fondre.» Ou encore : « Un texte se distingue d'autres types d'expressions par sa plus grande complexité. Et la raison essentielle de cette complexité, c'est qu'il est un tissu de non-dit. "Non-dit" signifie non manifesté en surface, au niveau de l'expression: mais c'est précisément ce non-dit qui doit être actualisé au niveau de l'actualisation du contenu. Ainsi un texte, d'une façon plus manifeste que tout autre message, requiert des mouvements coopératifs actifs et conscients de la part du lecteur.»

    A la lecture de tous ces points de vue, la « recette » du best-seller apparaît en filigrane, mais l’élément « miraculeux » qui conduit à la rencontre d’un auteur avec ses lecteurs reste un mystère, ce qui aurait tendance à rendre l’industrie du livre beaucoup plus humaine.

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