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  • De quels livres parle-t-on sur le Net ?

    Qui est le mieux placé pour parler des livres si ce n’est le lecteur ? J'ai déjà évoqué de nombreux sites ou blogs dans lesquels les passionnés de littérature partagent leurs points de vue, mais depuis quelques semaines un nouveau site est apparu, spécialisé visiblement dans le livre numérique.

    Phonereader se présente comme « une librairie et maison d’édition 100% numérique qui valorise les livres en fonction de leurs dernières critiques sur le web et les réseaux sociaux. »

    Sur la page d’accueil, le site indique aux visiteurs «  les articles les plus récents correspondant aux livres numériques qui font parler d’eux sur Internet… » et précise « Dès qu’une critique ou une mention est publiée sur le réseau à propos d’un livre présent dans notre Base, le descriptif de l’ouvrage et le contenu critique sont automatiquement mis à jour et proposés sur la Home à tous nos visiteurs ! Les articles sont ensuite disponibles dans notre système de blogs qui référence méthodiquement les contenus et commentaires par spécialité », et de conclure « Génial non ? »

    Livre Hebdo précise « 36 livres figurent sur la page d’accueil de PhoneReader : ce sont les e-books les plus cités à ce moment précis parmi les critiques et évocations qui circulent sur le web. Cette nouvelle librairie numérique en ligne, née début juin, s’appelle un « social ebookstore » selon son créateur Jean-Philippe Pastor. 85 000 références de livres numériques figurent dans la base du site de PhoneReader ; un logiciel scanne le web grâce aux flux RSS et hashtags afin de faire remonter sur le site les critiques liées à ce livre. »

    Le catalogue qui va de l’essai aux nouvelles technologies, en passant par les loisirs, les sciences ou la spiritualité, couvre tous les domaines de l’édition, enfin je suppose, car mon ordinateur (ou leur logiciel) ramait un peu et je n’ai pu accéder à toutes les rubriques.

    PhoneReader joue pleinement la carte du « tout électronique » et propose aussi une application pour tablette et mobile (dont l’efficacité varie selon les matériels), et publie ses contenus sur une douzaine de réseaux sociaux.

    « Le buzz plutôt que la nouveauté » commente Actualitté.com à son propos, une façon comme autre de réinventer le bouche à oreille qui est souvent la clé du succès d’un livre. 

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  • Presse livres

    « La vanité, une passion française ? ». Sous ce titre BibliObs publie un entretien avec Edouard Launet (Le Petit Livre des gros égos - PUF) et Ollivier Pourriol (On/Off, - Nil). Question de David Caviglioli : « Beaucoup des personnages croqués par Edouard Launet ont écrit des livres, de PPDA à Thierry Ardisson jusqu'aux frères Bogdanov. Pourquoi est-il si important de passer pour un écrivain ? » Réponse d’Ollivier Pourriol : « Les célébrités n'ont plus besoin d'être associées à une oeuvre. Elles soufrent donc d'un sentiment d'imposture tant qu'elles n'ont pas produit le livre. D'une certaine manière, elles savent ce qui a de la valeur. J'ai observé ça au « Grand Journal »: le livre est méprisé comme un truc ringard que personne n'a le temps de lire, et en même temps il confère un statut. Ceux qui détruisent le livre sont ceux qui l'admirent le plus. Il y a le temps court de l'intervention médiatique, et le rêve de s'inscrire dans le temps marmoréen de la création littéraire. Camus disait qu'entre le politique et l'écrivain, à la fin, c'est l'écrivain qui gagne. Le plus armé n'est pas le plus puissant. Ces gens-là savent que leur domination ne vaut rien. ça les travaille. »

    Le Figaro l’annonce « Harlequin sort son premier roman lesbien » et commente « Une première en trente-cinq ans d'existence. L'éditeur, qui s'est toujours cantonné aux relations hétérosexuelles, ose rompre avec sa formule proverbiale. Dans la collection HQN (marque numérique d'Harlequin) paraît « Nadya & Elena », une histoire d'amour saphique entre deux athlètes de haut niveau en lice pour les JO de Londres. ». Contatation du quotidien « Après s'être engouffré avec avec la collection « Spicy » dans la brèche du porno-soft ouverte par « Fifty Shades of Grey », Harlequin flirte donc avec «des horizons plus arc-en-ciel». Difficile de ne pas y voir une opération opportune de marketing de la part d‘un éditeur dont l'audace n'est pas, à première vue, une vertu cardinale. »

     « Inferno » de Dan Brown (J-C Lattès) est, selon Livres Hebdo, en tête des meilleures ventes de livres devant « Le meilleur médicament c’est vous ! » du Dr Frédéric Saldmann et « Le gardien de phare » de Camilla Läckberg. L’Express fait passer à Dan Brown son « test de la page 99 » et écrit à propos du nouveau best-seller : « Les antagonistes s'affrontent pour notre plus grand plaisir. Des méchants, très méchants mais un Pr. Langdon absent dans cette page 99. Un page-turner bien ficelé qui semble surfer sur les mêmes vagues que les précédents: complots, intrigue en béton et fin du monde en perspective. Une conversation qui séduit tant elle nous donne l'impression d'être dans la confidence. On l'écoute avec attention. Vite, tournons la page. » 

