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  • Le Dilettante, un plaisir partagé

    « Billie » le dernier roman d’Anne Gavalda – éreinté par la critique* –, était classé en décembre 11ème du Top 20 Ipsos/Livres Hebdo avec une vente de plus de 100 000 exemplaires (source Livres Hebdo).« L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea » de Romain Puertolas, vendu à plus de 80 000 exemplaires, a été  traduit en plus de 35 langues et était en deuxième place des livres les plus vendus à Noël 2013 (source Challenges). Le point commun entre ces deux succès c’est d’être publiés par une maison d’édition pas comme les autres, Le Dilettante.

    ChatDilettante.jpgEn 1972, Le Dilettante était une librairie du 13ème arrondissement de Paris qui vendait aussi des livres d’occasion et ce n’est qu’à partir de 1984 qu’elle commença à éditer des auteurs comme Bernard Frank, Eric Holder, Emmanuel Bove, Henri Calet, mais également Vincent Ravalec, Martin Page, ou Anna Gavalda. Aujourd’hui la librairie existe toujours mais a déménagé dans le 6ème arrondissement au 19 rue Racine, adresse qui accueille aussi la maison d’édition. Une autre librairie à l’enseigne du chat qui dort se trouve à Montolieu, village du livre et des arts graphiques, à quelques kilomètres de Carcassonne.

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    Dominique Gaultier, fondateur et âme de cette maison d’édition déclarait en octobre 2013 au Figaro à propos de ses réussites « je m'efforce de ne jamais être surpris par un succès car j'estime que tous les livres que je publie devraient avoir un minimum d'audience. Faire un livre est un travail considérable. Pour celui qui l'écrit, bien sûr, mais aussi pour celui qui l'édite. Cela demande énormément d'énergie, d'opiniâtreté, d'investissement personnel. On espère trouver auprès du public une reconnaissance pour le travail accompli. Parfois, le public ne suit pas, et ça rend triste. D'autres fois, son accueil dépasse toutes nos espérances. C'est ce qui fait le charme de ce drôle de métier : on n'est jamais sûr de rien. »

    Un « drôle de métier » pratiqué avec passion. Au mois de décembre l’éditeur et Anna Gavalda se mobilisaient pour soutenir la librairie Chapitre  d’Angoulême, une signature considérée comme « un geste fort » par l’équipe confrontée à la menace de fermeture.

    Le site Internet du Dilettante.

    Billie.jpg* Une critique toujours aussi visionnaire : « Anna Gavalda, Billie le bide » Le Figaro,  « Le nouveau Gavalda ? Mauvais, c'est tout » Le Nouvel Observateur, « Un talent galvaudé » Paris Match.

     Le prochain livre, d’Anna Gavalda « La Vie en mieux » un recueil de deux longues nouvelles, est prévu pour le 12 mars 2014.

     Dans Paris Match un article sur Dominique Gaultier, fondateur de la maison d’édition, signé Florian Zeller (2009).

  • Librairies Chapitre toutes ne sont pas encore sauvées

    « « On est très contents, très satisfaits ». Marie-Paule Pézière, la responsable de la librairie Chapitre de Cherbourg, a pu réveillonner l'esprit tranquille. Son magasin fait parti des onze librairies dont la cession a été validée par le tribunal de commerce de Paris la semaine dernière. Et elle a bien de la chance : 41 de ses confrères cherchent toujours un repreneur, après le placement en liquidation judiciaire de l'enseigne Chapitre. » pouvait-on lire le 2 janvier dans Ouest-France. Un épilogue heureux pour cette librairie créée en 1999 qui emploie 15 personnes et qui a désormais à sa tête Pascal Robert, le PDG du Leclerc de Tourlaville. Mais, comme le souligne l’auteur de l’article, d’autres librairie du groupe Chapitre en liquidation judiciaire restent à sauver.

    D’après l’AFP, « Sur les offres de reprises validées par le tribunal de commerce, les éditions Albin Michel reprennent cinq librairies Chapitre à Paris, Limoges, Orléans, Besançon et Lorient. Une des deux librairies de Nancy est reprise par le groupe Madrigall (Gallimard), tandis que les établissements d'Angoulême et Saint-Brieuc sont repris par leurs actuels directeurs. La librairie de Perpignan est reprise par un directeur régional de Chapitre, celle de Montélimar par un libraire et celle de Cherbourg par le propriétaire du centre Leclerc. »

    Mais beaucoup sont encore dans l’incertitude comme la librairie Chapitre "Les Volcans"  de Clermont-Ferrand, celles de Nantes, ou encore les librairies Chapitre de Bourgogne à Dijon, Nevers et Chalon-sur-Saône.

