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  • Les malheurs de Jean-Louis Fournier

    Drôle de vie que celle de Jean-Louis Fournier, « fils d’un médecin (alcoolique) décédé à l’âge de 43 ans et d’une mère professeur de lettres, neurasthénique » (France Inter), deux enfants handicapés issus d’un premier mariage, une seconde femme qui décède brutalement, et une fille mystique. Des tragédies et un destin dont il a tiré la matière de ses derniers livres et de deux spectacles (en 2012, Mon dernier cheveu noir, un one-man-show sur la vieillesse présenté au théâtre du Rond-Point).

    Drôle de parcours que celui de Jean-Louis Fournier, réalisateur de télévision, il est aussi le créateur du dessin animé La Noiraude, une vache qui enchantera des milliers d’enfants sur TF1 en 1997 (rediffusée en 2008 sur Gulli). Il travaillera ensuite avec l’humoriste Pierre Desproges dont il mettra en images la série La Minute nécessaire de Monsieur Cyclopède, et les deux derniers spectacles.

    Ses premiers livres, La grammaire française et impertinente (1992) et L’Arithmétique appliquée et impertinente (1993) lui apporteront la notoriété, mais c’est dans la partie sombre de sa vie qu’il puisera les sujets de ses futurs livres.

    En 1999, il évoquera son père dans Il a jamais tué personne mon papa (disponible en Livre de poche), puis en  2008, il publiera Où on va papa ? (Stock) best-seller qui obtiendra le prix Fémina où il relate sa confrontation avec ses deux fils handicapés physiques et mentaux. Un récit que la mère des enfants Agnès Brunet qualifie de « roman » et qui l’amène à faire cette précision sur un blog créé pour l’occasion « Je refuse l’idée désespérante que le passage de Matthieu et de Thomas sur cette terre n’était finalement destiné à rien. Rien d’autre qu’à accabler leur père et à servir de sujet à un livre, aussi excellent soit-il. » Trois ans plus tard, c’est la mort de Sylvie, sa seconde femme avec qui il a vécu plus de 40 ans, qui lui inspire Veuf (Stock).

    Jean-Louis Fournier, Marie Fournier, Cette année, il consacre son dernier livre La servante du Seigneur (Stock) à sa fille Marie qui a « rencontré Jésus », ce qui n’a pas eu l’air de plaire à son géniteur. Le livre, lui, déplaît à sa fille et comme nous l’apprend le Nouvel Observateur, un droit de réponse de 5 pages a du y être intégré. Marie Fournier y écrit « Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un père qui offre sa propre fille au monde entier après l’avoir défigurée. En tant que ‘‘chef-d’œuvre’’ cubiste de Jean-Louis Fournier, j’aurais préféré que ce dernier le garde accroché dans sa maison. Il avait promis. Par générosité, il a voulu en faire profiter tout un chacun. M’y résigner était le prix à payer pour garder un père, même si j’en ressors flétrie.»

    Drôle de carrière littéraire que celle de Jean-Louis Fournier. Si la poésie et surtout l’humour noir et le cynisme parsèment ses livres et semblent l’aider à prendre du recul face aux événements, l’étalage de cette vie familiale bouleversée dérange. Cependant force est de constater que le malheur teinté d’ironie se vend bien, avec 317.000 exemplaires pour Où on va papa ? On notera finalement qu’après avoir évoqué la vie de chaque membre de son entourage, il ne lui reste plus qu’un seul sujet à exploiter : Jean-Louis Fournier.

  • Levy ou Musso

    Quel livre avez-vous emporté cet été, un livre de Marc Levy ou un livre de Guillaume Musso? Ou peut-être les deux ? Le magazine Capital s’est intéressé à eux et a consacré un grand dossier à la compétition éditoriale et commerciale que se livrent ces deux auteurs dans les librairies et sur Internet.

    La première information étonnante dévoilée par l’article est que les deux éditeurs de ces écrivains à succès appartiennent au même groupe, Editis, qui est lui-même une propriété du groupe espagnol Planeta. Donc, Musso est édité depuis 2004 par XO et Levy depuis 2000 par Robert Laffont. Autre particularité, Editis possède également la collection Pocket qui édite les versions poche de Guillaume Musso et Marc Levy.

    « Cette promiscuité n’empêche pas la concurrence entre les deux écuries d’être féroce » constate Capital qui rajoute « Eh oui, fini le temps où, dans le milieu feutré de Saint-Germain-des-Prés, «marketing» résonnait comme un gros mot. Devenus des produits de grande consommation, certains livres se vendent comme des lessives. Notamment sur le créneau de la littérature populaire – «de gare», disent les mauvaises langues – où les rivaux Marc Levy (51 ans) et Guillaume Musso (39 ans) règnent en maîtres : 14 romans et 28 millions d’exemplaires pour le premier, 10 titres et 18 millions pour le second. »

    Le journal compare également le style de chacun « en magasin, Musso et Levy se retrouvent toujours côte à côte. Normal, ils sont sur le même registre : un zeste de surnaturel, un poil de romantisme, un trait de suspense, le tout emballé dans une écriture facile d’accès mais jamais vulgaire, y compris dans les scènes chaudes ».

