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  • Rentrée littéraire, gratuité des textes, et sexisme dans la BD

    Les libraires sont en première ligne de la rentrée littéraire. Un reportage de Culturebox diffusé sur FranceTVinfo montre comment une grande librairie comme L’Armitière à Rouen fait face à cet afflux de livres (lien sur l'image) :

    Blog Rouen.png

    La gratuité, c’est le vol affirme un livret édité (gratuitement ?!) par le syndicat National de l’édition. A son propos, idBoox écrit « Ce manifeste contre l’Union européenne, et la réforme du droit d’auteur qui se prépare est lancé comme un cri d’alerte ». Le site spécialisé dans l’édition rajoute : « Très alarmiste, le SNE écrit : « « La gratuité, c’est le vol ». Derrière ce titre-slogan repris à Denis Olivennes, la crainte de toute l’industrie culturelle et créative européenne de voir supprimer le droit d’auteur. Est-il vraiment menacé ? Oui, par les mirages du numérique auxquels une directive européenne et un projet de loi en France entendent donner force de loi. Il y a urgence. »

    Cinquante mille exemplaires ont été imprimés et vont être distribués gratuitement dans les librairies dès le 10 septembre. Il n’y aura pas de réimpression. Trois mille libraires dans toute la France ont reçu au total 35 000 exemplaires. Bien entendu, le livre est en téléchargement gratuit sur un site dédié baptisé « auteursendanger ». Depuis l’annonce de cette publication lundi, les réseaux sociaux se sont embrasés, entre défenseurs de l’initiative et farouches opposants.
    Le SNE répond par une campagne sur Twitter avec @auteursendanger #AuteursEnDanger #TouchePasAMonLivre. »

    Le milieu de la bande dessinée est-il sexiste ? C’est ce que pensent une centaine d’auteures qui se sont réunies pour créer le « Collectif des dessinatrices de bande dessinée contre le sexisme ». Leur site web publie une charte et des témoignages vécus de dessinatrices.
    Deux extraits de la charte :

    "Nous attendons des créateurs, éditeurs, institutions, libraires, bibliothécaires et journalistes qu’ils prennent la pleine mesure de leur responsabilité morale dans la diffusion de supports narratifs à caractère sexiste et en général discriminatoire (homophobe, transphobe, raciste, etc). Nous espérons les voir promouvoir une littérature qui s’émancipe des modèles idéologiques basant les personnalités et actions des personnages sur des stéréotypes sexués."

    "Nous encourageons les libraires et les bibliothécaires à ne pas séparer les livres faits par des femmes ou soi-disant adressés aux filles lorsqu’ils organisent leurs étalages. Le fait que des héroïnes soient plus présentes et actives que les personnages masculins ne veut pas dire que les garçons et les hommes ne peuvent pas s’y identifier et en aimer le récit."

  • La librairie Un Regard Moderne

    Il faut aimer passionnément les livrespour aller dénicher à la librairie Un Regard Moderne  à Paris, celui que l’on cherche. Une vidéo dénichée sur Youtube (ci-dessous) donne l’exacte idée de ce labyrinthe inextricable qui recèle des milliers de trésors de la littérature, du dessin, ou de la bande dessinée et où seul Jacques Noël, âme damnée du lieu, sait vous le trouver.

     

     

    Une librairie originale décrite ainsi par un journaliste des Inrocks, qui y rencontre Pierre Lescure : « L’homme de Canal+ m’a donné rendez-vous au Regard Moderne, une grotte de papier déviante, une caverne d’ouvrages séditieux, un capharnaüm où l’on ne tient pas à plus de deux ou trois personnes, accueillis par le tenancier, Jacques, entre dix piles dégringolantes de bouquins situs, de photos de pin-up 50’s, de grimoires érotiques ou de fac-similés de manuscrits de Céline qui menacent de vous ensevelir. »

    Au mois de janvier, le site Time Out racontait son histoire : « Libraire depuis les années 1960, longtemps aux Yeux fertiles à quelques mètres de là, Jacques a ouvert ce magma d'encre et de papier en 1991, entretenant l'héritage de la Beat Generation : on ne dirait pas aujourd'hui, en regardant les luxueux hôtels pour touristes qui encadrent l'angle de la rue Saint-André-des-Arts, mais c'est bien ici qu'échouèrent Ginsberg, Burroughs & Co, il y a plusieurs décennies de cela. Vous l'aurez compris, Un Regard Moderne, dont le nom évoque évidemment le supplément de Libé que pilotaient les graphistes de Bazooka à la fin des années 1970, ne propose pas que du neuf. Ici, il y a absolument tout : de la musique à la BD, des brochures autoproduites aux petits romans érotiques eighties. L'une des plus extraordinaires librairies de Paris, de celles qui semblent vivre comme un corps autonome, le Regard Moderne recrache certaines œuvres en haut des piles un jour pour en avaler d'autres le lendemain, les conservant parfois pendant plusieurs années dans les méandres de ses entrailles. A l'image de son libraire, que l'on imagine bien avoir creusé sa tanière dans cette montagne d'écrits, un peu comme ça. »

