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bernard pivot - Page 5

  • L’univers du livre de Bernard Pivot à Michel Houellebecq

    Bernard Pivot a accordé un long entretien au Journal du Dimanche (publié en deux parties). Il y parle de livres, de Twitter, des fautes d’orthographe, de son ancienne émission Apostrophes, de Charlie Hebdo, de la presse, et de sa chronique dans le JDD :

    « Comment préparez-vous votre chronique du JDD ?
    J’aime humer les livres, je les ouvre, je les casse même, je lis quelques pages. Parfois je m’arrête vite, parfois je suis pris jusqu’au bout. Aujourd’hui, je reçois finalement peu de livres chaque jour, une dizaine. Du temps d’Apostrophes, j’en recevais entre 50 et 80 quotidiennement. Je ne parle pratiquement que des livres que j’aime. Je suis arrivé à un âge où je ne vais pas démolir les livres, même si cela m’est arrivé dans le passé. Je préfère être positif, porter mon appui à des auteurs. J’ai plutôt envie d’être généreux.

    C’est quoi une bonne critique littéraire ?
    C’est celle qui donne envie de lire ou qui détourne d’un livre. Le meilleur compliment qu’on peut me faire sur ma chronique dans le JDD, c’est quand on me dit : "Vous m’avez donné envie de lire ce livre." Exactement comme à l’époque d’Apostrophes. Une critique littéraire ne doit jamais être faite pour épater ses confrères journalistes. »

    De nouveaux auteurs en Livre de Poche

    « Préludes » c’est le nom de la nouvelle collection initiée par Véronique Cardi, 33 ans directrice générale du Livre de Poche. Une collection avec des « prix attractifs » présentée ainsi sur son site dédié « Au rythme d’une dizaine de romans par an, nous souhaitons vous faire partager notre enthousiasme pour de nouveaux talents de la scène littéraire française et étrangère. Premiers romans en littérature française, premières traductions en français pour la littérature étrangère, nous vous invitons à la découverte. Pour poursuivre ce voyage en littérature, nous vous proposons à la fin de chaque ouvrage des passerelles vers d’autres livres auxquels ils font écho. »

    Voir la présentation en video par MyBoox sur Youtube.

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    Houellebecq le retour

    L’Obs consacre un article au dernier livre de Michel Houellebecq et au succès qu’il connaît en Allemagne. Le journaliste Grégoire Leménager cite l’auteur en promotion à Cologne « Le début de mes interviews sur ‘‘Soumission’’ a été pénible car j'ai eu le sentiment de répéter en boucle : mon livre n'est pas islamophobe. », et conclut : « Tout en s’offrant le luxe d’ajouter qu’après les attentats terroristes qui ont fait 17 victimes en France, elles risquent d'être « encore plus pénibles » car il va devoir répéter : 1)   que le livre n'est pas islamophobe, et 2) qu'on a parfaitement le droit d'écrire un livre islamophobe.
    On se souvient que Charlie Hebdo se présente volontiers comme un «journal irresponsable». L'auteur de «Soumission», lui, réclamait l’autre jour "zéro limite" pour la liberté d’expression. Il est de ces idéalistes qui pensent encore que la critique d'une religion n'a rien à voir avec le racisme, qui suppose la haine d'un peuple. C'est un point de vue. Et écrire un livre stupide, on a le droit ? On a le droit. Mais on se demande quand même s'il n'est pas temps d'offrir à Michel Houellebecq un badge bien visible pour que les choses soient claires. Chacun pourrait y lire : « écrivain irresponsable ».»

    Photo une des dernières couvertures de Charlie Hebdo consacrée à Michel Houellebecq.

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  • La Grande Librairie de François Busnel

    Cela ne semblait pas évident de concevoir et d’animer à la télévision une émission sur les livres après l’empreinte qu’avait laissé Bernard Pivot avec « Ouvrez les guillemets », «Apostrophes », et « Bouillon de culture ».
     
    Pourtant c’est le pari que réussit « La Grande Librairie » de François Busnel diffusée depuis 2008 le jeudi soir à 20h 35 sur France 5 (rediffusée le dimanche à 23 h). Une chaîne de service public moins exposée à l’audimat qui a permis au rendez-vous littéraire de s’installer et de fidéliser un public.

    Une émission qui doit aussi son succès à la pertinence de son animateur, au savant dosage d’écrivains en tous genres, et au temps qui leur est donné pour parler de leur travail. L’émission a même battu son record d’audience le 10 avril en réunissant 504 000 téléspectateurs qui ont assisté au dialogue entre le très rare Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008, venu présenter son livre « Tempête » (Gallimard), et Pierre Rabhi, pionnier de l’agro-écologie, apôtre de la décroissance, et auteur de « Semeurs d’espoirs » (entretiens avec Olivier Le Naire - Actes Sud) (photo).
     
