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bernard pivot - Page 4

  • Les écrivains sur Twitter

    S’exprimer en 140 signes, c’est la prouesse que réalisent 200 millions de personnes chaque jour dans le monde (2,3 millions en France). Normal que l’on retrouve parmi eux quelques écrivains.

    En 2013, Bernard Pivot a publié « Les tweets sont des chats » (Albin Michel). Dans le texte de présentation, il écrivait : « Quand je me suis intéressé aux réseaux sociaux, j’ai tout de suite eu envie d’aller sur Twitter... A chacun, il est possible de considérer Twitter comme une sorte de journal personnel intermittent, lié ou non à l’actualité. D’y écrire ce que bon lui semble. D’y pratiquer l exercice de la cogitation ou l’art de l’observation. D’y convoquer des souvenirs. D’y utiliser, bien sûr, l’humour, le calembour, la farce. Ou de s’y adonner à la philosophie. Bref c’est le cas de le dire, de twitter sérieux ou amusant, sans toutefois se prendre au sérieux, ni prendre ses abonnés pour des engourdis du cervelet. C’est ce que j’ai essayé de faire pendant un peu plus d’un an. »


    La même année, Télérama recensait une dizaine d’auteurs présents sur le réseau social et expliquait : « Les écrivains qui se plaignent d’être trop nombreux en librairie s’exilent parfois sur Twitter, où ils gazouillent avec plus ou moins de bonheur. Cent quarante signes, c’est court pour pondre un chef d’œuvre mais suffisant pour maintenir le contact ou balancer une vacherie. Certains se contentent de retweeter les éloges qu’ils reçoivent, d’autres expérimentent, redécouvrent le haïku, le vers libre et solitaire, et finissent par gagner de nouveaux lecteurs. »
    Salman Rushdie, Bret Easton Ellis, Joyce Carol Oates, Haruki Murakami (en Japonais et Anglais), Jay McInerney, François Bon, Régis Jauffret, Alain Veinstein, Clément Bénech, Jean Echenoz.

    Plus récemment le site My Little Book Club a détecté « Les 5 meilleurs comptes twitter d'écrivains » et nous engage à les suivre cet été. On y trouve à nouveau Bret Easton Ellis, Régis Jauffret, mais aussi Bernard Pivot, Pénélope Bagieu, et Tatiana de Rosnay.

    Ces listes ne sont bien évidemment pas exhaustives, et il suffit de rechercher sur Twitter le nom d’un auteur favori pour découvrir que lui aussi a des choses essentielles à nous faire savoir. 

     

  • Cavanna l’écrivain

    « Jusqu’à l’ultime seconde j’écrirai », c’est finalement le titre donné par Denis Robert à son film sur Cavanna qui sort dans les salles de cinéma le 17 juin 2015. La télévision a popularisé le personnage - il est souvent passé chez Bernard Pivot et même chez Michel Drucker comme on le voit dans le film -, mais il est surtout connu en tant que complice du Pr Choron avec qui il a fondé des journaux mythiques. Son œuvre littéraire est pourtant tout aussi importante.

    En 2001, à la question de L’Express « Qu’est-ce qui vous a donné l’envie d’écrire ? », il répond « J’ai lu Les Misérables à 9 ans et Dumas à 10. Ça m’a donné l’envie d’en faire autant un jour. Ou tout au moins d’essayer. »
    Toute une vie consacrée à l’écriture, chaque semaine dans Charlie Hebdo et tous les mois dans Hara Kiri mensuel. Des textes du mensuel qu’il réunira ensuite dans Les Ritals, Les Russkoffs (prix Interallié 1979),  Bête et méchant, mais aussi Les Aventures de Dieu,L'Aurore de l'humanité, Les Aventures de Napoléon, au total plus de 60 livres, tous genres confondus.


    Toujours dans L’Express, il raconte à propos du plaisir d’écrire : « J’aime être perdu dans la nuit avec une petite ampoule éclairée et la pénombre autour. C’est magique et ça exalte mon goût de la solitude. Mon égoïsme, disons. Alors, j’oublie tout. Je m’engloutis dans ce que j’écris. Après des heures, je me retrouve tout dépoitraillé, mais avec un paquet de feuilles noircies. Que s’est-il passé ? Je n’en sais rien, mais le tas de pages est là. L’écriture est le point culminant de la solitude. Du plaisir de la solitude fructueuse. On est seul mais avec ce monde intérieur immense qui s’agite. On voit les personnages. Ils sont là, sur la table ; ils courent, ils se battent ; les montagnes se dressent, l’océan rugit. Un monde entier est là qui gigote en vous. »

