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Tomi Ungerer nous laisse ses livres

Le monde de l’édition jeunesse est en deuil avec la disparition à 87 ans du dessinateur Tomi Ungerer.

Des générations d’enfants ont lu Les trois brigands, Jean de la Lune, Otto, Allumette, Le géant de Zeralda, et ce ne sont que quelques titres de la bibliographie de cet auteur qui en compte plus de 140 tout genres confondus.

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Dans une série d’entretiens diffusée par France Culture il expliquait « Je fais des livres qui m’auraient plu quand j’étais petit. J'ai toujours été en contradiction avec les pédagogues qui disent qu'il ne faut pas traumatiser les enfants. Il y a toujours des éléments de peur dans mes livres, mais les enfants en fin de compte n’ont jamais peur. [...] On sous-estime les enfants. »

Si Tomi Ungerer s’est fait connaître très tardivement en France grâce aux albums édités par L’école des Loisirs, sa réputation internationale s’est bâtie aux Etats-Unis où il a travaillé dans les années 1960 pour des titres prestigieux de la presse tels que Esquire, Life, Harper’s Bazaar, The New York Times, et comme affichiste*.

Ses pamphlets satiriques (The Party) décrivant la société américaine des années 1960 ont contribué à sa notoriété. En 1969, l’album de dessins érotiques Fornicon fera scandale et entraînera le retrait de ses livres pour enfants des bibliothèques américaines pendant plus de 30 ans. Dessinateur engagé il militera contre la guerre au Vietnam, le racisme, le racisme, et très récemment l’élection de Donald Trump. Dans une interview à L’Humanité il disait encore récemment : « Ne me parlez pas de la liberté aux États-Unis. J’étais sur la liste noire du FBI. J’ai été arrêté comme communiste. Tout ça parce que De Gaulle avait été un des premiers à reconnaître le régime chinois et que la revue Newsweek m’avait proposé d’être son premier reporter. Mon visa a été refusé et les États-Unis m’ont menacé de confisquer mes biens. La liberté, c’est d’abord « In gold we trust », et la statue de la liberté accueille les migrants en tournant le dos à l’Amérique. »

Strasbourg, sa ville natale, a inauguré en 2007 un musée entièrement dédié à son œuvre. Tomi Ungerer lui confiera plus de 11.000 dessins originaux, des sculptures, sa collection de jouets et de nombreux livres.

En 2016, il déclarait lors d’une exposition réunissant nombre d’illustrateurs qui célébraient ses 85 ans : « Je suis un agent provocateur et c’est ma distraction ».

Derniers livres publiés en 2018: Ni oui, ni non (Ecole des Loisirs), et In extremis (Les Cahiers dessinés).

* Le Musée Tomi Ungerer présente jusqu’au 17 mars 2019 L’exposition América qui rassembre nombre de ses dessins de sa période américaine.

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