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  • La lecture et son apprentissage

    La Machine à lire (mieux et plus)

    Connaissez-vous les « peu lecteurs » ? Une catégorie définie par le linguiste Alain Bentolila et que l’on découvre dans l’article consacré par 20 minutes à la « Machine à lire ». Une méthode d’apprentissage de la lecture expérimentée au Havre et qui va être étendue à toutes les écoles. Selon le quotidien « la méthode consiste à faire lire des enfants d'âges variés sur des tablettes numériques, avec lesquelles ils peuvent alterner les phases d'écoute et de lecture d'un texte. L'objectif est que les phases audio soient progressivement réduites et les phases de lecture de plus en plus allongées, afin que les enfants puissent « tenir la distance » et lire de plus en plus longtemps. » Présentée à la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, celle-ci a déclaré à propos de cette innovation : « Quand on voit le nombre d'élèves qui rentrent au collège et qui en sortent sans maîtriser les fondamentaux de la lecture et de l'écriture, soit globalement un élève sur cinq, et le nombre d'adultes qui ne maîtrisent pas suffisamment les mots de la langue française pour pouvoir s'exprimer, on se dit qu'il faut consacrer toute notre énergie à cette priorité-là. »

    La lecture pour se faire plaisir

    Connaissez-vous la bibliothérapie ? Europe 1 a consacré une chronique de l’émission le Grand direct de la santé au bien être que peut apporter la lecture. Martine Perez, médecin généraliste, a expliqué à l’antenne que « Des enquêtes britanniques menées à ce sujet ont conclu que les Anglais qui lisent plus de deux heures par semaine sont "20% moins dépressifs" que ceux qui ne lisent pas. La lecture et la découverte de nouveaux horizons permet de s'évader, ainsi que de se projeter dans le temps et l'espace. Il serait même question de prescrire la lecture sur ordonnance de l'autre côté de la Manche. »

    Littérature et réalité

    Apprendre, lire pour ne pas déprimer, Télérama rajoute une autre qualité à la lecture, celle de permettre d’affronter la dureté du réel. Le magazine cite la professeure de littérature Hélène Merlin-Kajman qui vient de publier Lire dans la gueule du loup. Essai sur une zone à défendre, la littérature ( Gallimard, coll. NRF essais) : « Outre la jouissance esthétique, le texte littéraire véhicule des émotions, des affects, et c'est là une dimension de la lecture que les « lecteurs professionnels », enseignants, critiques, chercheurs, ne prennent plus en compte, mettant en péril le précieux « partage transitionnel » de la lecture. »

    Elle explique « j'ai essayé de trouver des ponts pour expliquer quand même aux élèves comment la littérature nous parle aussi du monde réel, malgré ce filtre, ou même grâce à lui. On peut rapatrier le monde réel dans la lecture littéraire – et cela offre la possibilité de regarder ce monde réel autrement, de biais. Et c'est partant de cela que j'essayais de les intéresser aussi à la forme, à la façon dont c'était écrit.

    Video :  le grand lecteur Umberto Eco dans sa bibliothèque ( Document La Grande Librairie ).

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  • Les conseils d’écriture de Bernard Werber

    Bernard Werber est un écrivain connu et reconnu. Depuis son premier livre « Les fourmis » paru en 1991 et traduit en plus de 30 langues, il publie un titre quasiment tous les ans et collectionne les succès en librairie.

    Auteur comblé il propose maintenant sur son site Internet « Quelques conseils aux écrivains en herbe ». Une succession de 27 recommandations qui peuvent, si elles sont suivies à la lettre, permettre d’écrire le prochain prix Goncourt, ou au pire de devenir Bernard Werber. Le risque est minime.

    Premier conseil « Le désir ». L’auteur s’interroge « Ecrire ? Au commencement est le désir. Se demander pourquoi on a envie d'écrire », et parmi les raisons « honorables » avancées il y a celle-ci : « parce que l'acte d'écrire, de fabriquer un monde, de faire vivre des personnages est déjà une nécessité et un plaisir en soi. »

    Suivent une série de paragraphes consacrés à « Se trouver un maître d’écriture », « Accepter le statut d’artisan » dans lequel on apprend que « La seule manière de savoir ou vous en êtes dans votre artisanat est de demander à vos lecteurs ce qu'ils pensent de vos livres. »