    Il écrira jusqu’au bout. Dans son dernier livre paru « Lune de miel », il évoque sa maladie de Parkinson et ses conséquences : « Le pire, c'est l'écriture. Vous n'imaginez pas ce que m'a coûté d'efforts ce que vous lisez en ce moment. Ma main ne m'obéit plus. Ce n'est pas tellement qu'elle tremble, ça elle le fait rarement et pas longtemps. Mais elle n'en veut faire qu'à sa guise. J'avais une grande écriture, rapide et très régulière, mon principal souci, quand j'écris, étant d'être compris au premier regard. Si je la laisse faire, ma main, elle tend à griffonner des signes minuscules, lilliputiens, quasi invisibles sur le papier. Ca, c'est les bons jours. Il y a les autres, les plus nombreux, où la rebelle refuse de tracer la moindre lettre identifiable, la salope. Jours de détresse. »

    Lors de sa disparition à 90 ans en janvier 2015, Macha Séry écrit dans Le Monde «Parallèlement au journalisme, Cavanna s'adonnait à l'écriture. Son premier livre, Les Ritals, grand succès populaire adapté à la télévision, l'avait imposé comme un écrivain de premier ordre. Cavanna possédait, en effet, un style magnifique, singulier, mélange d'oralité et de lyrisme sec. Un Rabelais moderne, estimait Pierre Desproges. »


    La bande annonce du film :

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  • L’univers du livre de Bernard Pivot à Michel Houellebecq

    Bernard Pivot a accordé un long entretien au Journal du Dimanche (publié en deux parties). Il y parle de livres, de Twitter, des fautes d’orthographe, de son ancienne émission Apostrophes, de Charlie Hebdo, de la presse, et de sa chronique dans le JDD :

    « Comment préparez-vous votre chronique du JDD ?
    J’aime humer les livres, je les ouvre, je les casse même, je lis quelques pages. Parfois je m’arrête vite, parfois je suis pris jusqu’au bout. Aujourd’hui, je reçois finalement peu de livres chaque jour, une dizaine. Du temps d’Apostrophes, j’en recevais entre 50 et 80 quotidiennement. Je ne parle pratiquement que des livres que j’aime. Je suis arrivé à un âge où je ne vais pas démolir les livres, même si cela m’est arrivé dans le passé. Je préfère être positif, porter mon appui à des auteurs. J’ai plutôt envie d’être généreux.

    C’est quoi une bonne critique littéraire ?
    C’est celle qui donne envie de lire ou qui détourne d’un livre. Le meilleur compliment qu’on peut me faire sur ma chronique dans le JDD, c’est quand on me dit : "Vous m’avez donné envie de lire ce livre." Exactement comme à l’époque d’Apostrophes. Une critique littéraire ne doit jamais être faite pour épater ses confrères journalistes. »

    De nouveaux auteurs en Livre de Poche

    « Préludes » c’est le nom de la nouvelle collection initiée par Véronique Cardi, 33 ans directrice générale du Livre de Poche. Une collection avec des « prix attractifs » présentée ainsi sur son site dédié « Au rythme d’une dizaine de romans par an, nous souhaitons vous faire partager notre enthousiasme pour de nouveaux talents de la scène littéraire française et étrangère. Premiers romans en littérature française, premières traductions en français pour la littérature étrangère, nous vous invitons à la découverte. Pour poursuivre ce voyage en littérature, nous vous proposons à la fin de chaque ouvrage des passerelles vers d’autres livres auxquels ils font écho. »

    Voir la présentation en video par MyBoox sur Youtube.

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    Houellebecq le retour

    L’Obs consacre un article au dernier livre de Michel Houellebecq et au succès qu’il connaît en Allemagne. Le journaliste Grégoire Leménager cite l’auteur en promotion à Cologne « Le début de mes interviews sur ‘‘Soumission’’ a été pénible car j'ai eu le sentiment de répéter en boucle : mon livre n'est pas islamophobe. », et conclut : « Tout en s’offrant le luxe d’ajouter qu’après les attentats terroristes qui ont fait 17 victimes en France, elles risquent d'être « encore plus pénibles » car il va devoir répéter : 1)   que le livre n'est pas islamophobe, et 2) qu'on a parfaitement le droit d'écrire un livre islamophobe.
    On se souvient que Charlie Hebdo se présente volontiers comme un «journal irresponsable». L'auteur de «Soumission», lui, réclamait l’autre jour "zéro limite" pour la liberté d’expression. Il est de ces idéalistes qui pensent encore que la critique d'une religion n'a rien à voir avec le racisme, qui suppose la haine d'un peuple. C'est un point de vue. Et écrire un livre stupide, on a le droit ? On a le droit. Mais on se demande quand même s'il n'est pas temps d'offrir à Michel Houellebecq un badge bien visible pour que les choses soient claires. Chacun pourrait y lire : « écrivain irresponsable ».»

    Photo une des dernières couvertures de Charlie Hebdo consacrée à Michel Houellebecq.

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