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  • Spécial Salon du Livre

    A quoi sert le Salon du livre de Paris dont la prochaine édition se déroulera du 22 au 25 mars à Paris ? A vendre des livres pour les éditeurs, à rencontrer des auteurs pour les lecteurs..., mais est-ce suffisant pour que le public vienne en nombre comme l’espèrent les organisateurs ?

    « Une visite au Salon du livre est toujours la promesse de mille découvertes, et autant de rencontres », formule un peu passe partout, mais que Le Figaro présente comme un engagement de Vincent Montagne, président du syndicat national de l'édition, et de Bertrand Morisset, le commissaire du Salon.

    Pas facile de se renouveler après 33 éditions et de faire se déplacer aux portes de la capitale un public - payant - qui se raréfie dans le temps.

    Pour se décider à y aller, le mieux est sans doute d’étudier le programme pour choisir entre « 2000 auteurs, 1200 exposants et des centaines de débats ». Le salon ayant déjà fait depuis sa création un vaste tour du monde en mettant à l’honneur chaque année un pays, c’est la littérature roumaine qui sera célébrée cette année, et Barcelone qui sera la ville invitée. Pourquoi pas ?

    Le Figaro, lui, essaie de nous allécher en présentant « dix têtes d’affiche » parmi lesquelles on trouve Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012, Joël Dicker, Tatiana de Rosnay, Marc Levy, Amélie Nothomb, ou encore l’exposition des 60 ans du Livre de Poche.

    Cependant cette brochette d’écrivains ne semble pas suffisante pour attirer les foules car les organisateurs font par ailleurs la part belle à la bande dessinée, au point que le site spécialisé ActuaBD écrit « Toujours est-il que rarement la bande dessinée aura été aussi présente au Salon du Livre de Paris. Une bande dessinée commerciale, transgénérationelle, qui s’appuie sur des marques fortes » et de préciser « Comme à la Foire du Livre de Bruxelles la semaine dernière, le Salon du Livre de Paris déroule un tapis rouge molletonné à la bande dessinée, produit d’appel pour un marché du livre en crise. »

    Zep et son personnage Titeuf dont les albums se vendent à des millions d’exemplaires depuis 20 ans, Arleston auteur à succès avec 131 albums, ou encore une exposition sur les Mangas vont peut-être attirer des hordes d’enfants et d’ados fanatiques.

    Une chose est sûre, à l’heure où l’objet livre tend à sedématérialiser, le Salon a au moins un mérite, celui de réunir physiquement des milliers de professionnels et d’amateurs, et de démontrer ainsi que l’univers du livre est encore vivant et porteurs de belles rencontres.

    Salon du livre de Paris : Parc des Expositions, Porte de Versailles. Pavillon 1. 75015 Paris. Site internet: www.salondulivreparis.com

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  • Il court, il court, le roman court

    Fini les gros pavés de livres qui encombrent nos tables de nuit et surchargent nos valises, voilà les « romans courts » qui arrivent dans les librairies et sur nos tablettes tactiles. Une autre façon de « consommer » la littérature et d’entretenir le plaisir de la lecture ?

    Le site des éditions Humanis dresse le profil de ce type de livres et en détaille les avantages (surtout pour les éditeurs) : un roman court se vendra plus facilement, sera plus facile à éditer, se terminera plus facilement et, laissera de la place à un deuxième roman.

    Romans courts, Stéphane Hessel, Mille et une nuits, Librio, Matin brun,Il est vrai que le phénomène « Indignez-vous ! » de Stéphane Hessel, 30 pages – à 3 euros - traduites en 34 langues et diffusées à plus de 4 millions d’exemplaires a montré la voie, mais c’est oublier qu’un livre comme Matin Brun de Franck Pavloff – 10 pages – s’était déjà vendu en 2002 à près d’un million d’exemplaires (éditions Cheyne).

