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Livre - Page 5

  • Qui va payer l’ouverture des Bibliothèques le soir et le dimanche ?

    Annoncé en fanfare et cautionné par le rapport Corbin/Orsenna remis à la ministre de la Culture, l’ouverture des bibliothèques publiques le soir ou en fin de semaine, connaît une phase de mise en place, disons difficile. Début avril Françoise Nyssen a présenté le projet aux professionnels souhaitant que « Les bibliothèques doivent ouvrir plus et devenir des maisons de services publics culturels », et précisant que cent cinquante  bibliothèques volontaires ont déjà présenté des projets de transformation (Le Monde).

    Comme on pouvait s’y attendre ce sont les professionnels qui se sont interrogés sur les moyens mis en place pour faire aboutir ce projet. Une organisation de la charge de travail que toutes les municipalités ne sont pas prêtes à prendre en charge. Ainsi à Nantes, un mouvement de grève a débuté le lundi 19 mars concernant les conditions de rémunération pour l’ouverture de quatre bibliothèques chaque premier dimanche du mois. Les agents des bibliothèques municipales réclament en effet que les cinq heures travaillées le dimanche soient doublement récupérées ce que refuse la mairie. L’arrêt de travail est prévu jusqu’au 20 avril.

    Autre difficulté, à Belfort cette fois-ci, où le conseil municipal à décidé en février de réduire de 50% le budget de la bibliothèque Léon Deubel et d’augmenter les droits d’inscription. Un collectif d’usagers « Culture pour tous à Belfort » s’est constitué pour protester contre ces décisions et a lancé une pétition en ligne qui a déjà recueilli plus de 1000 signatures. Dans ce comité on trouve l’ancienne directrice adjointe de la bibliothèque, Yvette Buhler, aujourd’hui à la retraite qui déclare à Livres Hebdo « La bibliothèque a longtemps été un modèle dans la région, mais avec un budget d’acquisition correspondant maintenant à 1,3 euro par habitant, elle est en queue de peloton dans les statistiques nationales. Même les villes de 2000 habitants font mieux. Alors que le rapport d'Erik Orsenna vient de réaffirmer le rôle des bibliothèques dans la cité, celle de Belfort voit mis à mal sa mission de diffusion et d'accès à tous de la culture ».

    Dernier avatar du projet, la dotation globale de 8 millions d’euros a se partager entre les bibliothèques et qui fait écrire au site Actualitté.com : « Ce devait être l’une des mesures culturelles majeures du quinquennat, une tentative forte de permettre un accès plus large sinon à la culture, du moins à l’un des lieux du livre. Ce sera la plus misérable action culturelle du gouvernement, désespérément portée par un ministère à la peine. »

    Photo Thibaud Poirier.

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  • Lagaffe sur grand écran

    André Franquin (1924-1997), est ce formidable dessinateur qui a créé ou fait vivre sous son pinceau les personnages de bandes dessinées, Spirou, Fantasio, Modeste et Pompon, le Marsupilami, mais surtout l’inaltérable Gaston Lagaffe, un personnage dont les aventures viennent de faire l’objet d’une nouvelle adaptation au cinéma avec un film réalisé par Pierre-François Martin-Laval.

    Un passage du dessin aux personnages réels qui a suscité quelques remous, la diffusion de la bande annonce ayant déjà passablement agacé les fans. D’autant plus que l’univers de la série qui à l’origine se déroulait dans les bureaux du journal Spirou et des éditions Dupuis a été transposé, pour moderniser l’histoire, dans les locaux d’une start-up. Et la fille de Franquin, Isabelle, qui ne détient plus qu’un droit moral sur la BD de son père a déclaré à quelques heures de la sortie en salle : « Ça fait mal, très mal même, car j’assiste impuissante au désastre, en espérant de tout cœur que le public saura distinguer le bon grain de l’ivraie, si je puis dire.» 

    Pourtant ceux qui se replongent dans les albums dessinés par Franquin trouvent autant de plaisir aux péripéties et inventions de ce garçon de bureau excentrique et un peu paresseux.

