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  • Lettre ou ne pas lettre

     [...] « Ce qui est merveilleux dans cet amour que j'ai pour toi, c'est que tout ce qui est de toi a le même prix. J'éprouve la même adoration pour ton sourire que pour ta gravité, pour ta gaieté de petite fille, pour ton abandon de femme. De nous deux, c'est toi qui enseignes la compréhension.

    Ma petite pêche, j'ai tant de choses à te dire qu'il vaut mieux remettre la suite à plus tard. Ecoute-moi pourtant encore.

    Je t'aime - je t'aime - je t'aime. Les seuls moments que je désire sont ceux qui m'uniront à toi. Et ma pensée s'attache sur ces minutes encore proches où tu étais près de toi, où je pouvais t'entendre, te voir, te toucher et t'embrasser de toute ma tendresse.

    Bonsoir, mon Zou chéri. »

    Ces quelques lignes ont été écrites par François Mitterrand, futur Président de la République française, amoureux de Catherine Langeais future speakerine télé, et on peut lire l’intégralité de la déclaration sur le site Deslettres.com.


    E-mails, SMS, Tweets... Au XXIème siècle les « échanges » changent de nature et si on reçoit encore des lettres de rappel ou de licenciement, ceux qui prennent encore le temps d’écrire se font de plus en plus rares

    A contre-courant, le site Deslettres.com publie des centaines de courriers d’hier et d’aujourd’hui, paraphés entre autre par Barack Obama, Pedro Aldomovar, Chateaubriand, Woody Allen, Elton John, Verlaine, ou Françoise Sagan.

    Des lettres classées par catégories « amitié », « insolite », « dernière lettre », « amour », ou « star » avec des lettres de Grace Kelly, Marlon Brando ou encore Xavier Dolan. On peut même « proposer des lettres ».

    Un dernier courrier pour terminer cette chronique :

    « Mon trésor,

    Merci de ta gentille lettre P 14B 7624, elle m'a fait bien plaisir. Pour les 1,30 francs que tu me dois, tu seras sympa de les virer à mon compte bancaire le plus vite possible. Ce serait pour acheter une demi-baguette à 1,90 francs avant que ça augmente encore. Avec les 5 centimes en trop, je pourrais avoir un roudoudou ou deux carambars, à moins que je décide d'aider la recherche contre le cancer. Ici, il fait un temps dégueulasse. J'espère qu'à Cedex 09 vous avez beau temps.

    Je te prie d'agréer, Mon Trésor, l'expression de mes sentiments distingués. »

    La lettre est signée Pierre Desproges.

    Plume.jpg

     

  • Gilles Jacob, Finkie, Jean-Claude Pirotte, et californismes / Revue de presse.

    Fin du festival de Cannes 2014 et surtout fin de parcours pour Gilles Jacob, qui en fut l’âme à partir de 1977.  Dans Bibli Obs,  Jérôme Garcin lui consacre un article qui se termine ainsi :

    412s7T79pPL._SY445_.jpg« Mais celui dont la vie a passé comme un rêve regardera plutôt, en plongée, tous ses amis disparus du septième art, Fellini, Truffaut, Kurosawa, Malle, Chabrol, Pialat, Antonioni, Angelopoulos, Ruiz, Marker ou Resnais. Et, en bas des marches, comme voilé par le soleil couchant de la Côte d'Azur, il apercevra un garçon de 18 ans qui, en 1948, après la projection du « Macbeth » d'Orson Welles, avait conduit André Gide dans sa Citroën et avait osé lui confier : « Plus tard, j'aimerais écrire. » « C'est bien », lui avait répondu l'auteur de « Paludes ». Le jeune homme, c'était Gilles Jacob, qui a consacré ses printemps à l'image et qui offre son hiver à l'écrit. Faut-il y voir une morale ? C'est dans les livres que, désormais, ce grand cinéphile couvert de pellicules se fait son cinéma - dont Cocteau disait que c'est «une encre de lumière ». En quittant Cannes, l'auteur prolifique du « Fantôme du capitaine» et des «Pas perdus», actuellement plongé dans la rédaction d'un roman-fresque, tourne la page, au sens propre. Pour mieux la remplir. »

     
    10365928_692222460823673_901693848739455080_n.jpgA peine élu à l’Académie française, le penseur éruptique désormais immortel Alain Finkielkraut s’en prend au « genre mineur » que représente pour lui la bande dessinée. En guise de réponse, Yann Lindingre, rédacteur en chef du mensuel Fluide Glacial, (photo) lance sur les réseaux sociaux l’opération « #UneBDpourFinkie » et lui propose comme lecture « Maus » d'Art Spiegelman. Une initiative relayée par d’autres auteurs qui lui conseillent, contre l’exclusion et la discrimination culturelle, des livres majeurs tels que « La Ballade de la mer salée », d'Hugo Pratt, « Le Transperceneige », de Lob et Rochette, « Le Cri du peuple », de Tardi, « La Marche du crabe », d'Arthur de Pins, « Blotch », de Blutch, « La Folle du Sacré-Coeur », de Jodorowski et Moebius, « Passions », de Daniel Goossens, ou encore « Un Monde de différence », de Howard Cruse, comme le raconte Le Point.