    A Toulouse, la librairie Chapitre menacée de fermeture, a été rachetée dès le mois d’octobre 2012 par Benoît Bougerol, propriétaire de la maison du livre à Rodez et a retrouvé son nom d’origine, Privat, qu’elle portait lors de sa fondation en 1839. Son nouveau patron a gardé les 16 salariés et veut augmenter de 20% le chiffre d'affaires (source France 3). Il faut noter que  Toulouse a vu fermer la même année une autre librairie « historique » Castela ainsi que son magasin Virgin.

    Le Figaro, qui consacre un article aux éditeurs Gallimard et Albin Michel qui se mobilisent pour reprendre les librairies Chapitre, s’interroge « Quel intérêt ont ces éditeurs à investir dans des établissements déficitaires ? » et publie la réponse de Francis Esmenard, PDG d’Albin Michel, qui déclare « J'essaie seulement de faire un effort pour pérenniser cette activité, car c'est dramatique pour l'édition et la culture de voir mourir des grandes librairies de centre-ville en province. »   

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  • L’année 2014 de la bande dessinée

    Meilleurs vœux à tous !

    En 2014, pourra-t-on lire un livre sur sa montre ou sur ses lunettes connectées ? Les livres en 3D vont-ils faire leur apparition et changer notre perception de la lecture ? Dans l’attente de la technologie idoine et même si le livre numérique continue inexorablement à gagner des parts de marché, une chose reste sûre : Quel que soit le support, les auteurs doivent continuer à faire assaut d’imagination pour le plus grand plaisir des lecteurs que nous sommes. C’est tout ce qu’on peut souhaiter pour cette nouvelle année.

     

    L’année 2014 de la bande dessinée

    « De mémoire d'éditeur, on n'avait pas vu ça depuis dix-sept ans. La production d'albums de bande dessinée en Europe francophone a baissé en 2013. Au total, 5.159 titres ont été publiés sur l'année, soit un recul de 7,3 % par rapport à 2012, selon le rapport annuel publié hier par l'Association des critiques et journalistes de bande dessinée (ACBD). « La baisse est essentiellement due à la réduction de l'offre des grands groupes », explique Gilles Ratier, secrétaire général de l'ACBD. La bande dessinée est néanmoins l'un des segments de l'édition qui résistent le mieux à la crise. Selon Livres Hebdo-Electre, la production de BD a représenté, cette année, 6,7 % de la production éditoriale totale sur le marché français. »

    A quelques semaines du 41ème festival de la bande dessinée d’Angoulême ce constat fait par Les Echos le 31.12.2013 risque de générer un climat de morosité dans les rues de la ville. Car si les éditeurs tirent leur épingle du jeu, il n’en va pas de même pour les auteurs, scénaristes, dessinateurs, coloristes, qui ont du mal à vivre de leur travail.

    511z7Qw6ocL.jpgEn 2011, le dessinateur Kriss analysait déjà la situation sur sa page Facebook « Ce n'est pas aux auteurs de financer cette politique d'augmentation éditoriale (vous remarquerez que je n'emploie pas le terme de "surproduction" qui implique déjà un jugement de valeur que je ne partage pas). Or, nous avons parfois le sentiment, non seulement de le faire, mais de le faire quasi-intégralement. En effet, la seule chose qui ne baisse pas, il me semble, c'est la capacité des groupes éditoriaux à bien vivre de leur activité. Je ne leur reproche rien, je suis très content pour eux et l'inverse nous serait bien plus préjudiciable à nous, auteurs. Mais justement, je vois aujourd'hui trop d'auteurs qui crient carrément famine et je n'ai pas vu un seul groupe éditorial un tant soit peu important être en difficulté depuis 20 ans. Au contraire, je vois des éditeurs parmi les plus grandes fortunes de France et je vois des maisons d'édition s'échanger ou se revendre à coups de dizaines de millions d'euros. »

    Si des noms comme Uderzo avec Astérix, ou Geluck avec son Chat, occupent aujourd’hui l’espace médiatique et les rayons des librairies, il faut remarquer que seuls quelques-uns des 1492 auteurs recensés par Gilles Ratier vivent vraiment de leur métier. Et l’avenir ne semble pas leur ouvrir plus de perspectives, si l’on en juge par le retard (et le peu d’investissements dans ce domaine) pris par les éditeurs dans l’offre numérique.

    Le rapport intégral de Gilles Ratier est à lire sur le site de l’ACBD, association des critiques et journalistes de bande dessinée.

    Photo : l'intégrale de Mafalda, personnage créé par Quino, qui fêtera ses 50 ans à Angoulême en janvier 2014.

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