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  • La deuxième vie du livre

    Rangés à jamais dans une bibliothèque, dans un carton, donnés, ou carrément jetés, que deviennent les livres une fois qu’ils ont été lus ? Le livre est un objet qui, comme le chat, a plusieurs vies. Même Amazon l’a compris en tentant de créer un marché de l’occasion... du livre numérique.

    Il y a quelques années était lancé le « book-crossing » ou « passe-livre » en français. Un phénomène devenu planétaire grâce à Internet et dont le principe expliqué sur le site Bookcrossing.com consiste à apposer sur un livre une étiquette (fournie gratuitement par le site) puis, soit à l’offrir à quelqu’un, soit à l’ «abandonner » dans un lieu public, jardin public, train, etc. On peut alors suivre son vagabondage à travers sa ville ou sur la planète. Selon Bookcrossing "plus de 850.000 BookCrosseurs actifs ont enregistré collectivement plus de sept millions de livres qui voyagent autour de 130 pays !"

    Au mois de février, sur France Info, Lucie Montchovi  a consacré sa chronique Initiative à Recyclelivre, une initiative qui se présente ainsi « un site internet de vente de livres d’occasion original qui crée un lien solidaire entre ses clients et les populations défavorisées. Le destin d’un livre dont on souhaite se séparer n’est ni la cave, ni la poubelle jaune, ni la déchetterie. » Cette société « eco-citoyenne » qui a « dépoussiéré le livre d'occasion » grâce au web est aujourd’hui présente à Paris et à Bordeaux, collecte les livres à domicile et reverse «10% du prix de vente reversé à des associations ayant des actions concrètes en faveur de l'éducation ».

    Autre débouché pour le livre d’occasion les librairies Gilbert Jeune – déjà évoquées sur ce blog – et qui se sont spécialisées depuis des années dans le livre de deuxième main, du roman au livre scolaire, sans oublier la bande dessinée. Implantées à Paris et dans nombre de villes de province, ces librairies achètent et vendent plus d’un million de livres d’occasion.

    Les bouquinistes et les soldeurs participent également à la pérennité du livre. Mona lisait est une des chaînes de magasins à Paris et en province les plus connues. On peut y trouver de très beaux livres d’art, de photo,ou de peinture, qui n’ont pas toujours connus la réussite commerciale espérée en librairie.  Les livres sont neufs et proposés à des prix défiant toute concurrence pour ce type d’ouvrages. Ces titres sont également diffusés sur le site Internet de la librairie.

    Enfin, dernière possibilité pour donner une deuxième vie à un livre, le relire.

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  • La Sainte Valentine en quelques livres

    « Fifty Shades of Grey pimente la Saint-Valentin » titre Le Figaro qui constate le succès de la trilogie écrite par Erika Leonard : « Au départ, ce n'était qu'un roman. L'histoire d'une jeune fille prude, confrontée aux goûts sado-masochistes de son Pygmalion sexuel. Une histoire d'amour à l'eau de rose, pimentée par quelques scènes « crues ». Mais après des millions d'exemplaires vendus, la trilogie de E.L. James est devenue un véritable phénomène de société. À tel point que la Saint-Valentin n'est plus synonyme de chocolats et de bouquets de fleurs, mais plutôt de cravaches et de menottes. »

    Un phénomène que le site Slate.fr cherche aussi à comprendre « Selon Isabelle Laffont de chez Lattès, qui a acheté les droits pour la France, c'est précisément parce que Fifty Shades n'a rien à voir avec la littérature française érotique (de Sade à Anaïs Nin) qu'elle fonctionne. Pour une fois, il ne s'agirait pas seulement de sexe pur (brrrr, quelle horreur!) mais d'amour et de sexe, et d'une héroïne « moderne ». »

    L’amour et la sexualité s’expriment aussi de façon originale dans le dernier roman de Marie Nimier « Je suis un homme » (Gallimard) où elle se glisse « dans la peau du sexe opposé et raconte à la première personne l'univers masculin... et le machisme. » Dans sa rubrique « Style », Le Monde, parle et publie la photo du cadeau qui l’a accompagné tout au long de l’écriture du livre, un vibromasseur en porcelaine, « offert par une petite-cousine », « jamais utilisé » mais qu’elle préfère garder près d’elle sur son bureau « comme un objet spirituel et protecteur, une source d'inspiration. »

    Les livres évoquant le plaisir et le sexe, écrits par des femmes, ont toujours eu leur place dans le monde de l’édition. Parmi ces auteures, on peut citer Pauline Réage (Dominique Aury), Anaïs Nin, Régine Desforges, et on se souvient encore de Catherine Millet qui en 2005 défraya la chronique avec l’essai autobiographique explicite « La vie sexuelle de Catherine M. » vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires.