    François Busnel complète son rendez-vous hebdomadaire avec, une fois par mois, « Les Carnets de Route », série de documentaires où il parcours le monde à la rencontre de grands écrivains. Débutée en 2011 avec la littérature américaine contemporaine, l’émission a également évoqué les écrivains anglais, et irlandais avec « Gens de Dublin » diffusée le 17 avril 2014. Ces entretiens sont disponibles en DVD.
     
    François Busnel est un passionné venu à la littérature sur le tard, après un passage par le journalisme et l’enseignement de la philosophie. Aujourd’hui, l’univers du livre occupe une grande partie de sa vie professionnelle. Depuis 2004, il dirige le magazine spécialisé Lire (fondé par Bernard Pivot) et après avoir été rédacteur en chef  de la rubrique livres de L’Express de 2006 à 2008, il en est resté l’éditorialiste.
     
    Sa vie privée semble aussi être dédiée au livre, non seulement parce qu’il dévoile dans Côté Maison « qu’il y a des bibliothèques dans toutes les pièces » chez lui, mais aussi parce qu’elle crée la polémique lorsqu’il reçoit dans son émission l’auteure Delphine Le Vigan. Il expliquera plus tard dans Télérama « On était ensemble depuis trois ou quatre mois. Est-ce que vous savez ce que peut devenir une relation au bout de trois mois ? Peut-être que si on avait été ensemble depuis dix ans, je ne l'aurais pas fait. Mais lorsqu'elle est venue dans La grande librairie, elle avait déjà vendu des milliers d'exemplaires de " Rien ne s'oppose à la nuit ", elle figurait sur la liste du Goncourt, elle avait obtenu le Prix Fnac... Si vous me dites que c'était une erreur de l'inviter dans une émission littéraire, je l'entends. »  

    La Grande Librairie a son site internet où l’on trouve des informations sur les auteurs et leurs livres, sur le sommaire des émissions, et où on peut les revoir intégralement en replay.

     

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  • La propriété des mots

    A qui appartiennent les mots ? En principe à tout le monde mais ceux-ci peuvent devenir la propriété individuelle de ceux qui les inventent ou en font un assemblage original, tel que des phrases, ou des livres.

    Une œuvre de l’esprit est protégée en France par le Code de la propriété intellectuelle, encore faut-il qu’elle soit originale : « L’originalité est la condition nécessaire et suffisante pour bénéficier de la protection du droit d’auteur. L’originalité est l’expression juridique de la créativité de l’auteur, elle est définie comme l’empreinte de sa personnalité. » (source Culture.gouv.fr)

    Ainsi, si le mot « quenelle » ou « l’expression «  Allô, quoi » ont été déposées en 2013 à l’INPI (Institut National de la Propriété Industrielle), cette protection juridique  concerne des marques et leur utilisation commerciale. Sur le blog du Monde SOS conso, Me Antoine Chéron, avocat spécialisé, précise que « le signe verbal d’une marque peut prendre la forme d’un ensemble de mots, existants ou non" : "Il est ainsi admis qu’un slogan peut constituer une marque, sous réserve qu’il ne se borne pas à promouvoir des produits ou services en termes courants." »

    Point qui a son importance : « L'œuvre est réputée créée, indépendamment de toute divulgation publique, du seul fait de la réalisation, même inachevée, de la conception de l'auteur. » (Article L111-2 du CPI). Une disposition qui protège les auteurs en cas de vol ou de copie de leur travail.

    Cette notion de « propriété intellectuelle » s’applique maintenant aux Tweets. Ainsi Larousse qui avait publié « Perles des Tweets » a préféré le retirer de la vente après un article très détaillé de Slate.fr qui dévoilait que « la maison d'édition a négligé de contacter les auteurs de ces 289 perles, qui sont les propriétaires de ces tweets, comme l’affirment aussi bien le droit français que les conditions d’utilisation du réseau social américain. » Le Figaro rajoute « « Les Tweets peuvent relever de la propriété intellectuelle, explique Me Anne Cousin citée par Le Monde, pour peu que soit démontré leur caractère original. » Ce qui semble bien être le cas dans ce recueil puisque Larousse les a choisis pour leur originalité. L'ouvrage recense notamment plusieurs Tweets de Bernard Pivot, grand twitto devant l'éternel qui a lui-même publié Les Tweets sont des chats. » Par ailleurs, un ouvrage peut proposer une compilation de citations, encore faut-il que celles-ci soient limitées à quelques lignes, ou commentées, ou tombées dans le domaine public (70 ans après la disparition de leur auteur).

    Heureusement les mots restent libres et à la portée de tous. Ils peuvent même faire l’objet de débats comme celui publié par Le Nouvel Observateur entre Alain Rey, linguiste, et Françoise Héritier, anthropologue, sur le thème «  Que veut dire le mot « mot » ? »

    Photo ci-dessous : couverture de "Voyages en absurdie" du jongleur de mots Stéphane De Groodt, qui s'est vendu à plus de 170 000 exemplaires (Plon).

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