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  • Un livre contre une bonne action

    Connaissez-vous l’opération « 1010 façons d'acheter sans argent » (1010 ways to buy without money) ?

    Initiée à Barcelone en 2011, ville où est née la fête de la San Jordi, elle consiste à organiser des ventes de livres d’occasion dont le « prix » correspond à une action que l’acheteur doit réaliser en échange de l’ouvrage.

    Les moyens de « paiement »,  indiqués dans une fiche glissée dans le livre, sont divers et variés : on peut s’engager à lire le livre à une personne aveugle, à nettoyer une montagne, à sourire à ses voisins, à terminer son assiette (pour les enfants), etc., où à faire un don du sang. Cette dernière proposition était le thème de cette année.

    L’échange s'opérant dans un esprit de confiance, le participant est ensuite invité à fournir une preuve de sa contrepartie en envoyant une photo sur un compte Facebook ou Pinterest créé pour l’occasion.

    Le journal The Guardian qui évoque cette journée illustre les échanges et  notamment celui de Alberto Lorente de Barcelone qui a acquis « El juego de Gerald » de Stephen King, en s’engageant à apporter quelque choses à grignoter à ses collègues de travail (photos).

    CM_BCN2013_0805.jpgEn 2015, plusieurs villes dans le monde comme Montevideo, Buenos Aires, Madrid, Málaga, Roma, Porto Alegre et Londres, ont participé à cette opération qui se déroule en général pendant la Journée internationale du Livre, organisée tous les ans au mois d’avril sous l’égide de l'UNESCO.

    san jordi,barcelone,the guardian,"1010 ways to buy without money",alberto lorente,stephen king,carlitos gonzález,carlitos y patriciaSur le blog de Carlitos González à l’origine du projet avec son agence de création Carlitos y Patricia, on peut voir la préparation d’une journée (Photo).

    L’initiative a également son site Internet où l’on trouve tous les renseignements utiles à son organisation.

    Carlitos y Patricia DSC_2159.JPG

  • Fermeture de la librairie La Hune à Paris

    A deux pas de l’église de St Germain-des-Près, non loin de la célèbre brasserie Lipp où se croisent hommes politiques et célébrités, la librairie La Hune (groupe Flammarion) est un des derniers vestiges de ce quartier parisien qui a fait la réputation intellectuelle et artistique de la capitale.

    Un lieu dont Livres Hebdo nous apprend que « Le droit au bail de la librairie parisienne et sa marque La Hune auraient été rachetés pour 1,3 million d’euros. Le projet est de créer une galerie-librairie dédiée à la photographie. Après plus de 70 ans d’existence, la librairie parisienne, La Hune, qui occupe un local de 300 m2 à Saint-Germain des Près, fermera définitivement ses portes le 14 juin 2015 en soirée. »

    Depuis plusieurs années les boutiques de luxe remplacent les magasins traditionnels du quartier (il reste encore un Monoprix). La Hune, longtemps située au 170 bd St Germain, entre Les Deux Magots et le Café de Flore (où s’est installée une boutique Vuitton) avait déménagé à quelques mètres rue de l’Abbaye dans les anciens locaux de la librairie Le Divan (elle aussi chassée par l’inflation des loyers et installée depuis 1997 dans le 15ème arrondissement).

    Dans un article publié par Le Monde, Denis Gheerbrant, fils de Bernard Gheerbrant, fondateur et animateur pendant trente ans de la librairie précise « La Hune va être vendue à un commerce de reproductions photographiques à l'esthétique « poster », YellowKorner. La Hune, ses murs mais aussi son nom, ce nom dont mon père avait baptisé ce qui était une première du genre, une librairie-galerie, réunissant l'avant-garde de la littérature et de la gravure », avant de s’indigner que les repreneurs veuillent garder ce nom « Que les commerçants commercent, soit, mais pas sous le nom dont mon père a fait un symbole. Pour ma mère, mes enfants et moi-même, pour tous ceux pour qui le mot culture n'est pas synonyme de marchandise, c'est un cauchemar. S'il faut lui donner un nom, ce sera celui d'usurpation. »

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    Annonçant la fermeture de La Hune, Télérama écrit « En mars, l'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) rapporte que 10 % des librairies de la Ville lumière ont été rayés de la carte depuis 2011. Del Duca dans le 9e, Village Voice dans le 6e, l'Ile lettrée dans le 10e... Paris serait-elle la capitale des librairies... qui ferment ? Le MOTif (observatoire du livre et de l'écrit de la Région Ile-de-France) a enregistré 45 défections et 25 créations de librairies entre 2011 et 2014, sans compter, comme l'a fait l'Apur, les librairies-papeteries et/ou presse. La baisse est donc plus proche des 8 %. »

    L’article de Marine Relinger se poursuit ainsi : « Paris conserve le maillage le plus dense d'Europe », tempère Serge Guérin, président du MOTif. « Ce sont les petites structures qui souffrent le plus. Mais, en Ile-de-France, les libraires font l'essentiel du chiffre d'affaires des éditeurs, devant les grandes surfaces culturelles comme la Fnac », précise Vincent Monadé, président du Centre national du livre. »

    Ce ne sera plus le cas de la Hune.

