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albin michel - Page 4

  • Maurice Nadeau éditeur de son siècle

    Pour tous ceux qui aiment les livres et qui rêveraient de devenir éditeur comme Maurice Nadeau, « éditeur génial » (Le Monde) disparu le 16 juin 2013 à 102 ans, voici quelques traces de son itinéraire :

    41YPND9QBNL._SY445_.jpgNé le 21 mai 1912 à Paris, Maurice Nadeau avait pris le goût de la lecture indirectement de son père, un homme de la campagne "monté" à Paris pour faire le coursier, qui écrivait des chansons à ses heures. Mort sur le front en 1916, il avait laissé à ses deux orphelins une bibliothèque hétéroclite où l'on piochait les livres au hasard, de la Bible aux romans roses en passant par les Contes de La Fontaine. (Le Monde)

    « Pendant toute ma vie, j’ai toujours eu la bonne place pour découvrir des écrivains. J’étais à l’affût, j’écoutais, je lisais beaucoup, des manuscrits, les revues, la presse étrangère ». D’après l’AFP citée par Libération

    Le nouveau l'intéresse. La résonnance entre le style et l'époque. De la littérature, le trotskiste Nadeau n'attend jamais la conformité idéologique, mais cherche la singularité du regard, l'implication folle et totale d'un écrivain dans son monde, dans le monde. (Le Monde)

    « Contre la censure à l'occasion des poursuites contre Henry Miller. Contre les familles à propos d'Antonin Artaud. Pour des auteurs peu connus du public comme Henri Michaux, Georges Bataille, Maurice Blanchot ou Paul Léautaud. Pour de nouveaux venus, Jean Genet ou Samuel Beckett. J'accueille André Breton, de retour, glorieux mais éclipsé par Sartre et Camus, lesquels règnent. Je donne la parole à un jeune inconnu, Roland Barthes.» Cité par Le Figaro

    « Je privilégie les ouvrages qui interrogent le lecteur ou dont je perçois que leurs auteurs n'ont pas été sans se poser la question qu'a formulée Blanchot : “Qu'est-ce qu'écrire ? Pourquoi écrire ?”. J'écarte du même coup et tout naturellement les auteurs à succès, les bonnes âmes et les donneurs de leçons, ceux qui visent (pourquoi pas ?) le simple divertissement. » Cité par Le Figaro

    La Quinzaine littéraire, menacée depuis sa naissance de disparition, a connu récemment un épisode dramatique. On a bien cru que c’en était fini de cette revue entièrement vouée aux livres, aux écrivains et à l’édition, de cette « feuille » à l’ancienne, ultime représentante de trois siècles d’intérêt français pour les choses de l’esprit et de la plume. Mais Maurice Nadeau avait de la ressource et toute sa tête. Il a réagi comme il convenait, et a créé une société par actions (valeur : 100 € l’action) ouverte aux lecteurs, dans le but de réunir un capital de 80 000 € (http://www.quinzaine-litteraire.presse.fr/quinzaineenperil.php). Causeur.fr

    Le rencontrer dans son bureau balzacien de La Quinzaine littéraire, dont il a assuré la direction jusqu'au bout de ses forces, c'était se trouver en présence du « dernier des Mohicans », rebelle qu'aucun groupe, aucune instance, aucun cénacle ne parviendra à apprivoiser et encore moins à embrigader. Véritable institution de la marginalité, Maurice Nadeau pouvait se permettre de regarder de haut les beaux esprits qui venaient frapper à sa porte. (Le Figaro)

    Il adorait ça, Maurice, être à sa table de travail, lire, écrire, recevoir les écrivains, animer la revue, découper et coller, mettre en page, surveiller l'imprimerie. (Le Monde)

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    A lire de Maurice Nadeau : Grâces leur soient rendues (Albin Michel -1990), Une vie en littérature, conversations avec le philosophe Jacques Sojcher, sous le titre Une vie en littérature (Éditions Complexe, 2002), Serviteur !, sous-titré Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945 (Albin Michel, 2002), Le chemin de la vie, entretiens avec Laure Adler (éditions Verdier – le site de cet éditeur propose de nombreux articles de presse consacrés à Maurice Nadeau).

