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  • La Francophonie mot à mot

    « Ma patrie, c’est la langue Française », Albert Camus.

    Si nombre d’auteurs français sont traduits à l’étranger, il faut bien constater la prédominance de la langue anglaise dans la littérature mondiale. La Francophonie tente vaillamment de résister à ce raz de marée linguistique et culturel. Cette année, plusieurs évènements en France et dans le monde lui ont été consacrés, ou le seront prochainement, une façon comme une autre de mesurer son influence.

    Au mois de juin c’était la ville de Nice qui mettait « La Francophonie à l'honneur » dans le cadre de son salon du livre, sous la présidence de Amin Maalouf de l’Académie Française. La manifestation a accueilli dans le Vieux Nice plus de 250 écrivains du monde entier, en prélude à l’accueil en septembre des Jeux de la Francophonie qui réunissent actuellement près de 3 000 jeunes venus des cinq continents, les Chefs d’états et les délégations des nations participantes. Dans un communiqué, « Nice 2013, capitale de la Francophonie » précise qu’aujourd’hui « la planète compte 220 millions de francophones dont 96,2 rien que pour le continent africain. Le français est la 9ème langue la plus parlée au Monde ! »

    De l’autre côté de la Méditerranée,  c’est au Liban que se déroulera du 1er au 10 novembre 2013, le 21ème Salon du Livre francophone de Beyrouth. L’an passé, pour célébrer son 20ème anniversaire, la manifestation recevait six membres de l’Académie Goncourt Edmonde Charles Roux, Tahar Ben Jalloun, Bernard Pivot, Pierre Assouline, Didier Decoin et Régis Debray, qui annoncèrent à cette occasion les quatre titres sélectionnés pour le prix Goncourt 2012.

    Autre éclairage sur la francophonie, celui qu’apportent les Francophonies du Limousin qui depuis 30 ans présentent des spectacles autour de la langue française et qui pour marquer cet anniversaire « s’est donné aussi le projet de faire la part belle à l’écriture, aux auteurs, à la création littéraire : l’histoire du festival doit tout aux écrivains et cette édition est une sorte de retour aux sources. »

    Enfin, mais entre autres, du 15 au 23 mars 2014 dans toute la région Rhône-Alpes se déroulera « La Semaine de la langue française et de la francophonie », des ateliers artistiques, des spectacles, des expositions, des soirées festives, des conférences, des lectures, autour du thème « Dis-moi dix mots à la folie ».

    Gouttes d’eau dans un univers anglophone les initiatives se multiplient malgré tout. C’est le cas au Danemark où l’Institut français organise lui aussi son festival ou au Canada avec « Les rendez-vous de la Francophonie ». Dans ce pays le ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles écrit dans son mot de bienvenue « Notre gouvernement est fier d'encourager le dynamisme de la francophonie canadienne, tout en mettant en valeur le français, l'une de nos langues officielles et un élément important de notre patrimoine. »

     

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  • Comment faire parler de son livre de rentrée ?

    555 romans français (dont 86 premiers romans) et étrangers  sont publiés en cette rentrée 2013 contre 650 en 2012. Un véritable casse-tête pour les éditeurs et leur service de presse. Comment se distinguer, pour un auteur, dans cette pile de nouveautés qui n’auront qu’une courte vie commerciale si Le Monde des livres, les Inrocks, ou  Femme actuelle, n’y consacre pas quelques lignes.

    Pas de problème pour les œuvres des bons clients des médias, comme Jean d’Ormesson et sa bonhomie immortelle, ou Amélie Nothomb et ses chapeaux étonnants et coiffures farfelues qui font des photos originales pour illustrer des articles.

    Ensuite, il y a  l’originalité des sujets. Les Inrocks justement s’interrogent sur l’apparition d’un nouveau genre littéraire avec le livre de Christopher Hitchens, qui « a tenu la chronique de sa condamnation à mort par le cancer.»

    On peut aussi se lancer dans l’aventure avec un patronyme célèbre comme Marie Modiano qui publie (fin octobre)  Upsilon Scorpii (Gallimard), sans oublier l’humour déjà présent dans le titre, comme L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea, de Romain Puértolas (Le Dilettante).

    Un bon livre « trash » peut aussi attirer l’attention et permettre de sortir le titre du lot. Le quotidien Métro présente ainsi Petites morts, de Charlotte Roche (Flammarion) « En 2006, Zones humides avait fait connaître l'actrice-chanteuse-productrice-animatrice allemande Charlotte Roche, pour son apologie des pratiques anales et de l'hygiène négligée. Il n'en fallait pas plus pour lancer le buzz autour de cette jeune femme qui décrit crûment les expériences de sa nouvelle héroïne, Elisabeth Kiehl, dans son deuxième roman, Petites morts. La trame, très autobiographique, promet deuil, sexe, effroi, humour noir : du Christine Angot en mieux. »

    Après le succès de 50 nuances de Grey de E.L James, le filon ne semble pas prêt de se tarir comme on le constate avec Eric Emmanuel Schmidt et Les perroquets de la place d'Arezzo (Albin Michel) où le lecteur, précise Le Parisien, trouvera « des séquences vraiment érotiques présentant parfois des jeux sado masochistes. »

    Pour autant on ne peut pas en conclure que la recette pour un bon roman de rentrée est de le faire écrire par un écrivain de 88 ans arborant un couvre-chef photogénique détaillant sa carte Vitale et ses turpitudes sexuelles.

    b_248.jpgEt puis dans cette rentrée, il y a des livres plus discrets, bien loin du roman mais qui méritent notre attention. Le site Actualitté présente ainsi le parcours de Claude Huet qui vient de publier La descente aux enfers (éditions ABM) : « Avant de sombrer dans la rue pendant neuf ans au début des années 2000, Claude Huet était chef d'une petite entreprise de BTP à la Réunion. C'est en partie grâce à la publication de son premier ouvrage, Dix Jours, neuf nuits(éditions ABM), en 2010, qu'il commence à remonter la pente. Il faut dire que durant sa chute, l'ancien SDF écrivait son journal, un goût pour l'écriture qui lui permettait aussi de s'évader. » 

  • Pourquoi font-ils des livres ?