    Bernard Werber évoque aussi « L’inspiration », « L’originalité » (« Il faut être le plus original possible dans la forme et dans le fond. L'histoire ne doit ressembler à rien de connu. Le style doit être neuf. Si on dérange des imprimeries et si on abat des arbres pour avoir de la pâte à papier, c'est qu'il faut avoir quelque chose à apporter en plus avec son manuscrit »), « La fin », et la nécessité de surprendre à chaque page car « surprendre son lecteur est une politesse ».

    bernard werber,les fourmis,albin michelLe point 21 est intitulé « Se plaire à soi même » : « Pour plaire au lecteur il faut se mettre à sa place. Ecrire des livres qu'on aurait envie de lire si ce n'étaient pas les nôtres. Ne jamais se dire "j'écris cela, ça ne me plaît pas, mais ça leur plaira". On est soi-même la première personne qui doit s'amuser à lire le livre. Répétons-le : S'il n'y a pas de plaisir d'écriture, il ne peut pas y avoir de plaisir de lecture ensuite. »

    Les trois derniers conseils portent sur les relations avec le monde de l’édition : « L’envoi aux éditeurs », « Les lettres de refus » avec cette confidence « (personnellement j'ai renvoyé mon manuscrit pendant 6 ans à tous les éditeurs et j'ai reçu trois lettres de refus de mon éditeur actuel). Le découragement fait partie du mode de sélection. », et surtout « Ne pas faire d’édition à compte d’auteur. »

    En photo, le dernier roman de B. Werber « Le sixième sommeil » (Albin Michel).

  • Disparition d’Harper Lee et d’Umberto Eco

    Disparition de deux grands noms de la littérature en ce mois de février 2016, Umberto Eco et Harper Lee. Petite revue de presse :

    Le Monde raconte la génèse d’un des plus gros succès éditoriaux d’Umberto Eco, Le Nom de la rose : « Tout est parti d’une commande. Qui n’aboutit pas. Sollicité à la fin des années 1970 par une éditrice qui voulait lancer une collection de brefs polars contemporains écrits pas des « non-romanciers », Umberto Eco, mort le 19 février à 84 ans, a décliné la proposition en disant qu’il voulait écrire une fiction d’au moins 500 pages sur le Moyen Âge. Ce n’était pas une boutade, puisque sitôt rentré chez lui, il a composé une liste – déjà ce goût prenant dont il analysera plus tard le « vertige » – de personnages susceptibles d’alimenter son hypothétique récit. Puis, se piquant au jeu, il se procura chez un bouquiniste un traité sur les poisons dont il avait relevé l’existence chez Huysmans, son « écrivain préféré », qu’il obtient pour une bouchée de pain. Et il se mit au travail. »

     

    umberto eco,harper lee

    Photo (Pinterest) Umberto Eco dans une partie de sa bibliothèque.

    Libération annonce ainsi la disparition le 19 février de l’écrivaine Harper Lee : « Pendant cinquante ans, Harper Lee fut l’auteure d’un seul livre - et quel livre -, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, publié en 1960. To kill a mockingbird en VO est une plongée dans l’Alabama raciste des années 30, racontée par Scout, une petite fille dont le père, avocat pauvre mais intègre, accepte de défendre un Noir injustement accusé d’avoir violé une Blanche. Le roman, prix Pulitzer, devient un classique de l’imaginaire américain, étudié en classe, adapté au cinéma en 1962 avec Gregory Peck (Du silence et des ombres), « notre livre national », selon Oprah Winfrey. Alors que les exemplaires s’écoulent par millions, Harper Lee, proche amie de Truman Capote (elle participera à l’enquête sur De Sang Froid), se range du monde littéraire et médiatique, coulant des jours discrets dans sa ville natale de Monroeville, Alabama. »

    Autre exercice pour la presse, celui de trouver des titres originaux, un exercice visiblement plus facile pour l’écrivain italien : « Umberto Eco, un puits de science qui voyait la fiction comme « un jeu d'enfants » (20 minutes), « Umberto Eco, auteur du « Nom de la rose » : mort du plus lettré des rêveurs » (Le Monde), « Umberto Eco, le grincheux magnifique (1932-2016) » ou encore « Umberto Eco est mort : il savait marier la pensée et l'amusement. C'était un bon pédagogue » (L’Obs-Bibliobs), « Umberto Eco s'est éteint : ciao, Professore ! » (Télérama),

    Pour Harper Lee la plupart des médias ont écrit : « La romancière Harper Lee, auteure de Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, est morte à l'âge de 89 ans. » Un titre qui a le mérite de la concision.

    + Chronique parue sur ce blog en 2015.

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