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Editeurs - Page 4

  • Livres sur le foot, la Coupe est pleine

    La France championne du monde de livres sur la Coupe du monde 2018 ?

    L’activité de l’édition sera sûrement relancée par la quantité de titres à paraître consacrés à la victoire de l’équipe de France de football. Livres Hebdo dans son édition du 16 juillet (article payant) en publie une première liste. Le premier sera Champions – Les Bleus sur le toit du monde, annoncé pour le 20 juillet et sera diffusé par les éditions Hugo Sport à 130000 exemplaires. Le 25 juillet ce sera le tour de Champions du monde ! La fabuleuse histoire du deuxième sacre mondial des Bleus, un album photos souvenirs édité par Hachette Pratique, et de Merci les Bleus! L'épopée des champions du monde 2018, aux éditions Marabout. La deuxième salve de titres continuera fin août avec La deuxième étoile (Marabout), Le livre d’or de la Coupe du monde 2018 (Solar), et L’année du football 2018 (Calmann-Lévy). Nul doute que la série continuera à la rentrée et surtout pendant la période de Noël.

    Une effervescence éditoriale de circonstance qui devrait compenser les mauvais chiffres du secteur en 2017 dévoilés par Actualitté se basant sur un rapport du Syndicat National de l’Edition : « avec 2,837 milliards € réalisés en 2016, contre 2,792 milliards €, c’est un recul de 1,61 % qui est constaté sur l’échantillon des 160 maisons (650 marques éditoriales). En volume, même punition : on recule de 1,05 %, à 430 millions d’exemplaires contre 434,5 millions. » En cause, l’élection Présidentielle qui a détourné l’électeur des librairies, mais le site spécialisée constate que cette mauvaise passe du premier semestre a été compensée par une augmentation notable des livres de poche et cite le SNE : « Le poche connaît aussi des long-sellers : L’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante ou La fille du train de Paula Hawkins ont continué à bien se vendre en 2017. Les livres qui ont inspiré des adaptations en film ou série réalisent de belles performances, comme Au revoir là-haut de Pierre Lemaître ou La servante écarlate de Margaret Atwood ».

    Si la Coupe du Monde dope le monde de l’édition, la rentrée elle aussi promet un tout autre sport avec plus de 567 romans, dont nombre de premières œuvres, qui vont arriver dans les librairies.

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    Photo : Le foot de Géraldine Maincent et François Foyard (Larousse) paru en 2016.

  • Trois informations sur le livre

    Un conflit d’intérêt, la disparition d’un important éditeur, et une bibliothèque de quartier incendiée, ainsi va le monde de l’édition en ce mois de juillet.

    Il aura fallu plusieurs mois au gouvernement français pour s’apercevoir qu’il risquait d’y avoir conflit d’intérêt entre la fonction de ministre de la Culture de Françoise Nyssen et ses anciennes fonctions à la tête de la maison d’édition Actes Sud (désormais dirigée par son mari). Le Premier ministre lui a donc « retiré la régulation économique du secteur de l’édition », une décision prise à la demande de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Ce n’est donc pas elle qui mènera les négociations concernant la réforme en cours du régime social des auteurs.

    On a appris le 9 juillet le décès accidentel à l'âge de 72 ans d’Alain Kouck, président du conseil d’administration d'Editis Holding. Le groupe Editis est la filiale du groupe l’espagnol Planeta, et réunit une cinquantaine d’éditeurs dont les Presses de la Cité, Belfond, Robert Laffont, Kurokawa, Pocket, 10/18, Le Robert, Nathan, Bordas, Julliard, Le Cherche-midi, La Découverte, First, Plon, Nil, Perrin, Seghers, XO. Alain Kouck était aussi membre du bureau du Syndicat national de l’édition, Vice-Président du conseil d’administration du Cercle de la Librairie (actionnaire majoritaire d’Electre et de Livres Hebdo), et président de Culture papier.

    Est-il vraiment utile de brûler une bibliothèque publique pour exprimer sa colère ? 20 minutes raconte ce qui c’est passé à Nantes : « Johanna Rolland, la maire de Nantes, très émue à son arrivée sur place, a déjà assuré que « la maison des Haubans sera reconstruite ». Des solutions étaient déjà en cours d’élaboration afin que la bibliothèque fonctionne de nouveau cet été. L’école primaire Bergson, située juste à côté, pourrait notamment mettre à disposition des locaux. « La bibliothèque municipale va redéployer des fonds pour que les habitants aient accès à des livres pendant les vacances », indique David Martineau, adjoint à la culture et au quartier Malakoff. » Quelques jours après la bibliothèque a ré-ouvert et fait un appel aux dons de livres. Le ministère de la Culture va lui aussi s’engager dans la reconstruction du lieu.

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  • Personnages de fiction et réalité juridique

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    A qui appartiennent les personnages d’Arsène Lupin, Nestor Burma, Sherlock Holmes, ou même, Superman, le Petit Nicolas, Astérix & Obélix, Tintin ? La question peut paraître incongrue tant leur existence semble liée à leurs aventures et à l’imagination de leur auteur.

    La Chronique Juridique d’Emmanuel Pierrat* dans Livres Hebdo nous apprend que tout ceci n’est pas si simple et qu’il y a certaines précautions à prendre car les personnages peuvent connaître des aventures hors du cadre éditorial ; adaptations cinématographies, jeux vidéos, sans oublier les produits dérivés, une deuxième vie commerciale dont il faut protéger juridiquement les revenus.

    Et même devant les tribunaux on s’y perd un peu. Emmanuel Pierrat cite le cas d’Angélique, la célèbre Marquise des Anges, dont la Cour d’appel de Paris a conclu en 2000 que "le prénom d’Angélique est un prénom connu sur le territoire français, (…) il a été porté par divers personnages de l’histoire et déjà utilisé dans des œuvres littéraires ; (…) en adoptant pour désigner l’héroïne des romans ce prénom, les auteurs n’ont manifesté aucun effort de création, ne procédant qu’à un choix parmi des prénoms connus". Un an plus tard la Cour d’appel de Versailles estime au contraire que le titre Angélique "correspond à celui d’une héroïne précise, parfaitement reconnaissable et sur l’identité de laquelle le public ne peut se tromper », et reconnaît à l’auteure Anne Golon l’originalité de son personnage.

    Malgré tout, il semble recommandé aux auteurs de faire preuve de singularité dans leur création aussi bien dans le sujet, le récit, que dans les prénoms et noms donnés aux personnages. A l’auteur et à l’éditeur de stipuler dans les contrats tous les droits d’exploitation extérieur au livre comme le recommande l’auteur de l’article.

    Autre conseil donné par l’avocat, le dépôt en tant que marque du personnage et de son nom. Une protection explique-t-il qui « se révèle avantageuse dans les cas où le personnage risque de tomber dans le domaine public. Le droit des marques possède en effet l’immense intérêt d’assurer une protection éternelle, sans risque de domaine public, si les dépôts sont renouvelés en temps et en heure. »

     

    *Emmanuel Pierrat, est un avocat parisien spécialisé dans le droit de l’édition. Il est également l’auteur de très nombreux ouvrages spécialisés ou de fiction. Ses chroniques de Livres Hebdo ont été réunies dans Le Droit de l'édition appliqué, deux volumes parus en 2000 et 2002 (Éditions du Cercle de la librairie).

    Photo : le personnage de Bécassine créé par l'écrivaine Jacqueline Rivière et le dessinateur Émile-Joseph-Porphyre Pinchon. Le film tiré de ses 27 albums (Gautier Languereau) réalisé par Bruno Podalydès est actuellement diffusé dans les salles de cinéma.

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