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  • La librairie gratuite de Mazan

    « Grâce à ma librairie gratuite, j'ai redonné le sourire et le goût de la lecture à ceux qui passent dans ma rue », c’est ainsi que Le Huffington Post résume l’aventure de Rachel Roux, présentée par le journal comme « Ex-professeur d'électrotechnique, rédactrice indépendante et fondatrice d'une librairie gratuite. »

    Un récit touchant qui raconte comment elle a initié ce projet, inspiré par une photo de « free-library » aux Etats-Unis vue sur Facebook, et comment celui-ci a pris peu à peu vie dans son village provençal de Mazan : « Je regarde mes bouquins. J'en ai des tonnes. Si je les donnais. Peut être que ça intéresserait 2 ou 3 personnes. J'ai envie de faire plaisir. Comme ça, gratuitement. Ce serait une bouffée d'oxygène. J'ai envie de voir des sourires. Alors je prends un carton. Je note "donne ou échange" dessus et je le pose devant ma porte avec quelques livres que j'aime. »

    L’initiative prend de plus en plus d’ampleur et fédère de plus en plus de monde et même voit participer des bibliothèques : « J'ai même eu la surprise de voir mon tout petit village natal, Aujac dans les Cévennes, faire des collectes régulières de bouquins pour me les donner. Mes parents récupèrent les nombreuses cagettes. Imaginez le bien que ça me fait de savoir qu'ils sont là, qu'ils pensent à ma petite affaire. Qu'ils donnent sans rien attendre en retour alors que ma librairie se trouve à plus de 120 km, par routes sinueuses, d'eux.
    Parfois les employés de l'entreprise de mon mari à l'Isle-sur-la-Sorgue m'en récupèrent aussi. Une fois, Fred, un employé génial, a carrément ramassé toute une collection d'encyclopédies qui pèse une tonne, alors qu'il pleuvait et qu'il était seul avec son chien, à pied, et surtout à plus d'un kilomètre de chez lui. Les bibliothèques des villages voisins me donnent leurs doubles et quelques livres qui ne sont plus des nouveautés, mais qui intéressent toujours. »

    L’idée fait aussi son chemin et une autre librairie gratuite se crée à Thomery, non loin de Melun (77810) « L’autre petite « library »».

    En tous cas, la librairie a fait un heureux : « Il y a le plaisir de voir mon fils régulièrement noyé sous les livres depuis ses 4 ans. Aujourd'hui il ne peut plus s'en passer. Il sélectionne ce qu'il donne et choisit ce qui l'intéresse. Il adore l'effet surprise en rentrant de l'école avec les nouveaux dépôts. C'est un peu Noël tous les jours... Comme cette fois où il a découvert un énorme livre d'astronomie avec d'extraordinaires photos à déplier de galaxies lointaines. Depuis il est incollable sur le système solaire. Mais il est aussi content de voir les gens se servir et me crie "Mamannnnnnnn!!!! Y a des livres qui partent!!!!". J'en tire une sensation unique et impalpable de pouvoir satisfaire sa curiosité et développer son sens du partage. »

    La librairie gratuite de Mazan sur Facebook.

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  • Fabrice Luchini l’homme qui fait aimer les textes

    Louis-Ferdinand Céline, Arthur Rimbaud, Roland Barthes, Victor Hugo, La Fontaine, Sacha Guitry, Charles Peguy, Chrétien de Troyes, Fabrice Lucchini, Rimbaud, Molière, Céline, Flaubert, Labiche, Laurent Terzieff, Paul Valéry,  Louis-Ferdinand Céline, Arthur Rimbaud, Roland Barthes, Victor Hugo, La Fontaine, Sacha Guitry et même Charles Peguy ou Chrétien de Troyes, Fabrice Lucchini a lu, ou plus souvent dit - de mémoire -, les textes de ces auteurs. Des écrivains du répertoire qui l’ont « métamorphosé » explique-t-il à Culturebox.