    En 2013, sur le blog Gonzaï, dans un long entretien, Jacques Noël parlait de son métier : « Le livre a cette identité que je me sentais de, disons, vendre. On vit dans une société où malheureusement le commerce tient tous les rênes du marché: vendeurs, acheteurs, etc. Le livre me paraissait le seul bien culturel qui capable de devenir différent entre les mains du lecteur qui le lirait. Et ça me passionnait. En tant que libraire, on a l’impression d’être à la fois magicien et pharmacien en trouvant le remède à ce que l’acheteur recherche. À mes yeux le libraire est là pour surprendre une clientèle toujours à l’affût de quelque chose qu’elle ne connaîtrait pas. Internet est un terrible vautour qui permet à une clientèle de savoir des choses avant nous. Un libraire ne peut travailler qu’un livre édité et distribué. Avec internet les gens connaissent toutes les informations à l’avance. Le seul moyen de faire découvrir quelque chose est qu’il ne soit pas sur Internet. Et s’il n’est pas sur le net c’est qu’il n’existe pas et là le combat est impossible: je ne peux vendre quelque chose qui n’existe pas. (…) »

    Un regard Moderne , 10, rue Gît-le-cœur, 75006 Paris. Sur Facebook : https://www.facebook.com/UnRegardModerne

  • "Le parfum des livres"

    Le Monde diplomatique à propos de la disparition du livre ( Le parfum des livres ) :

    (...) Mais le refus de désespérer n’interdit pas la lucidité alarmée. Le grand connaisseur de l’histoire de la culture écrite Roger Chartier n’a jamais nié qu’existe le risque de la relégation, sinon de l’oubli de la lecture des livres, comme le rappelle Virgile Stark, qui le cite. Dans un éblouissant recueil d’essais érudits, « La Main de l’auteur et l’Esprit de l’imprimeur », Chartier n’en soutient pas moins à sa manière l’hypothèse du caractère indépassable et imperfectible du codex, même s’il est d’accord avec l’écrivain argentin Jorge Luis Borges pour penser que tous les livres parus dans le monde ne forment qu’un seul Livre.
    Des « marchands futés » ont conçu, souligne Virgile Stark, des « bougies spéciales dégageant un parfum de vieux livres » à l’usage des lecteurs frustrés par la froideur inodore de leur écrans. On n’en a peut-être pas fini avec le papier, avec l’objet concret que le lecteur touche, plie, annote, oublie sous la pluie et retrouve sous le soleil…(...)

    Le Nouvel Obs en juillet 2015 à propos du « journalisme narratif » :

    (...) « Putain de prolifération »: une bonne manière de définir ce journalisme littéraire américain issu des grands magazines de la côte Est. Les Américains appellent ça narrative non-fiction, long form ou narrative journalism. Le genre a ses héros: Truman Capote, Tom Wolfe, Norman Mailer, Joan Didion, Hunter S. Thompson, Janet Malcolm, Gay Talese, David Foster Wallace. Il a son identité propre. Le sujet est souvent à mi-chemin entre l’ordinaire, apanage du roman, et le spectaculaire, domaine de la presse. La méthode d’investigation est rigoureusement journalistique, mais l’écriture convoque les techniques de la narration littéraire : mise en scène, caractérisation des personnages, subjectivité assumée du narrateur, souvent présent et actif. L’écriture est travaillée, mais s’impose - journalisme oblige - de rester limpide. » (...)

    Le site L’ivre de lire à propos de l’écrivain Johann Zarca (septembre 2015) : (...) Le style de Zarca ? De ses propres mots, il écrit de la littérature vandale, c’est à dire une littérature qui violente les mots et le style, rejette les formes établies par trop souvent moralisatrices, pour déconstruire ce qu’on appelle « littérature », sortir du psychologisme sclérosant qui baigne cette rentrée littéraire et la littérature française en général, pour retrouver, sur un rythme effréné et jouissif le bonheur tout immédiat de nous raconter de putains de bonnes histoires. (...)

    Le Huffington Post à propos de « Pourquoi est-ce si difficile de se séparer des livres ? - juillet 2015 ) : (...) Conserver les livres c'est accepter la vibration qu'ils apportent dans votre vie. Les livres dont vous vous entourez ne devraient vous apporter qu'un réel plaisir. S'ils sont sur une bibliothèque pour impressionner vos invités, vous vous laissez imprégner lentement mais sûrement par leur énergie. (...)

    Photo : Article publié par Actualitté.com (2012)

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