    L’expression de la sexualité féminine, on la trouve aussi dans la bande dessinée avec le succès en 2006 de l’album « Fraise et chocolat » d’Aurélia Aurita (Les impressions nouvelles) à propos duquel le magazine A vous Paris a écrit « Ici, le sexe et l’amour sont indissociables et Aurélia n’en fait pas de mystère. En dépit de sa tonalité ludique et joyeuse, le livre pourra surprendre. Pour la première fois dans l’histoire de la bande dessinée européenne, une femme raconte sa sexualité, sans fard. »

    Plus récemment est paru (en 2010) le roman-graphique « Le bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh (Glénat) où Emma, jeune lesbienne aux cheveux bleus, fait craquer Clémentine. Une histoire d’amour adaptée pour le grand écran par Abdellatif Kéchiche et qui devrait arriver dans les salles de cinéma en 2013.

    Le romantisme n’a pas d’époque et l’on peut aussi se plonger dans les lettres qu’écrivait Juliette Drouet à Victor Hugo, et dont l’intégralité est progressivement mise en ligne par une équipe de chercheurs, professeurs de lettres et étudiants de l’Université de Rouen. Petit aperçu :

    « Je t'aime, j'ai le cœur plein d'amour et d'extase. Je voudrais être l'ongle de ton petit doigt ou un cheveu de ta tête pour être toujours avec toi et ne vivre que de toi. C'est bien fou et bien bête tout ce que je te dis là. Eh bien dans mon cœur c'est encore plus fou et plus délirant que ce que je te dis ; les mots n'ont aucune signification auprès de la réalité, je t'aime, je t'adore.

    Je baise vos pieds, vos mains et... le reste. Juliette. »

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    Légende photo : le visage de Joanna Hiffernan qui serait - d’après Paris Match – celle dont le corps aurait inspiré à Gustave Courbet le tableau « L’origine du monde ».


  • Imprimer SON livre

    En attendant les tirages pharamineux qui feront de lui un auteur comblé, celui-ci peut donner forme à son œuvre à partir d’un exemplaire (c’est un début). Ce moyen technique s’appelle le POD, Print On demand, qui permet à partir d’un simple fichier numérique (avec un minimum de mise en page et une couverture) d’éditer un livre sans forcément passer par un éditeur.

    En décembre 2012, la rubrique Biblios du Nouvel observateur a consacré un article à « L’EBM, la machine qui peut sauver le livre », mais peut-on rajouter peut-être pas les imprimeurs. En effet, l´Espresso Book Machine inventée par Xerox n’occupe que 2 m2  au sol et malgré son prix – 70 000 euros - est à la portée de petits investisseurs et peut s’installer partout (voir photo). Dans une librairie ? L’hebdomadaire donne la parole à Eric Kribs de la librairie Kléber, à Strasbourg qui explique «C'est un investissement énorme, ce n'est pas le moment », et le journaliste de préciser « un site a calculé qu'en imprimant un livre par heure un libraire mettait plus de onze années pour rentrer dans ses fonds. Cette machine est faite pour être achetée en commun par des associations de libraires, ou par de très grosses institutions. Son prix ne baissera pas : toutes les technologies qu'elle emploie sont déjà anciennes. »

    Cependant ce nouvel outil est déjà employé par les éditeurs pour des tirages limités destinés notamment aux journalistes. Jacques Drillon, l’auteur de l’article prédit toutefois les bouleversements que ces machines vont entraîner : " Jusqu'alors, les éditeurs centralisaient les livres et les diffusaient dans des boutiques. Aujourd'hui, cette centralisation explose. L'éditeur disparaît, le libraire aussi - car on peut difficilement appeler libraire la personne qui vous accueille devant son imprimante pachydermique. Et l'imprimeur le suit, et le metteur en page, et le correcteur, et tous les métiers annexes: diffuseur, stockeur, et jusqu'au cartonnier qui réalisait les présentoirs. La langue éditoriale se meurt, pulvérisée par une babélisation irréversible."

    Le processus est malgré tout en marche. Le site de l' Ensib.fr publiait en avril 2012 un article sur la bibliothèque centrale de Brooklyn (New-York) qui propose d’imprimer à la demande – et en 4 minutes - un livre provenant d’un fonds de 8 millions d’ouvrages, dont les deux tiers libres de droits, proposés par la base Google Books mais aussi par Internet Archive, Gutenberg ou Gallica. En France, le « cyberlibraire » Chapitre.com annonçait en septembre 2012 mettre en vente en impression à la demande, 200 000 livres numériques issus du catalogue Gallica de la BnF. Le site IDBOOX qui publiait l’information précisait que l’impression serait assurée par Les Editions du Net et citait également pour ce type de prestation Edilivre.

    Pour les particuliers, faire imprimer son livre était réalisable depuis des années, avec, par exemple, des sites comme Lulu.com. Aujourd’hui c’est également possible au coin de la rue ou presque avec le réseau de magasin Copy Top, longtemps spécialisé dans la photocopie et qui innove en se lançant dans l’impression numérique à la demande. En quelques jours (5 dit la publicité), on peut vous imprimer de 1 à 5000 exemplaires qu’il ne restera plus qu’à distribuer.

    Confronté à Internet, aux tablettes tactiles, nouvelle technologie numérique, ou pas, la bonne nouvelle c’est que le livre imprimé n’est pas près de disparaître, pour le moment.

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