    Heureusement aucun de ces millionnaires du livre « n’a viré bling-bling » et chacun  cultive « une frugalité apparente », des « look passe-partout »  et « gèrent leur fortune en bons pères de famille, placements immobiliers, assurance vie, etc. ». Ils n’hésitent pas également à aller au contact du public en multipliant les séances de dédicaces à travers l’hexagone, ce qui augmente considérablement leur capital... de sympathie.

    Capital détaille les dispositifs de vente mis en place par leur éditeur pour écouler 500 000 exemplaires en quelques mois et donne aussi le secret de leur réussite « ces deux machines à succès sont connues pour être de «vrais gentils », doublés de «gros bosseurs, enfermés seuls, sans assistant ni nègre, six mois par an pour écrire ».

    C’est aussi simple que ça.

    L’intégralité de l’article de Nathalie Villard « Musso-Lévy : ça chauffe entre les millionnaires du livre est disponible sur le site de Capital.fr.

     

    Marc Levy, Guillaume Musso, Editis, Planeta, Capital.fr, Pocket, Nathalie Villard

  • Léa Seydoux et la rentrée littéraire

    Télérama a choisi de dédier la totalité de la couverture de son numéro « Spécial rentrée littéraire » à la pulpeuse actrice Léa Seydoux, pourtant l’hebdomadaire n’en consacre pas moins de 12 pages au livre et aux auteurs (n°3319, dans les kiosques jusqu’au 30 août). Au menu un entretien avec l’écrivain américaine Laura Kasischke, une question « à quoi servent les prix littéraires ? » à propos de la parution du livre de  Sylvie Ducas « La Littérature, à quel(s) prix ? » (La Découverte), un dossier sur «  La mutation de l’animal lecteur », une rencontre avec l’écrivain Alan Hollinghurst « écrivain culte outre-Manche, « gay » mais pas que », et la série « 1913, un été en France », qui évoque Marcel Proust, Gaston Gallimard et Charles Péguy. Petit supplément, un reportage sur les Cévennes où « depuis trois siècles, les protestants s’accrochent à leurs montagnes. La plume à la main et y entretiennent un bel esprit de résistance. »

    Le Figaro publie la liste des écrivains les plus riches dévoilée par le magazine économique américain Forbes. Les chiffres bruts : 

    Le Top 10 des écrivains les mieux payés du monde en 2011.

    1. James Patterson (94 millions de dollars)

    2. Stephen King (39 millions de dollars)

    3. Janet Evanovich (33 millions de dollars)

    4. John Grisham (26 millions de dollars)

    5. Jeff Kinney (25 millions de dollars)

    6. Bill O'Reilly (24 millions de dollars)

    7. Nora Roberts (23 millions de dollars)

    8. Danielle Steel (23 millions de dollars)

    9. Suzanne Collins (20 millions de dollars)

    10. Dean Koontz (19 millions de dollars)

    Un commentaire accompagne cette liste « Il ne vous aura pas échappé que ces 15 auteurs sont tous de langue anglaise. Cette hégémonie est-elle un nouveau signe de l'endémique protectionnisme américain ? Ou bien est-ce la preuve de la totale incuriosité du grand public pour les romans venus d'ailleurs ? »

    Le Nouvel Observateur nous annonce 555 nouveaux livres pour la rentrée littéraire. Parmi eux « C'est, dès septembre, un beau cadeau de Noël de la maison Sonatine : le scénario inédit d'un film que le maître italien avait écrit après «Huit et demi», et qu'il regretta toujours de n'avoir jamais tourné. Dans « Le Voyage de G. Mastorna », qui devait être interprété par Marcello Mastroianni, et filmé en noir et blanc comme « La Dolce Vita », Fellini raconte le voyage d'un homme qui ne se sait pas encore mort dans un au-delà étrangement semblable au monde des vivants, créatures felliniennes comprises. »

    product_9782070141173_195x320.jpgLa Croix nous apprend le décès à 95 ans de « Henri Bertaud du Chazaud, le « grappilleur » de mots », linguiste et lexicographe qui comptait Anna Gavalda parmi ses admirateurs. Au journal elle déclare « Dans mes livres, je glisse toujours des mots que l’on ne trouve que chez lui. L’une de mes nouvelles à paraître contient le terme « pchuteux », qui désigne un jeune homme prétentieux. J’aime lui emprunter des expressions anciennes ou à caractère régional. » Il est l’auteur du « Dictionnaire de synonymes, mots de sens voisin et contraires » paru en 2007 et réédité en 2013 dans la collection Quarto de Gallimard.

    Je retourne à la plage (profiter des quelques heures qui me séparent de la rentrée... littéraire bien sûr).

    A bientôt.

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