  • Katherine Pancol, une femme très lue

    En 2010, Karinne Paillaud écrivait dans Le Point à propos de Katherine Pancol : « Le Pancol nouveau s'arrache déjà. Retour sur un livre incroyablement sympathique, signé par une romancière irrésistible. C'est la der des ders ! Depuis quatre ans maintenant qu'elle vit aux côtés de Joséphine, Hortense, Gary, Iris, Philippe, Shirley, Marcel et Josiane, et qu'elle en raconte les tribulations dans une saga inaugurée par Les Yeux jaunes des crocodiles , Katherine Pancol est devenue l'auteur chouchou de lecteurs toujours plus nombreux et impossibles à classer. On y croise les habitués de Douglas Kennedy comme les aficionados de Gavalda, amateurs d'histoires bien troussées, racontées avec intelligence, générosité et réalisme. »

    Un succès qui ne se dément pas au fil des ans. Ainsi Katherine Pancol est, avec 705 000 exemplaires, en troisième place dans le classement GFK des meilleures ventes de livres pour 2012 (l’année où est paru le coffret réunissant en poche ses trois derniers romans : Les Yeux jaunes des crocodiles (2006), La Valse lente des tortues (2008), Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi (2010), tous publiés chez Albin Michel).

    Un réussite dont elle a raconté les débuts à Paris Match : « Robert Laffont m’a appelée en me disant : “Je lis vos papiers dans ‘Cosmo’, faites-en un roman.” Je ne le souhaitais pas. Un jour, je suis partie en vacances avec ma machine à écrire, et le début de “Moi d’abord” est venu. Je me suis prise au jeu, petit à petit. J’ai appris à écrire en écrivant. Je me rapproche davantage des romans anglo-saxons que français. Il faut dire que j’ai vécu dix ans à New York. »

    Un exil qu’elle justifie « Après la publication de “Moi d’abord”, en 1979, j’ai eu peur de devenir un petit animal parisien peu intéressant. J’avais connu un tel succès avec ce premier roman ; j’avais vendu 300 000 exemplaires. C’était délirant. Tous les hommes tombaient amoureux de moi ! Chose agréable, mais je vivais avec Pierre Lescure à l’époque. [...] C’est dur le succès, surtout à 25 ans. Vous en prenez plein la tronche. Grâce à l’argent gagné, j’ai pu déménager là-bas. Pierre venait me rejoindre. »

    A propos des premières critiques elle raconte « Pour mon troisième livre, on me reprochait tout : mon style, ma blondeur, ma jeunesse, en gros d’être con. Je me souviens que Pierre Lescure avait caché un journal dont une double page me concernant arborait ce titre : “Katherine Pancol : une ravissante idiote”. Je fais pourtant une littérature de bonne qualité et qui marche. Je n’écris pas au kilomètre. »

    Très discrète dans les médias, titre après titre, 14 à ce jour, elle a su garder ses lecteurs au fil des années, confirmant un engouement populaire certain. En 2006, son roman Les Yeux jaunes des crocodilesse vend à près de deux millions d'exemplaires. Bien évidemment, ce succès engendre des commentaires acerbes des professionnels de la critique, Patrick Besson dans Le Point, Nelly Kapriélian dans Les Inrockuptibles, Le Monde, Olivia de Lamberterie pour le magazine Elle, Arnaud Viviant sur France Inter, Philippe Lançon dans Libération, et François Busnel qui dans France soir déclare « qu’il se refuse à l'inviter dans ses émissions car : « Elle n’a pas besoin de l’émission pour vendre et ce qu’elle raconte à la télé est pathétique » (liens sur la fiche Wikipedia).

    PANCOL.jpgCependant, sur le site de la RTBF, on peut lire « Alors oui, un tel succès fait des jaloux. Il suscite des critiques acerbes quand ce n’est pas un silence pesant et irritant, voire méprisant. « J’ai été journaliste » rappelle Katherine Pancol « Je sais comment ça fonctionne ». N’empêche, son cas n’est pas unique. Ne pensons qu’à Anna Gavalda. Si leurs romans de proximité rencontrent autant le public, ne faut-il pas y voir parfois un ras le bol pour les livres torturés, nombrilistes et souvent pessimistes qui s’empilent à perte de vue chez les libraires ? Pancol et Gavalda quant à elles, donnent l’envie de relever la tête et de regarder les choses sous un autre jour.

     Tout comme Françoise Bourdin qui, dans un autre genre, mais tout aussi absente des médias, se classe quatrième dans la liste des meilleures ventes (512 500 exemplaires), ce sont ces auteurs qui font aimer la lecture et qui font venir les lecteurs dans les librairies.

    Le site de Katherine Pancol.

     

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