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Livre - Page 5

  • Personnages de fiction et réalité juridique

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    A qui appartiennent les personnages d’Arsène Lupin, Nestor Burma, Sherlock Holmes, ou même, Superman, le Petit Nicolas, Astérix & Obélix, Tintin ? La question peut paraître incongrue tant leur existence semble liée à leurs aventures et à l’imagination de leur auteur.

    La Chronique Juridique d’Emmanuel Pierrat* dans Livres Hebdo nous apprend que tout ceci n’est pas si simple et qu’il y a certaines précautions à prendre car les personnages peuvent connaître des aventures hors du cadre éditorial ; adaptations cinématographies, jeux vidéos, sans oublier les produits dérivés, une deuxième vie commerciale dont il faut protéger juridiquement les revenus.

    Et même devant les tribunaux on s’y perd un peu. Emmanuel Pierrat cite le cas d’Angélique, la célèbre Marquise des Anges, dont la Cour d’appel de Paris a conclu en 2000 que "le prénom d’Angélique est un prénom connu sur le territoire français, (…) il a été porté par divers personnages de l’histoire et déjà utilisé dans des œuvres littéraires ; (…) en adoptant pour désigner l’héroïne des romans ce prénom, les auteurs n’ont manifesté aucun effort de création, ne procédant qu’à un choix parmi des prénoms connus". Un an plus tard la Cour d’appel de Versailles estime au contraire que le titre Angélique "correspond à celui d’une héroïne précise, parfaitement reconnaissable et sur l’identité de laquelle le public ne peut se tromper », et reconnaît à l’auteure Anne Golon l’originalité de son personnage.

    Malgré tout, il semble recommandé aux auteurs de faire preuve de singularité dans leur création aussi bien dans le sujet, le récit, que dans les prénoms et noms donnés aux personnages. A l’auteur et à l’éditeur de stipuler dans les contrats tous les droits d’exploitation extérieur au livre comme le recommande l’auteur de l’article.

    Autre conseil donné par l’avocat, le dépôt en tant que marque du personnage et de son nom. Une protection explique-t-il qui « se révèle avantageuse dans les cas où le personnage risque de tomber dans le domaine public. Le droit des marques possède en effet l’immense intérêt d’assurer une protection éternelle, sans risque de domaine public, si les dépôts sont renouvelés en temps et en heure. »

     

    *Emmanuel Pierrat, est un avocat parisien spécialisé dans le droit de l’édition. Il est également l’auteur de très nombreux ouvrages spécialisés ou de fiction. Ses chroniques de Livres Hebdo ont été réunies dans Le Droit de l'édition appliqué, deux volumes parus en 2000 et 2002 (Éditions du Cercle de la librairie).

    Photo : le personnage de Bécassine créé par l'écrivaine Jacqueline Rivière et le dessinateur Émile-Joseph-Porphyre Pinchon. Le film tiré de ses 27 albums (Gautier Languereau) réalisé par Bruno Podalydès est actuellement diffusé dans les salles de cinéma.

  • L’été des libraires

    L’été une saison propice à la lecture, repos, inactivité, mauvais temps, incitent à se plonger dans un livre. Une période choisie par Les Librairies indépendantes pour faire la promotion de leur métier.

    Livres Hebdo dévoile les deux affiches au visuel un peu désuet qui vont accompagner la campagne de communication dont le but est aussi de faire découvrir l'existence du site internet. Celui-ci permet de trouver un titre de livre ou son éditeur, de localiser le libraire le plus proche du lieu de résidence, et de choisir son mode d’achat, livraison ou retrait en magasin.

    Le site explique dans son texte de présentation que librairiesindependantes.com est le premier moteur de recherche de livres en France, et qu’il fédère 16 portails de libraires indépendants, nationaux, régionaux ou spécialisés, soit plus de 700 librairies implantées sur l'ensemble du territoire. Une synergie qui donne accès aux 20 millions de livres disponibles dans ces librairies.

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    L’initiative des libraires indépendantes est sans doute destinée à soutenir un marché du livre qui depuis quelques années connaît un lente érosion de ses ventes comme le constataient l’AFP et France Info pour 2017 : « Après l'embellie de 2015 (+1,8%), la stabilité de 2016 (0%), le marché de l'édition connaît un reflux comme cela avait été le cas auparavant, pendant cinq années consécutives (de 2010 à 2014). Et cela mois après mois, souvent dans des proportions très importantes : -3,5% en janvier comme en février, -2% en mars, -9% en avril, -3% en mai, -4,5% en juin. » Cette année là, seul le mois de juillet avec une hausse de +4,5% des ventes inversait notablement la tendance.

    Si les éditeurs ont désormais cessé de publier des « best-sellers de l’été » au parcours commercial souvent hasardeux, il faudra attendre d’ici quelques jours les recommandations de lectures de la presse, et avec les conseils des libraires, et notre curiosité personnelle, on devrait pouvoir passer un bon été de lecture.

    En attendant, une première sélection (de BD) pour l'été.

  • Quel avis sur les livres ?

    Les commentaires des Internautes favorisent-ils la commercialisation des livres cités ? La question se pose à nouveau avec le problème soulevé par Actualitté.com qui reprend un article de The Bookseller.

    Actualitté explique : « Amazon semble avoir envoyé aux oubliettes des centaines de critiques postées sur les pages de livres, sans raison apparente. L'auteure Isabella May a ainsi vécu « une semaine de l'enfer » au cours de laquelle ont disparu plusieurs critiques relatives à ses deux romans. Et pour une auteure indépendante comme elle, la disparition de critiques équivaut à une perte majeure de visibilité et de crédibilité. L'auteure a vu engloutie une dizaine de critiques en une semaine, et ces disparitions l'inquiètent alors que son éditeur, l'indépendant Crooked Cat Books, « compte uniquement sur Amazon » pour les ventes en ligne. »

    En cause, la teneur trop souvent positive des commentaires soupçonnés d’être des avis de complaisance, mais plus pernicieux, la raison pourrait être la concurrence de ces livres avec ceux édités par les maisons d’édition liées… à Amazon.

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    Si Amazon justifie cette situation par des « problèmes techniques », le bon sens reste la meilleure méthode pour faire le tri dans les commentaires. L’argumentation du rédacteur, ses impressions, bonnes ou mauvaises, peuvent attiser notre curiosité et nous pousser à en connaître plus sur l’auteur-e, ou le contenu du livre. Certains sites non professionnels - Critique Livre - demandent aux commentateurs-trices de s’inscrire en mentionnant leur adresse e-mail (non publiée) et attribuent un mot de passe ce qui assure une certaine traçabilité.

    Et pourquoi ne pas faire tout simplement appel à l’avis des lecteurs avertis que sont les libraires. De plus en plus nombreux sont ceux qui présentent dans leurs rayons les ouvrages avec une note de lecture, ou les publient sur leur site Internet à l’image de la librairie Mollat à Bordeaux qui proposes ses blogs de libraires, ou Sauramps à Montpellier avec les plus classiques « Coups de cœur ».

    Terminons en laissant la parole à Tom Joad qui laisse se message sur Actualitté : « Je rêve d'un monde où la qualité des ouvrages serait le principal critère de succès, mais il ne faut pas rêver. Nous sommes dans un monde capitaliste d'offre et de demande, les auteurs sont aussi bien considérés que tous les petits producteurs face aux distributeurs... »

    Photos : Document Librairies Indépendantes en Nouvelle Aquitaine et La Griffe Noire à St Maur.

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