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    Les adaptations cinématographiques de bandes dessinées, Blueberry, Lucky Luke, Iznogoud, Benoît Brisefer, Boule & Bill, ont rarement remporté un énorme succès, l’imaginaire des lecteurs étant souvent confronté à l’étrange réalité des acteurs en chair et en os. Seules quelques-unes des adaptions des aventures d’Astérix et d’Obélix de René Goscinny et Albert Uderzo ont échappées à cette règle. Les producteurs qui pensent drainer le large public de lecteurs des albums se retrouvent souvent confrontés à ce décalage.

    Alors pour ne pas être déçus, autant se replonger dans les albums de Gaston Lagaffe édités et réédités, depuis 1960 et encore en 2018, par les éditions Dupuis, 20 titres au total.

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    Franquin a été en 1974, le premier lauréat du Grand Prix du Festival de la Bande Dessinée à Angoulême. En 2004-2005 la Cité des Sciences de la Villette à Paris lui a consacré une grande exposition et en 2015, la BPI du Centre Pompidou lui a également rendu un vibrant hommage.

    Mais le plus bel hommage pour un auteur reste celui de voir les lecteurs continuer à lire ses livres bien après sa disparition.

  • Mai 68 des pavés et des livres

    « J’ai décidé que je ne dirai rien pour les 50 ans de 68. J’ai fait les 2 ans, les 10 ans, les 15 ans, les 20 ans, les 25 ans, les 30 ans, les 35 ans, les 40 ans, les 45 ans, je n’ai plus rien à dire ! » a déclaré récemment Daniel Cohn-Bendit en acceptant toutefois un débat avec un autre meneur de l’époque Alain Geismar. D’autres se sont chargés de célébrer les événements de Mai 68 et notamment les éditeurs.

    Le site Babelio propose une liste d’ouvrages sur Mai 68. On y trouve les témoignages de ceux qui jeunes ont participé aux événements et ont ensuite poursuivi une belle carrière littéraire : Daniel Picouly avec « 68 mon amour » (Grasset), Thierry Jonquet « Rouge c’est la vie » (Seuil), Patrick Rotman « Mai 68 raconté à ceux qui ne l’ont pas vécu (Seuil), Jean-Bernard Pouy « Mes soixante huîtres » (éditions Folies d’encre), Hervé Hamon « Demandons l’impossible – Le roman-feuilleton de Mai 68 (Editions du Panama), Didier Daeninckx « Camarades de classe » (Gallimard).

    HO0870.jpgOn retrouve la plupart de ces titres sur BibliObs qui écrivait déjà en 2008 : « Si ça n'est pas une avalanche de pavés, ça y ressemble fort. Car chez les éditeurs, la frénésie commémorative est à son comble pour l'anniversaire de mai-68. Et il n'est pas sûr que l'imagination ait toujours pris le pouvoir... » Plusieurs des livres cités par Babelio y figurent mais sont complétés par des ouvrages d’analyse comme « 68 : une histoire collective [1962-1981] » (La Découverte) « Un ouvrage collectif de référence, dans lequel des chercheurs reviennent sur vingt années qui ont profondément transformé la société française », ou « Mai 68, la brèche, vingt ans après » (Fayard) avec les signatures d’Edgar Morin, Claude Lefort, Cornelius Castoriadis.

    Autre liste celle du site Des livres qui regroupe lui aussi un certain nombre de titres sur l’événement dont certains plus récents comme « Mai 68 par celles et ceux qui l’ont vécu » (éditions de l’Atelier/Médiapart), « Mai 68 un mouvement politique » (éditions Acratie), ou « Filles de Mai mon Mai à moi – Mémoires de femmes (éditions Le Bord de l’eau).

    De quoi lire en attendant les commémorations officielles - ou pas - du mois de mai 2018.

    En photo : la réédition par les éditions Hoëbeke/Gallimard du célèbre journal L’Enragé de Siné publié en 1968.

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