    • « D’habitude , on n’arrive pas à se dépêtrer de l’amour-passion. Eh bien, en l’occurrence, c’est ce qui m’est arrivé. Un jour cette histoire a cessé de me tourmenter. C’était en cours d’écriture, vers 1998, et le projet a changé de nature. L’idée n’a plus été que de faire le plus beau livre possible. Un livre avec le plus de vérité possible. »

    Dominique Noguez auteur de Une année qui commence bien ( Flammarion) dans Le Monde des livres.

    • « Tout ce que l’on aime devient une fiction. La première des miennes fut le Japon. A l’âge de cinq ans, quand on m’en arracha, je commençai à me le raconter. Très vite, les lacunes de mon récit me gênèrent. Que pouvais-je dire du pays que j’avais cru connaître et qui, au fil des années, s’éloignait de mon corps et de ma tête? »

    Amélie Nothomb, premières lignes de La nostalgie heureuse (Albin Michel).

    • « Le Chemin n'est pas la liberté, il est même en réalité une forme d'astreinte puisqu'il contraint jour après jour à accomplir un effort qui pèse de plus en plus. Se lever chaque matin, hisser son sac, affronter la pluie, marcher 40 km, dormir dans des conditions bien peu orthodoxes... En revanche, le Chemin prépare à la liberté parce qu'il oblige au dépouillement. Peu de temps après mon retour, lors de l'écriture de Le Grand Cœur - une biographie de Jacques Cœur -, j'ai situé à sa disgrâce, à l'écroulement de son pouvoir et de sa richesse, et donc à son incarcération, le moment où ce grand argentier et voyageur du XVe siècle rencontre la véritable liberté. C'est en effet en prison, nu, débarrassé de tout ce qui avait fait sa puissance, qu'il confie être "enfin" libre. »

    Jean-Christophe Ruffin auteur de Immortelle randonnée (Guérin) extrait d’un long entretien à La Tribune.

    • « Je crois que c'est ça que je reproche aux livres, en général, c'est qu'ils ne sont pas libres. On le voit à travers l'écriture : ils sont fabriqués, ils sont organisés, réglementés, conformes on dirait. Une fonction de révision que l'écrivain a très souvent envers lui-même. L'écrivain, alors il devient son propre flic. J'entends par là la recherche de la bonne forme, c'est-à-dire de la forme la plus courante, la plus claire et la plus inoffensive. Il y a encore des générations mortes qui font des livres pudibonds. Même des jeunes : des livres "charmants", sans prolongement aucun, sans nuit. Sans silence. Autrement dit : sans véritable auteur. Des livres de jour, de passe-temps, de voyage. Mais pas des livres qui s'incrustent dans la pensée et qui disent le deuil noir de toute vie, le lieu commun de toute pensée. »

    Marguerite Duras dans Ecrire (Folio).

    • « Les plus beaux voyages, c'étaient les livres. Non pas les films ni les terribles photographies qui imposaient déjà leurs paysages et leur redoutable pittoresque à ceux qui les regardaient. Mais les livres, qui laissaient libre cours à l'imagination et au rêve. Ils nous arrachaient à nous-même, et ils nous y renvoyaient. »

    Jean d’Ormesson dans Qu’ai-je donc fait ? (Robert Laffont). Vient de publier Un jour je m’en irai sans en avoir tout dit (Robert Laffont).

    • « Ce que j'aime, c'est provoquer l'imagination du lecteur à travers des choses qui ne soient pas descriptibles. Ne jamais décrire, toujours suggérer. C'est Colette qui disait cela. Suggérer demande au lecteur une grande participation. Mais je crois que c'est pour cette raison que les lecteurs se souviennent si bien de mes livres: parce que je les fais travailler. »

    Eric-Emmanuel Schmidt, dans L’Express en 2007. Vient de publier Les perroquets de la place d’Arezzo (Albin Michel). 

    • « L’album pour enfants, c’est du dessin presque animé, la liberté en plus ! Il y a tout le vide, tout ce qui se passe dans ce qui n’est pas dessiné ou dit, dans le blanc. Il y a un espace, une liberté entre chaque page, chaque dessin. C’est bien de laisser toutes ces portes ouvertes à l’interprétation : il y a le texte et la manière dont les lecteurs le comprennent : il faut faire confiance au enfants. »

    Michel Van Zeveren, auteur de Je, tu, il m’embête (Pastel) dans Le Monde des livres.

    A suivre...

     

    Dominique Noguez, Amélie Nothomb, Jean-Christophe Ruffin, Marguerite Duras, Jean d'Ormesson, Eric-Emmanuel Schmiidt, Michel Van Zeveren

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