    Toujours dans Le Nouvel Observateur, un article nous apprend la disparition de « Jean-Claude Pirotte, le poète en cavale ». David Caviglioli écrit « Lui qui avait publié quelques petites choses poétiques à la fin de la vingtaine, il se remet à écrire. Il pioche dans sa lourde mémoire, celle de son enfance triste et de sa cavale vagabonde. Il publie « Journal moche » puis « la Pluie à Rethel », son premier roman. Il est d’ailleurs étonnant qu’on le présente toujours comme un poète, lui qui a écrit « Cavale », « Boléro » ou « Absent de Bagdad ». Des récits éblouissants de style et de liberté, où la vie est décrite comme « un chemin vicinal oublié » qu’on parcourt les mains dans les poches, sans trop savoir où on va. Ses livres sont obsessionnels, mélancoliques, indécis, comme un poète qui a pris la tangente. »

     
    A part ça, les mots « vapoter », « cyberattaque », « Selfie », « hashtag », font leur entrée dans l’édition 2015 du dictionnaire Le Petit Robert. Pour justifier l’arrivée des deux derniers, Alain Rey, linguiste et conseiller éditorial aux éditions Le Robert, précise que pour eux on ne peut pas parler d'anglicismes ou d'américanismes, car il s'agit de « californismes », « la plupart [ de ces mots venant ] de la côte ouest des États-Unis, en particulier de la Silicon Valley » (source Le Figaro).

  • Rien de tel que des livres pour faire aimer... le cinéma.

    863235518.jpgLe film biopic « Grâce de Monaco » d’Olivier Dahan a créé cette année la polémique au festival de Cannes. Avant de devenir princesse, Grâce Kelly fut l’une des actrices fétiche d’ Alfred Hitchcock. Un cinéaste que vénérait François Truffaut et une admiration qui a donné naissance au passionnant livre d’entretiens  « Hitchcock - Truffaut » (Ramsay 1983 – Gallimard 1993), aujourd’hui épuisé. L’histoire de ce livre très illustré est racontée dans le détail sur le site de La Cinémathèque française.

    Présent également au festival pour son film « Jimmy’s Hall », le réalisateur Ken Loach va lui publier le 19 juin, « Défier le récit des puissants » aux éditions Indigène (48 pages, 5 euros).

    FranceTV Info en cite des extraits : « Nous faisons des films pour tenter de subvertir, créer du désordre et soulever des doutes (...). Il faut donc agiter, et c’est ce que nous essayons de faire : enrayer la mécanique, bousculer le statu quo, défier le récit des puissants ». Et le site de préciser : « Le réalisateur, Palme d'or 2006 pour « Le vent se lève », s'insurge contre « l'esthétique de la soumission », les films formatés par Hollywood, défendant pour sa part une "esthétique de la résistance ». Pour qu’un film soit réellement politique, affirme le cinéaste [...] « il doit y avoir une cohérence entre sa sensibilité et son contenu. C’est ce qui me dérange dans les grosses productions américaines qui traitent de « bons » sujets. »

    51lgvsEUztL._SY445_.jpgPour terminer cette chronique "cannoise", un extrait d’un entretien de Jean-Luc Godard avec Pierre Assouline paru en 1997 dans L’Express :

    [...] P. A. : Pour autant, le cinéma ne s'est toujours pas émancipé de la littérature...

    J-L. G. : C'est vrai. Mais on peut dire aussi que la littérature, c'est souvent du cinéma. J'entends bien... je vois... c'est clair... Quand les romans disent ça, qui s'exprime ? Le juge d'instruction, le savant, le journaliste d'investigation, saint Paul sur le chemin de Damas... C'est la légende d'un film intérieur. 

    P. A. : Mais vous n'avez jamais été tenté de porter à l'écran ce que vous admiriez ?

    J-L. G. : Justement, Les palmiers sauvages de Faulkner. J'y ai souvent pensé. J'ai renoncé parce que ça n'aurait pas été bon. Il ne faudrait prendre que l'histoire d'amour fou de ce couple qui sacrifie tout pour sa quête d'absolu, et laisser tomber l'histoire du vieux forçat. 

    P. A. : Mais d'où vous vient votre théorie ?

    J-L. G. : J'ai lu des livres et j'ai vu des films. Et puis c'est logique. Quand le travail d'écriture romanesque n'est pas très poussé, quand il souffre d'un défaut d'invention, le cinéma peut s'en emparer et s'en servir comme structure de base sans lui faire de mal. Alors Le rouge et le noir, on ne touche pas. [...]

    Jean-Luc Godard est également en compétition dans ce 67ème festival de Cannes avec son dernier film « Adieu au langage » même s’il n’est pas physiquement présent comme il l’explique dans cette vidéo.


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