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  • L’Europe du livre

    A quelques jours des élections européennes, trois fédérations d’éditeurs, d’écrivains et de libraires se mobilisent pour la protection des livres et des auteurs en publiant un manifeste.

    Dans le texte de présentation, ils écrivent « les livres font circuler les idées, nourrissent l’esprit et favorisent la liberté d’expression. Les citoyens européens doivent avoir accès aux livres afin de comprendre les valeurs démocratiques européennes, indispensables à notre projet commun. Les livres permettent aux citoyens de participer à la vie économique, sociale, culturelle et politique. C’est particulièrement vrai dans un univers numérique qui privilégie la connaissance et requiert de plus en plus de talents de lecture. »

    Livre-Europe.jpg

    Après avoir noté que « Le livre est également le premier secteur culturel en termes économiques, avec un chiffre d’affaires de 22,5 milliards d’euros en 2013 et le lancement de 535 000 nouveautés chaque année », le manifeste détaille 4 priorités :

     « Des conditions équilibrées et équitables en matière de droit d’auteur, bénéficiant tant aux créateurs de livres qu’à leurs lecteurs. Il est nécessaire d’encourager l’innovation en soutenant la propriété intellectuelle et le droit d’auteur, afin que les auteurs puissent créer et être rémunérés, les éditeurs investir, et les libraires garantir la plus grande diversité de l’offre à leurs lecteurs.

    Un régime fiscal favorisant la diffusion des livres. Un livre est un livre, quel que soit son format. Nous demandons à ce que l’on puisse appliquer le taux de TVA le plus bas à tous les livres indépendamment de leur format, de leur mode de diffusion ou de livraison.

    Des règles de concurrence équilibrées sur internet qui garantissent l’interopérabilité  des offres et la promotion de l’offre légale. Nous demandons à ce que tous les acteurs puissent concourir équitablement sur ce marché pour contribuer à un renforcement du choix pour les lecteurs européens. Il devrait y avoir une interopérabilité généralisée entre les formats permettant aux consommateurs de pouvoir lire n’importe quel ouvrage sur l’appareil de leur choix. En outre, les lecteurs devraient avoir la liberté de choisir où acheter leurs livres numériques et ne pas être captifs de l’écosystème d’un fournisseur.

    Réaffirmer l’importance des livres dans les politiques d’enseignement. Le livre reste le meilleur accès à l’éducation. Face au défi de l’illettrisme, il est essentiel de mettre des livres, quels que soient leurs supports, dans les mains de chaque enfant. Toute réforme des systèmes d’éducation en Europe doit prendre en compte le rôle fondamental des ressources pédagogiques éditées professionnellement, garantie de qualité pour les élèves et de liberté de choix pour les enseignants. »

    France Info qui relaie l’information précise que les fédérations demandent que la TVA sur le livre numérique soit uniformisée et à un taux réduit au niveau européen, et qu'elle soit la même que celle du livre classique considéré lui comme un bien culturel. La journaliste Marie-Christine Vallet explique « à partir du 1er janvier 2015, un livre acheté sur Internet sera taxé au taux du pays du lecteur-acheteur. Actuellement, la TVA appliquée est celle du pays d'établissement du vendeur (libraire, Amazon...). Ainsi Amazon, établie au Luxembourg vend au taux de 3% à l'acheteur d'un autre pays. En 2015, la taxe ne sera plus de 3% pour cet acheteur ; si par exemple celui qui a commandé le livre numérique est belge, le taux sera celui de la Belgique, soit 21%. »


  • Le livre face à son destin

    A l’occasion d’un Conseil des ministres franco-allemands, Aurélie Filippetti et Monika Grütters ministres de la Culture ont lancé un appel commun pour « prôner et mettre en œuvre une vision européenne commune du livre à l’ère numérique », et ont estimé que « ces enjeux doivent être une priorité de travail pour 2014 ».

    Dans un article (payant) titré « Le boom de l’e-book » et publié dans Le Monde son auteure Laure Belot note qu' « Avec la généralisation du smartphone – fin 2013, un Français de plus de 15 ans sur deux en était détenteur, selon Médiamétrie –, un nombre croissant de personnes se mettent à la lecture sur ce couteau suisse numérique. D’autant que grands téléphones et mini-tablettes se rejoignent en taille et qualité d’écran. » Le quotidien précise « En mars 2013, le baromètre du Syndicat national de l’édition (SNE) soulignait que 27 % des lecteurs numériques utilisaient – non exclusivement – leur smartphone. La librairie en ligne Feedbooks.fr note une accélération du phénomène ces derniers mois. Ce site propose 800 000 livres payants, mais son audience, mondiale, est portée par son offre gratuite : 15 000 ouvrages libres de droits sont disponibles en cinq langues ; un téléchargement est enregistré par seconde, soit 3,5 millions par mois depuis 240 pays. »

    Si tout va bien pour le livre numérique, auquel peu d’éditeurs croyaient il y a encore quelques mois, qu’en est-il de la diffusion du livre alors que le site ID Boox titre « Les librairies à l’agonie, Amazon bientôt premier libraire de France » ?

