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Livre numérique - Page 5

  • Le livre imprimé est toujours là

    sapin-livre.jpg« La mort des livres a été annoncée un peu précipitamment » titre le site Slate.fr constatant que la profusion des ebooks n’a nullement entraîné la disparition des livres papiers.

    Certes remarque l’article, les ventes de livres se maintiennent grâce « aux livres de coloriage et aux écrits de stars de YouTube » mais son auteur rajoute : « En France, Le Télégramme a rappelé que les ventes de livres papier ont progressé de 2,3% cette année et que le livre numérique ne totalise que 6% de l’ensemble du marché. »

    Le Télégramme donne aussi la parole à Mathieu de Montchalin, président du Syndicat de la librairie française (SLF) « Si le livre papier progresse, cela s'explique notamment par le fait que la France bénéficie d'un « réseau de librairies très dense », explique.

    Finalement le livre sous toutes ses formes, beaux-livres, dernier Goncourt, bandes dessinées, sera encore cette année le cadeau que l’on retrouvera le plus au pied des sapins de Noël et démentira, comme le rappelle Slate.fr, la prophétie de Nicolas Negroponte, professeur et chercheur au MIT, qui en 2010 avait prononcé la mort du livre physique. « Cela va arriver. Pas dans dix ans. Dans cinq ans » avait-il annoncé au cours d’une conférence de Techonomy Media.

    Pour essayer de comprendre pourquoi les lecteurs n’ont pas changé leurs habitudes, Le Télégramme a interrogé des libraires et ceux-ci expliquent : « « En France, il y a une culture du livre papier et les gens ont envie de se déplacer en librairie. Ils sont attachés à l'objet livre qui est aussi un objet de décoration », répond Valérie Le Louarn. C'est aussi ce que dit Alexandre Cavalin, le gérant de la librairie de Port Maria, à Quiberon : « Quand on offre un livre, on offre un objet, pas un lien de téléchargement. Et puis, un lien ça ne se dédicace pas. ».

    Même constat d’une autre libraire, Valérie Le Louarn : « Les gens travaillent de plus en plus devant un écran alors, le soir, ils disent non. Le papier, c'est quand même plus agréable. » « Pour le moment, la victoire est pour le papier », constate Michaël Raoul, le directeur adjoint de la librairie Dialogues, à Brest. Pas seulement en raison d'une question d'éducation et de culture mais aussi parce qu'« il y a des pans entiers de l'édition pour lesquels il est très difficile d'évoluer vers le numérique ».

    S’il est vrai que les ventes de liseuses ont tendance à marquer le pas, la technologie va sans doute apporter des améliorations à leur utilisation. D’ici-là elles continueront à cohabiter avec le livre papier qui semble encore avoir de beaux jours devant lui.

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  • L’empreinte carbone des livres

    conso globe,dupuis,éditions de l'aube,hachette,gallimard,pefc,fsc,cop 21A l’heure où plus de 195 pays participent à Paris à la 21ème conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 21), on peut s’interroger sur la contribution du monde de l’édition à cette préoccupation planétaire (en dehors des livres publiés sur le sujet), cette industrie utilisant beaucoup de bois pour la fabrication du papier.

    Une des réponses est la certification PEFC, un Programme Européen des Forêts Certifiées mis en place en 1999, après une véritable prise de conscience sur les défis environnementaux. Le site PEFC-France explique : « la filière forêt-bois-papier a réalisé que ses approvisionnements en bois devaient passer par une gestion raisonnée et durable de la forêt. Soutenue par des associations de protection de la nature et les pouvoirs publics, elle s'est alors mobilisée pour coordonner les actions existantes et créer un système de certification de la gestion forestière durable qui tienne compte des spécificités nationales. » Une certification qui promeut la gestion durable des forêts.

    Le site propose toute une série d’articles sur le sujet qui détaillent les initiatives mises en place dans le domaine, avec notamment le retour d’expérience (en 2012) de Pascal Lenoir, directeur de la production des éditions Gallimard, et nous apprend que d’autres éditeurs comme Dupuis, ou les Editions de l’Aube ont mis en place une politique d'achats préférentiels auprès d'imprimeurs certifiés PEFC.

    Autre label, la certification FSC qui part du même principe de gestion, pour « que les forêts répondent aux besoins sociaux, économiques, écologiques, culturels et spirituels des générations actuelles et futures ». On peut voir le logo sur nombre d’ouvrages imprimés.