    Paris Match consacre un article aux films de long-métrages adaptés de bandes dessinées (Astérix, Tintin, Michel Vaillant, Largo Winch, etc.) et passe en revue les échecs et les réussites du genre. Le magazine s’interroge sur le succès de « Joséphine » tiré de la série de Pénélope Bagieu et détaille les prochaines sorties : « Les Nombrils » et surtout « Les Taxis rouges », une aventure de Benoît Brisefer, sont annoncés prochainement sur les écrans. Le cinéma d’auteur s’est aussi entiché du neuvième art, vivier presque intarissable de talents et d’auteurs. On attend avec impatience de découvrir « Quai d’Orsay » de Bertrand Tavernier, adapté de la BD éponyme de Christophe Blain et d’Abel Lanzac, alors que la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, « La Vie d’Adèle » est une transposition très personnelle de l’un des succès d’édition de ces dernières années, « Le Bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh, aux éditions Glénat.

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  • Maurice Nadeau éditeur de son siècle

    Pour tous ceux qui aiment les livres et qui rêveraient de devenir éditeur comme Maurice Nadeau, « éditeur génial » (Le Monde) disparu le 16 juin 2013 à 102 ans, voici quelques traces de son itinéraire :

    41YPND9QBNL._SY445_.jpgNé le 21 mai 1912 à Paris, Maurice Nadeau avait pris le goût de la lecture indirectement de son père, un homme de la campagne "monté" à Paris pour faire le coursier, qui écrivait des chansons à ses heures. Mort sur le front en 1916, il avait laissé à ses deux orphelins une bibliothèque hétéroclite où l'on piochait les livres au hasard, de la Bible aux romans roses en passant par les Contes de La Fontaine. (Le Monde)

    « Pendant toute ma vie, j’ai toujours eu la bonne place pour découvrir des écrivains. J’étais à l’affût, j’écoutais, je lisais beaucoup, des manuscrits, les revues, la presse étrangère ». D’après l’AFP citée par Libération

    Le nouveau l'intéresse. La résonnance entre le style et l'époque. De la littérature, le trotskiste Nadeau n'attend jamais la conformité idéologique, mais cherche la singularité du regard, l'implication folle et totale d'un écrivain dans son monde, dans le monde. (Le Monde)

    « Contre la censure à l'occasion des poursuites contre Henry Miller. Contre les familles à propos d'Antonin Artaud. Pour des auteurs peu connus du public comme Henri Michaux, Georges Bataille, Maurice Blanchot ou Paul Léautaud. Pour de nouveaux venus, Jean Genet ou Samuel Beckett. J'accueille André Breton, de retour, glorieux mais éclipsé par Sartre et Camus, lesquels règnent. Je donne la parole à un jeune inconnu, Roland Barthes.» Cité par Le Figaro

    « Je privilégie les ouvrages qui interrogent le lecteur ou dont je perçois que leurs auteurs n'ont pas été sans se poser la question qu'a formulée Blanchot : “Qu'est-ce qu'écrire ? Pourquoi écrire ?”. J'écarte du même coup et tout naturellement les auteurs à succès, les bonnes âmes et les donneurs de leçons, ceux qui visent (pourquoi pas ?) le simple divertissement. » Cité par Le Figaro

    La Quinzaine littéraire, menacée depuis sa naissance de disparition, a connu récemment un épisode dramatique. On a bien cru que c’en était fini de cette revue entièrement vouée aux livres, aux écrivains et à l’édition, de cette « feuille » à l’ancienne, ultime représentante de trois siècles d’intérêt français pour les choses de l’esprit et de la plume. Mais Maurice Nadeau avait de la ressource et toute sa tête. Il a réagi comme il convenait, et a créé une société par actions (valeur : 100 € l’action) ouverte aux lecteurs, dans le but de réunir un capital de 80 000 € (http://www.quinzaine-litteraire.presse.fr/quinzaineenperil.php). Causeur.fr

    Le rencontrer dans son bureau balzacien de La Quinzaine littéraire, dont il a assuré la direction jusqu'au bout de ses forces, c'était se trouver en présence du « dernier des Mohicans », rebelle qu'aucun groupe, aucune instance, aucun cénacle ne parviendra à apprivoiser et encore moins à embrigader. Véritable institution de la marginalité, Maurice Nadeau pouvait se permettre de regarder de haut les beaux esprits qui venaient frapper à sa porte. (Le Figaro)

    Il adorait ça, Maurice, être à sa table de travail, lire, écrire, recevoir les écrivains, animer la revue, découper et coller, mettre en page, surveiller l'imprimerie. (Le Monde)

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    A lire de Maurice Nadeau : Grâces leur soient rendues (Albin Michel -1990), Une vie en littérature, conversations avec le philosophe Jacques Sojcher, sous le titre Une vie en littérature (Éditions Complexe, 2002), Serviteur !, sous-titré Un itinéraire critique à travers livres et auteurs depuis 1945 (Albin Michel, 2002), Le chemin de la vie, entretiens avec Laure Adler (éditions Verdier – le site de cet éditeur propose de nombreux articles de presse consacrés à Maurice Nadeau).

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