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  • "A quoi sert le Salon du livre de Paris ?"

    Le Salon du livre de Paris 2014 a fermé ses portes et comme tous les ans un communiqué des organisateurs se félicite de l’affluence « Avec 198 000 visiteurs, le Salon du livre de Paris augmente encore sa fréquentation et réaffirme sa place de leader parmi les grands salons internationaux. » ( Source Reed-Elsevier ).

    Malgré cela, ressurgissent les éternelles questions sur la pérennité de l’événement et sur son utilité pour le livre et les auteurs, comme le constate une éditrice citée par le Nouvel Obs « Rituellement, c'est une date importante. Mais plus les années passent, plus le people prime. La majorité des gens viennent voir des célébrités en vrai. » D’ailleurs c’est ainsi que Paris Match traite le sujet en publiant des photos du rappeur La Fouine, de Jean Rochefort, de Michel Drucker, de Michel Delpech, ou Laury Thilleman ex Miss France, tous auteurs d’ouvrages qui ne figureront peut-être jamais dans La Pléiade.

    De son côté Le Nouvel Observateur a organisé un débat intitulé « A quoi sert le Salon du Livre ? » et publié pendant le salon un article sur « Les pires souvenirs de 9 écrivains » parmi lesquels Mathias Enard, Boualem Sansal, Isabelle Monnin, Frédéric Beigbeder, Arnaud Viviant, Alix Girod de l'Ain, Julien Blanc-Gras, François Bégaudeau.

    Pierre Assouline, fin connaisseur du monde de l’édition, met lui les pieds dans le plat et raconte « mon pire souvenir, c’est de constater d’année en année que cette immense réunion que ses organisateurs présentent fièrement comme « la plus grande librairie de France » fait payer l’entrée au « Grand public ». 10 euros pour avoir le droit d’en débourser bien plus dans le but d’acheter des livres, de les faire dédicacer et d’écouter des écrivains en parler. Ce qui ne laisse pas de me scandaliser immanquablement d’année en année. Imagine-t-on de payer pour entrer dans une librairie, d’autant que souvent, de semblables « privilèges » y sont offerts ! ».

    En attendant la 35ème édition qui se déroulera du 20 au 23 mars 2015 et qui aura le Brésil comme pays invité, les amateurs peuvent toujours fréquenter l’autre salon du livre que leur proposent les libraires, il est ouvert toute l’année.

    salon_livre_paris_2014-2.jpgAddendum

    Lu dans Le Parisien :

    Apple accepte finalement de diffuser la version numérique du livre de Bénédicte Martin, « La Femme », paru mi-avril, que le géant américain avait censuré en raison de sa couverture montrant une femme aux seins nus, ont annoncé mercredi les Editions des Equateurs.
    « La société Apple a finalement accepté de diffuser cet ouvrage sur son magasin en ligne Apple Store », précise l'éditeur. La couverture est une création d'inspiration surréaliste du maquettiste Stéphane Rozencwajg.
    D'autres ouvrages ont déjà été interdits à la vente, mais « il semble que ce soit la première fois qu'Apple accepte de revenir, après une semaine de polémiques, sur cette censure qui constitue une entrave grave à la liberté d'expression et de création », soulignent les Editions des Equateurs, qui « prennent acte de ce changement d'attitude ».

     

  • L’Europe du livre

    A quelques jours des élections européennes, trois fédérations d’éditeurs, d’écrivains et de libraires se mobilisent pour la protection des livres et des auteurs en publiant un manifeste.

    Dans le texte de présentation, ils écrivent « les livres font circuler les idées, nourrissent l’esprit et favorisent la liberté d’expression. Les citoyens européens doivent avoir accès aux livres afin de comprendre les valeurs démocratiques européennes, indispensables à notre projet commun. Les livres permettent aux citoyens de participer à la vie économique, sociale, culturelle et politique. C’est particulièrement vrai dans un univers numérique qui privilégie la connaissance et requiert de plus en plus de talents de lecture. »

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    Après avoir noté que « Le livre est également le premier secteur culturel en termes économiques, avec un chiffre d’affaires de 22,5 milliards d’euros en 2013 et le lancement de 535 000 nouveautés chaque année », le manifeste détaille 4 priorités :

     « Des conditions équilibrées et équitables en matière de droit d’auteur, bénéficiant tant aux créateurs de livres qu’à leurs lecteurs. Il est nécessaire d’encourager l’innovation en soutenant la propriété intellectuelle et le droit d’auteur, afin que les auteurs puissent créer et être rémunérés, les éditeurs investir, et les libraires garantir la plus grande diversité de l’offre à leurs lecteurs.

    Un régime fiscal favorisant la diffusion des livres. Un livre est un livre, quel que soit son format. Nous demandons à ce que l’on puisse appliquer le taux de TVA le plus bas à tous les livres indépendamment de leur format, de leur mode de diffusion ou de livraison.