    Aux Etats-Unis le New-Yorker s’est intéressé à Amazon, un article repris par Slate.fr décrit « un système régi par les chiffres et les algorithmes, où la spécificité des contenus, la littérature, n’ont pas de sens. Tout ce qui n’ajoute pas une valeur concrète (comme les interviews d’écrivains) n’a pas d’intérêt pour l’entreprise. », et de conclure « Mais Amazon nuit aux maisons d’éditions traditionnelles. Et si l’entreprise prétend offrir aux écrivains un pourcentage plus confortable sur les livres publiés directement par Amazon, elle ne donne pas les avances que donnent les éditeurs. «Sans les avances suffisantes, beaucoup d’écrivains ne pourront plus prendre le risque de se lancer dans des projets longs et difficiles.» Amazon nuirait ainsi aux auteurs, qui en très grande majorité restent fidèles à leurs éditeurs.

    Les livres numériques, Amazon... et les libraires ?

    Sur 57 librairies Chapitres, 23 n’ont toujours pas trouvé de repreneur et ont fermé leur porte. Entre perspectives et mutations, 2014 semble être une année décisive pour l’avenir du livre.

    Photo © Charles Delcourt Light Motiv : quatorze éditeurs et libraires du Nord-Pas-de-Calais posent "Tous à poil !" pour montrer leur soutien «aux auteurs et aux livres injustement attaqués ».

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  • Quelques éditeurs / 2

    Ce post continue la série consacrée aux éditeurs, connus et moins connus... Aujourd'hui, Philippe Héraclès, Cherche Midi, Louis Delas, L'Ecole des loisirs, et
    Arnaud Nourry, Hachette Livre.

    ChercheMidi.JPGLes éditions du Cherche midi sont nées en 1978 dans une librairie de la rue du Cherche midi à Paris, fondées par Jean Orizet et Philippe Héraclès. Si le premier a vendu ses parts lors du rachat par Editis en 2005 (racheté ensuite par le groupe espagnol Planeta), le second est toujours à la tête de cette entreprise au catalogue très éclectique, qui publie avec succès aussi bien les romans de Jim Fergus (« Mille femmes blanches »), que les livres de Charlotte Valandrey, Olivier de Kersauson, Jean Yanne, ou les albums de Piem, Cabu, et du dessinateur Voutch. Le patron des éditions n’hésite pas à publier lui-même des livres d’humour noir comme « Eternellement vôtre », recueil d’épitaphes imaginaires, ou « Le petit livres des épitaphes les plus drôles ». Une passion étonnante pour un éditeur très vivant.


    Pour résumer le parcours de Louis Delas, on peut écrire que son arrière-grand-père était le créateur des éditions de l’École des loisirs, qu’il a été éditeur chez Vent d’Ouest et Glénat, avant d’entrer en 1999 aux éditions Casterman dont il a été le directeur général jusqu’en 2012. Lors du rachat de Casterman par Gallimard, il quitte le groupe pour prendre la tête de... l’école des loisirs, succédant à son père Jean, 73 ans, qui partait à la retraite, et retrouvant ses cousins Jean-Louis et Guillaume Fabre. Les deux familles possèdent 80 % de Nova Groupe, la holding Max et les Maximonstres.jpgfamiliale regroupant l'Ecole des loisirs, des filiales en Allemagne, en Belgique et en Suisse, et les trois librairies Chantelivre.

    L’histoire pourtant ne se termine pas là. Au sein de cette maison, il crée début 2013 le label Rue de Sèvres spécialisé dans la bande dessinée qui publie parmi ses premiers auteurs Zep, Hugo Pratt, Mari Yamazaki et Soledad. Au Monde il déclarera après cette prise de fonction « J'entends consacrer la moitié de mon cerveau à la création, l'affectif, l'irrationnel, et conserver l'autre moitié à la gestion et la finance ».

     

    hachette-2014.jpgArnaud Nourry, lui, dirige Hachette Livre, maison fondée en 1826 et aujourd’hui 3ème éditeur mondial et 1er en France. Sa fiche Wikipedia indique qu’il est le fils d'un ingénieur et d'une libraire, qu’il est titulaire d'un DEA de sociologie des organisations obtenu à l'université Paris-Dauphine, et diplômé de l'ESCP Europe. Son parcours dans la maison débute en 1990 comme chargé de mission auprès du président et lui permet d’en connaître tous les rouages jusqu’en 2003, année où il est nommé Président directeur général. « L'homme de finance, le gestionnaire, se révèle finalement un redoutable négociateur » écrit en 2012 Challenges. Effectivement, il mènera un farouche combat contre la firme Google qui voulait numériser les livres sans payer de droits et contre Amazon, le géant de l’e-commerce qui voulait imposer ses prix de vente aux livres. C’est lui aussi qui s’est battu pour publier les mémoires de Steve jobs, qui a racheté à Uderzo les aventures d’Astérix et a su le convaincre de prolonger ces histoires avec d’autres auteurs.

    Bonnes fêtes de fin d'année à tous les lecteurs de ce blog !

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