    Amoureux du verbe et de la littérature, le comédien a bâti nombre de ses spectacles autour d’eux. Sur le blog des « Luchinistes » (sic) on trouve cette citation à propos de son travail : « Voilà : si on ne s'est pas demandé comment l'écrit pouvait devenir de l'oral, si on ne s'est pas demandé comment oraliser l'écrit sans le trahir, alors on ne peut pas réussir. C'est quoi, l'écrit ? Ça n'a l'air rien de rien, cette question, mais on doit se la poser de façon quasiment névrotique. L'imprimé, c'est des cicatrices, pas des mots. Je parle des cicatrices organiques dont les mots sont porteurs. Les mots sont des planches jetées sur un abîme. Et un acteur, c'est celui qui déchiffre non pas les mots mais les cicatrices. Dès l'âge de 26, 27 ans, je ne me suis plus occupé que de ça : les cicatrices. Je suis un obsédé de la note. La note qui se trouve dans la phrase. C'est ça, travailler un texte. Mon obsession, avec Céline, était la suivante : comment restituer la perfection de l'écrit dans une oralité qui ne trahisse pas les intentions premières de l'œuvre ? Voilà. Cette obsession est devenue une passion. »

    A propos du spectacle « Poésie ? » qu’il joue actuellement et jusqu’à fin juin à Paris et où il dit des textes de Rimbaud, Molière, Céline, Flaubert, Labiche, il explique :

     « J’ai eu envie de me confronter de nouveau à des textes de pure poésie, des textes de pure littérature, de pur théâtre… Après une année passée aux côtés de Laurent Terzieff et en souvenir des dîners qui prolongeaient nos représentations, j’ai eu envie de lui rendre un hommage discret, lui qui disait : “être un poète, c’est une manière de sentir”»

    En 2014 dans Le Figaro il racontait la genèse du spectacle : « La poésie ne s'inscrit plus dans notre temps. Ses suggestions, ses silences, ses vertiges ne peuvent plus être audibles aujourd'hui. Mais je n'ai pas choisi la poésie comme un militant qui déclamerait, l'air tragique : « Attention, poète !» J'ai fait ce choix après avoir lu un texte de Paul Valéry dans lequel il se désole de l'incroyable négligence avec laquelle on enseignait la substance sonore de la littérature et de la poésie. Valéry était sidéré que l'on exige aux examens des connaissances livresques sans jamais avoir la moindre idée du rythme, des allitérations, des assonances. Cette substance sonore qui est l'âme et le matériau musical de la poésie. »

    Si Fabrice Luchini "passeur de textes", se passionne pour les auteurs, il raconte aussi sa vie dans « Comédie française » (Flammarion) qui vient de paraître.

  • Bibliothèques fantômes

    « Ces bibliothèques illégales, haïes par les éditeurs, peuvent contenir jusqu’à 1,2 million de documents, souvent des ouvrages difficiles à trouver légalement » peut-on lire dans Le Monde qui sur son blog Big Browser attire notre attention sur les bibliothèques clandestines de l’Internet.

    Le quotidien cite une grande enquête de la journaliste Claire Richard pour L’Obs-Rue 89 et explique « Les « pirates » derrière ces librairies ne collent pas aux clichés habituels : étudiants, chercheurs, ceux pour qui les livres sont un outil de travail essentiel ne peuvent pas toujours acheter tous les volumes dont ils ont besoin en librairie. D’autres sont simplement des amoureux des livres, amateurs d’éditions rares. »

    Sur le site de L'Obs-Rue 89 on peut lire les témoignages de plusieurs utilisateurs  dont celui de Paul, prof d’allemand en prépa à Toulouse : « Je pirate pour le travail, parce que j’ai souvent besoin de comparer des versions allemandes et françaises du même texte. Les textes sont difficiles à trouver et ils coûtent cher. »

    Les amateurs connaissent les noms de ces sites très particuliers, mais ceux-ci semblent jouer à cache-cache comme le confesse un des utilisateurs qui dit devoir faire des recherches sur Google pour les retrouver lorsque les adresses changent.

    Pour Claire Richard « Les bibliothèques en ligne de la génération suivante passent donc à un modèle plus souple, décentralisé. Gigapédia, qui est vers 2009-2010 la plus grande de ces bibliothèques pirates et la plus fréquentée, est ainsi maintenue par des Irlandais, sur des domaines enregistrés en Italie et dans le pays insulaire de Niue et des serveurs en Allemagne et en Ukraine. Pour donner une idée de son activité, Gigapedia aurait à son apogée accueilli plus de 400 000 livres et, selon un rapport de l’association américaine des éditeurs, International Publishers Association (IPA), gagné « environ 8 millions d’euros de revenus, provenant de la publicité, des dons et des comptes premium ». »

    Si les lecteurs semblent y trouvent leur compte, plus pour des documents de travail que de divertissement, ce n’est pas vraiment le cas des éditeurs pour qui il est difficile de faire respecter leurs droits sur les publications. Dans sa conclusion Claire Richard écrit : « Les « bibliothèques de l’ombre » sont peut-être alors un phénomène transitoire, marqueur d’une époque où l’industrie culturelle n’a pas encore trouvé le bon modèle pour s’adapter à l’évolution radicale du monde du partage des connaissances et des œuvres. »

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