    Des règles de concurrence équilibrées sur internet qui garantissent l’interopérabilité  des offres et la promotion de l’offre légale. Nous demandons à ce que tous les acteurs puissent concourir équitablement sur ce marché pour contribuer à un renforcement du choix pour les lecteurs européens. Il devrait y avoir une interopérabilité généralisée entre les formats permettant aux consommateurs de pouvoir lire n’importe quel ouvrage sur l’appareil de leur choix. En outre, les lecteurs devraient avoir la liberté de choisir où acheter leurs livres numériques et ne pas être captifs de l’écosystème d’un fournisseur.

    Réaffirmer l’importance des livres dans les politiques d’enseignement. Le livre reste le meilleur accès à l’éducation. Face au défi de l’illettrisme, il est essentiel de mettre des livres, quels que soient leurs supports, dans les mains de chaque enfant. Toute réforme des systèmes d’éducation en Europe doit prendre en compte le rôle fondamental des ressources pédagogiques éditées professionnellement, garantie de qualité pour les élèves et de liberté de choix pour les enseignants. »

    France Info qui relaie l’information précise que les fédérations demandent que la TVA sur le livre numérique soit uniformisée et à un taux réduit au niveau européen, et qu'elle soit la même que celle du livre classique considéré lui comme un bien culturel. La journaliste Marie-Christine Vallet explique « à partir du 1er janvier 2015, un livre acheté sur Internet sera taxé au taux du pays du lecteur-acheteur. Actuellement, la TVA appliquée est celle du pays d'établissement du vendeur (libraire, Amazon...). Ainsi Amazon, établie au Luxembourg vend au taux de 3% à l'acheteur d'un autre pays. En 2015, la taxe ne sera plus de 3% pour cet acheteur ; si par exemple celui qui a commandé le livre numérique est belge, le taux sera celui de la Belgique, soit 21%. »


  • Ces livres qui dérangent

    « Les professeurs Philippe Even et Bernard Debré interdits d'exercer la médecine pendant un an ». Cette information parue dans Le Monde est la conséquence directe de la parution – et du succès avec plus de 200 000 exemplaires vendus – du « Guide des 4 000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux » publié en 2012 (Cherche midi éditeur). Une sanction que conteste Bernard Debré qui défend un « livre nécessaire ».

    Robert N. Proctor, Golden Holocaust, Omerta dans les labos pharmaceutiques, Les éditions des Equateurs, Cherche midi éditeur, Vino Business, Albin Michel,Isabelle Saporta,Flammarion, Irène Frachon, éditions-dialogues.fr,Philippe Even, Bernard Debré, Mediator 150mg, laboratoire ServierDes livres nécessaires, il n’en manque pas dans le monde de l’édition, des ouvrages très documentés, souvent signés par des spécialistes, et qui ont le mérite d’attirer l’attention sur des scandales, passés ou à venir, comme ce fût le cas en 2010 avec le livre du Docteur Irène Frachon « Mediator 150mg » (éditions-dialogues.fr) dont le sous-titre « combien de morts? » fut censuré à la demande des laboratoires Servier. L’éditeur condamné en première instance avait du réimprimer 5 500 exemplaires. En 2011, la cour d’appel rétablit l’intégrité du titre.

    C’est encore le cas avec « Omerta dans les labos pharmaceutiques : confessions d'un médecin » (Flammarion) qui révèle sous les signatures du docteur Bernard Dalbergue qui y travailla jusqu’en 2011, et de la journaliste Anne-Laure Barret, les pratiques peu orthodoxes du laboratoire américain Merck pour mettre ses médicaments sur le marché.

    La santé toujours avec « Golden Holocaust » de l’américain Robert N. Proctor, un pavé de 704 pages qui détaille l’hégémonie des cigarettiers. Les éditions des Equateurs présentent ainsi le livre « Robert N. Proctor s’appuie sur les volumineuses archives de l’industrie américaine, longtemps restées secrètes, pour expliquer comment la cigarette est devenue la drogue la plus utilisée de la planète, avec six billions d’unités vendues chaque année. Il brosse un portrait terrifiant des industriels du tabac qui conspirent pour nier les cancers provoqués par leur produit, tout en ralliant à leur cause des légions de scientifiques et de politiciens. »

    Autre domaine, celui de la vigne avec « Vino Business » (Albin Michel) d’Isabelle Saporta dont les 250 pages d’enquête se sont rapidement attirées les foudres du milieu viticole « une plainte pour diffamation a été déposée auprès du tribunal de grande instance de Paris par Hubert de Bouärd, propriétaire du Château Angélus - premier grand cru classé de Saint-Emilion - et homme fort du Bordelais », et de la presse régionale comme Sud Ouest qui a titré « Un livre bouchonné au parfum d'approximation » (Le Parisien). A lire sans modération.

    En photo : La couverture américaine de « Golden Holocaust » très explicite et la version hexagonale, co-éditée avec la Mutualité française.

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