    Un article publié sur le site Conso Globe propose un comparatif écologique entre le « livre papier » et le « livre numérique ». Selon le cabinet Cleantech cité par la journaliste « un Ipad d’Apple équivaut à 130 kg d’équivalent carbone pendant tout son cycle de vie ; un Kindle équivaut à 168 kg. Ainsi, pour avoir une empreinte carbone équivalente, il vous faudra lire au moins 18 livres sur votre Ipad et au moins 23 livres sur votre Kindle. Les lecteurs friands de livres numériques en achetant environ 3 par mois, à cette allure, le quota est vite atteint (6 mois en moyenne). Mais à ce sujet, les avis divergent. Pendant que les uns estiment que l’empreinte écologique du livre numérique est, à la longue, moins importante, d’autres comme le cabinet Carbone 4 avancent d’autres chiffres. » Pour le livre imprimé, le cabinet Carbone 4 estime que « un ouvrage papier engendrerait la production d’1 seul kg d’équivalent CO2 (et pas 7,5) quand le support numérique en engendrerait 250. Un Français lisant en moyenne 16 livres version papier par an, il lui faudrait donc près de 15 ans pour compenser le bilan carbone de sa liseuse numérique. »

    Après avoir rappelé que « l’industrie de l’édition engloutit tout de même à elle seule 20 millions d’arbres et 1 page sur 5 provient encore d’une forêt ancienne », l’article constate que « avec le livre en papier recyclé, ce sont 40 % d’eau et d’énergie qui sont économisés » et que 1 tonne de papier recyclé permet d’épargner 17 arbres.

    C’est toujours ça.

    Document ci-dessous extrait du site Cap Action Carbone des éditions Hachette.

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  • De la rémunération des pages lues

    Le géant du e-commerce Amazon, qui faut-il le rappeler, vend aussi bien des rasoirs électriques, des jeux vidéos, des vêtements, ou des livres, propose un nouveau modèle de vente. Après avoir offert les frais d’envois de livres, annoncé un système de livraison par drones ou par ses voisins avec le service « On my way », Amazon déclare vouloir rétribuer ses auteurs au nombre de pages lues sur ses livres numériques, ou plus exactement sur son lecteur Kindle.

    Le site Numerama sous le titre «Révolution culturelle », explique : « A partir du 1er juillet, Amazon va implémenter une nouvelle formule de son service Kindle Unlimited qui ne rémunérera plus les auteurs au nombre de livres qu'ils ont vendu, mais au nombre de pages que les lecteurs ont effectivement lues.
    "Nous faisons cette bascule en réponse à de formidables retours que nous avons eu d'auteurs qui nous ont demandé de mieux aligner les paiements sur la longueur des livres, et combien lisaient les lecteurs", écrit Amazon. "Sous le nouveau programme, vous serez payé(e) pour chaque page que les clients individuels lisent de votre livre, la première fois qu'ils le lisent ".»

    Olivier Ertzscheid,animateur du blog Affordance.info (qui se réjouit d’avoir annoncé cette évolution dès 2009 et 2010 à ses étudiants), évoque l'article de The Atlantic qui détaille le projet : « Pour la plupart des auteurs qui publient directement via Amazon, ce nouveau modèle pourrait changer les priorités et les choix d'écriture : un système avec une rémunération à la page lue est un système qui récompense et valorise en priorité les "cliffhangers" et le suspens au-dessus de tous les autres "genres". Il récompense tout ce qui garde les lecteurs accrochés" ("hooked"), même si cela se fait au détriment de l'emphase, de la nuance et de la complexité. »

    Le mode d’écriture changera mais pas de quoi faire fortune surtout si vous écrivez de gros pavés bien indigestes. Le maître de conférences en sciences de l'informationprécise : « Il pourrait surtout redéfinir entièrement notre rapport à  la lecture comme activité socio-culturelle "intime" ou "personnelle" et son volet "partageable". L'article de The Atlantic prend comme exemple celui du livre "Le capital au 21ème siècle" de Thomas Piketty, pavé de 700 pages, en rappelant (nombre d'articles de presse s'en étaient fait l'écho) le paradoxe qui faisait de ce livre un best-seller en termes de vente mais dont les statistiques de lecture disponibles (notamment par le biais du Kindle) indiquaient que la plupart des gens n'en avaient lu que quelques pages. Nous avons, en tant que lecteurs, tous déjà achetés des livres qui nous sont tombés des mains après quelques pages. »

    Pour l’instant les journaux ne précisent pas le montant touché par les auteurs pour chaque page lue, mais comme l’écrit Le Monde : « Amazon continue d’innover dans l’industrie littéraire et risque de faire à nouveau grincer des dents. », ce qu’un commentaire de l’article résume ainsi « Amazon veut juste payer les auteurs moins cher. Le reste est de l'emballage marketing. »

     

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