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Petits éditeurs, grands livres

Des intuitions, des envies, c’est souvent ce qui pousse certains professionnels de l’édition à lancer leur propre maison d’édition. Le plaisir aussi, celui de travailler avec les auteurs et de partager la création d’un livre avec eux.

Qui connaîtrait aujourd’hui l’œuvre de Nina Berberova, Paul Auster, Stieg Larsson, sans la création en 1978 par Hubert Nyssen des éditions Actes Sud dans une bergerie de la vallée des Baux de Provence ?

Elles sont quelques-unes, ces maisons d’éditions, de Minuit, Sonatine, P.O.L, de Fallois, Héloïse d'Ormesson, Viviane Hamy, et des centaines d’autres, qui arrivent malgré tout à être présentes dans la cour des grands. De « petites » maisons d’édition, avec ou sans trop de moyens financiers, qui gardent pour objectif la promotion de la littérature.

consolante.jpgQuelquefois, le succès est même au rendez-vous. L’Express a récemment consacré un article à trois de ces éditeurs (des éditrices en l’occurrence) qui ont su dénicher la perle rare et lui ont fait confiance. Et les auteurs sont – parfois – reconnaissants. Ainsi raconte l’hebdo, « Anna Gavalda, qui fait les beaux jours du Dilettante, n'a pas été plus sensible à la danse du ventre effrénée - une offre allant jusqu'à, dit-on, 300 000 euros ! - de ceux qui l'avaient boudée dans le passé. Pourquoi tous ces zéros ? Parce que chaque titre de la romancière s'écoule en moyenne à 1 million d'exemplaires, poche compris, tandis qu'Ensemble, c'est tout a atteint les 2 millions. » 

 Mais ce n’est pas toujours le cas. Les éditions Carrière qui avaient découvert Paulo Coelho ont frôlé le dépôt de bilan après le départ de cet auteur pour Flammarion. Récemment la jeunesse dessinatrice Pénélope Bagieu publiée pour la première fois avec succès par Jean-Claude Gawsewitch, n’a pas résisté aux sirènes de Delcourt, un des plus gros éditeurs français de bande dessinée. Mais parfois il vaut mieux être unique dans un vaste océan plutôt qu’un gros poisson dans un aquarium.

Malheureusement tous les éditeurs indépendants n’ont pas cette chance et il n’est pas toujours facile d’exister. En 2012, Gérard Cherbonnier, directeur des éditions du Petit pavé, fustigeait dans une tribune l'industrie du livre « aux mains de ces groupes financiers », qui « pratique les recettes habituelles de monopole de distribution et de vente, de réseau médiatique et de déferlement publicitaire, et fait perdre ainsi le rôle essentiel du livre : son lien social, son rôle d'émancipation culturelle », et constatait « de fait aujourd'hui la valeur d'un livre est uniquement fonction de son retour sur investissement et non de son contenu. »

On ne compte plus le nombre de succès littéraires qui n’auraient jamais existés sans ces éditeurs passionnés. Une liberté souvent cher payée mais indissociable de l’amour du livre.

 

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