    La Hune donne un dernier rendez-vous littéraire le 10 juin, avec Jean-Michel Djian, à propos de son livre « Les rimbâldolatres » (Grasset),  à paraître le 27 mai 2015.

    Photo : Facebook La Hune.

  • La tragédie de Charlie Hebdo en livres

    Comment exprimer l’indicible lorsqu’on a vécu une tragédie comme le massacre de 12 personnes le 7 janvier 2015 dans les locaux du journal Charlie Hebdo ? Si la rédaction a décidé de poursuivre la publication du journal, certains de ses membres et anciens collaborateurs ont décidé de traiter le traumatisme à travers un livre.

    Ce sera le cas du dessinateur Luz arrivé en retard à la conférence de rédaction, ce qui lui a sauvé la vie, et dont Livres Hebdo annonce la parution pour le 21 mai 2015 d’un « album personnel et thérapeutique, Catharsis, dans lequel il revient sur les événements, relate son quotidien dévasté par la disparition de ses collègues et amis, et livre ses doutes sur son envie et sa capacité de dessiner. » (Futuropolis).

    Charlie Hebdo, Charb, Philippe Val, Caroline Fourest, Joann Sfar, Luz, "Catharsis", Jeannette Bougrab, Cabu, Joann Sfar va publier le 27 mai « Si Dieu existe » (Delcourt) où il évoque cette sinistre journée du 7 janvier pendant laquelle il n’a pas pu dessiner. Europe 1 qui l’a interviewé à ce propos écrit « C'est plus tard, dans les jours qui ont suivi l'attentat, que l'auteur du Chat du Rabbin s'est posé la question de savoir "comment parler" après les événements. A l'image de ses hésitations, le dessinateur "trébuche d'une page à l'autre" de son carnet Si Dieu existe. "Parfois c'est drôle, parfois c'est paumé", résume-t-il, mais le procédé "permet de s'ouvrir au lecteur et de se planter avec lui". Joann Sfar avoue avoir eu le sentiment qu'il fallait continuer à dessiner à ce moment-là, "sans cacher ni la colère, ni le chagrin", dit-il. »

    Caroline Fourest, elle aussi ancienne collaboratrice du journal, va publier (4 avril) « Eloge du blasphème » (Grasset). L’éditeur présente ainsi le livre : « Après l’immense émotion qui a suivi l’attentat contre Charlie Hebdo, Caroline Fourest revient sur ces voix qui, au nom de la « responsabilité », de la peur d’ « offenser » ou du soupçon d’ « islamophobie », n’ont pas voulu « être Charlie ». Dans cet essai pédagogique sans concessions, elle recadre les débats sur la liberté d’expression et alerte sur les dangers d’une mondialisation de l’intimidation. Elle clarifie la ligne de fracture entre laïcité à la française et relativisme anglo-saxon. Entre droit au blasphème et incitation à la haine. Entre Charlie et Dieudonné. Entre rire du terrorisme, et rire avec les terroristes. »

    Charlie Hebdo, Charb, Philippe Val, Caroline Fourest, Joann Sfar, Luz, "Catharsis", Jeannette Bougrab, Cabu, Déjà paru : « Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes »  (Les Echappés) dernier livre posthume de Charb, dessinateur et directeur du journal, assassiné le 7 janvier et qui répond à tous les détracteurs de l’hebdomadaire.

    Philippe Val, directeur de Charlie Hebdo de 1992 à 2009 dédie son dernier livre « Malaise dans l’inculture » (Grasset) au dessinateur Cabu qu’il a côtoyé au sein de la rédaction et à qui il consacre quelques pages.

    Enfin, on annonce la parution d’un livre de Jeannette Bougrab. Peut-être aura-t-on des explications sur la polémique qui a suivi ses apparitions dans les médias après le massacre, et où elle se présentait comme la compagne de Charb, une affirmation démentie par la famille. « Maudites » (Albin Michel), à paraître le 13 mai 2015.


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