    Déjà en 1993, les éditions Mille et une nuits, proposaient des livres de petit format à l’époque à 10 francs (1,50 euro) comme le raconte le site de la maison d’édition reprise depuis par la Librairie Arthème Fayard : "Maurizio Medico, libraire à Turin, s’installe à Paris où il rencontre Nata Rampazzo, graphiste réputé, qui dirige l’agence Rampazzo & Associés. Les deux hommes méditent l’expérience éditoriale d’Italo Calvino, créateur de la collection Centopagine (Einaudi) qui propose des textes classiques d’une centaine de pages, et étudient la réussite de la collection Millelire qui révolutionne alors le marché italien : les livres agrafés, imprimés sur papier recyclé, sont vendus au prix unique de mille lires. Ils décident de réaliser une adaptation française de ces deux concepts."  Leur slogan est encore aujourd’hui « des chefs d’œuvres de la littérature pour le temps d’une attente, d’un voyage ou d’une insomnie... ».

    L’année suivante sera créée par les éditions J’ai lu, Librio, une collection elle aussi à petits prix mais avec de grands auteurs et qui a depuis écoulé plus de 120 millions de livres.

    Pagination réduite n’est pas forcément synonyme d’absence de talent comme le montre la sélection de romans courts « pour les vacances (ou pas) » que propose le site Tribune livre et où l’on trouve les signatures de Stephan Zweig, et Irène Némirovski.

    Et puis après tout, pourquoi pas des livres courts, si chacun y trouve son compte, et même si lire un livre c’est défier le temps qui passe trop vite : l’auteur peut y exprimer son talent, les libraires voient de nouveaux lecteurs fréquenter leurs rayons, et l’éditeur gagne suffisamment d’argent pour éditer des romans, qui sait, un peu plus longs.


  • L'art de la dédicace

    Dans les stratégies pour faire connaître et vendre un livre, il existe les incontournables séances de dédicaces organisées par le service de presse de l’éditeur qui s’occupe de la promotion du livre.

    Un exercice souvent redoutable pour l’ego de l’auteur, car si certains n’ont aucun problème à attirer les foules, il n’en va pas de même pour d’autres moins exposés médiatiquement. La pire des situations étant celle où la file d’attente du stand d’à côté stationne devant la pile de livres de l'auteur quasi-inconnu, et ce pendant des heures en raison de l’affluence.

    Sur le blog Les nouveaux talents Caroline Vermalle raconte avec saveur « l’art délicat de signer des bouquins » et après avoir distillé quelques conseils judicieux, dresse le bilan réel de ces séances de « promotion » du livre.

    La signature est aussi un bel exercice d’humilité car, même parmi les gens connus, il y a les très connus du moment, ceux qui l’ont été, et ceux dont on ne sait plus où on les a vus.

    Comme si c'était vous

    En partant du principe que vous êtes un peu connu, il faut donc avant tout réussir à signaler votre présence dans un salon, une librairie ou le recoin d’une grande surface culturelle. Si les réseaux sociaux peuvent compenser l’absence d’entrefilet dans la presse locale, ce n’est pas une garantie de bonne fin de votre aventure.

    D’autant plus que la météo et le jour choisi – à éviter le samedi, jour des courses -, influent sur la motivation des lecteurs à se déplacer. Dans les salons, c’est souvent le dimanche après-midi où l’on voit arriver le public, mais c’est souvent le moment où l’auteur doit reprendre son train ou son avion pour rentrer chez lui.

    Une fois installé derrière votre table, accompagné de la libraire ou de l’organisateur, (et, avec un peu de chance avec votre nom écrit en gros, voire même une photo ressemblante) commence l’attente du « client ». Si celle-ci dure trop c’est l’instant que choisit votre mentor pour vous faire dédicacer quelques livres (qu’il a achetés) destinés à lui-même et à son entourage, et pour vous offrir le premier café.

    Malgré les années d’expériences que cumulent les organisateurs sur ce type de prestation, on peut aussi bien écouler une quinzaine de livres (un beau succès), comme se contenter d’une seule dédicace à la personne qui vous a demandé où était l'un de vos collègues, ou le rayon d’électro-ménager, mais qui vous a trouvé sympa. Un conseil : si un « amateur » se présente, entretenez le plaisir de la rencontre. Les dessinateurs de bandes dessinées l’ont bien compris, et font durer leur dédicace pour occuper leur temps et attirer les curieux.

    A écouter certains auteurs, les dédicaces permettent de découvrir qui sont leurs lecteurs. Une sincérité de circonstance, car il est assez rare que ces épisodes influent sur le contenu de leur livres, mais on ne sait jamais. Une belle rencontre peut toujours nourrir l’imagination.

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