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  • L’avis des lecteurs

    La presse a récemment annoncé l’achat  par Amazon du réseau social internet littéraire Goodreads. Peu connu en France, ce site américain lancé en 2007 à San Francisco, réunit 16 millions de membres et 30 000 clubs de lecture qui s’échangent des recommandations de livres. Celles-ci vont s’ajouter aux avis publiés sur le site marchand dont le vice-président, Russ Grandinetti, a déclaré « Ensemble nous avons l'intention de concevoir de nouvelles manières d’enchanter les lecteurs et les auteurs ».

    Internet et les lecteurs font bon ménage, même en France. Quelque 400 blogs ou sites de langue française publient des notes de lectures (Petites lectures entre amis – 1.4.2012). Un phénomène que les spécialistes de l’édition tentent d’exploiter.

    Bookinity est un de ceux-là. On peut y «créer et gérer sa liste d’envies de lecture», s’«informer sur les dernières parutions, choisir un livre selon son humeur, suivre les dernières publications des blogueurs littéraires, jouer à la Book roulette pour découvrir de nouveaux livres». Sur la page d’accueil, une video explique le fonctionnement du site communautaire et invite les internautes à le commenter pour participer à son « processus de développement » participatif. Sur inscription.

    Mybooxaffinity.fr lui se présente comme « le site des amoureux des livres » et permet à travers son profil de « rencontrer le livre idéal parmi les dernières sorties ». Il complète le site d’informations sur l’édition Myboox.fr qui publie des conseils de lecture et propose son propre club de lecture. Toujours à travers le profil lecteur, cerné à l’aide d’une série de questions, portant sur le sexe ou l’âge par exemple, il permet aussi d’orienter la recherche d’un livre idéal à offrir.

    Plus que le livre numérique, ou les tablettes, Internet et les réseaux sociaux semblent changer la relation des éditeurs avec les lecteurs. Ces derniers font valoir leurs opinions et le font savoir.

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    Pierre-Auguste Renoir, La lecture (1890)

  • Quand les journaux parlent du livre

    Comment rater une photo d’écrivain

    Chronique hilarante de David Caviglioli dans le Nouvel Observateur sur les diverses façons de photographier les écrivains : « On ne parle pas des écrivains patrimoniaux photographiés avec soin, les Roth par Peterson ou Beckett par Avedon. Ni des commandes ponctuelles passées par la presse à des photographes de talent, qui donnent souvent de beaux portraits. On parle du tout-venant médiatique: un écrivain qui sort un livre est en général shooté par le photographe attitré de sa maison d’édition, qui doit enchaîner les séances sans forcément avoir le temps de réfléchir à ce qu’il fait. Dans les semaines qui suivent, l’écrivain est à nouveau mitraillé par les agenciers à chaque passage télé, salon, signature, remise de prix, à la chaîne, en même temps que des dizaines d’autres écrivains. »

    Les écrivains et le numérique

    Dans Les Inrocks Philippe Djian est interrogé sur sa relation avec le livre numérique : « J’ai besoin d’avoir du papier dans les mains, de tourner les pages. J’aime bien avoir un gros livre entre les mains, voir l’effort que je fournis. Il y a des gens qui utilisent les tablettes pour faire les malins, parce que ça fait moderne. Mais il y aura toujours des gens qui aimeront les livres imprimés. Reste que j’ai beaucoup de mal à me mettre dans le camp de ceux qui refusent parce que c’est à cause de ce genre d’attitude qu’on vit dans une société bloquée. Et puis on ne peut pas aller contre ces nouvelles technologies. » D’autres écrivains comme Virginie Despentes, Frédéric Beigbeder, ou Tristan Garcia s’expriment aussi sur ce sujet.

    Des aides pour les libraires indépendants

    C’est dans le cadre du Salon du livre de Paris que Aurélie Filippetti ministre de la Culture a annoncé un plan d’aide aux librairies indépendantes pour « préserver la diversité culturelle, la "bibliodiversité" ». Le Monde écrit : « "Les librairies sont évidemment fragilisées, avec le taux de marge le plus faible" de l'ensemble des commerces de proximité en France, a souligné la ministre. "Si ce réseau se délite, c'est l'ensemble de l'économie de l'édition qui risque d'être mis à mal", a-t-elle prévenu. "Le libraire s'inscrit, comme les bibliothèques, dans le réseau qui permet la création et la diversité éditoriale". La France bénéficie d'un des réseaux les plus denses au monde, avec quelque 2 500 librairies professionnelles, contre à peine 1 000 en Grande-Bretagne. »

    La disparition d’un jeune éditeur

    L'écrivain et éditeur Jean-Marc Roberts est mort des suites d'un cancer, à l'âge de 58 ans. Il venait de publier « Deux vies valent mieux qu’une » où il évoquait son enfance, son métier et sa maladie. Dans un entretien récent à Libération il déclarait : « je ne me vante pas d’être inculte, mais un homme inculte qui, finalement, réussit, pendant quarante ans, à énerver tout le monde avec les livres qu’il publie - que les gens les aiment ou pas, qu’ils soient choqués ou pas -, et surtout qui se bat pour imposer des livres et des auteurs que les gens n’aiment pas, pour imposer une tendance, c’est extraordinaire. Ne pas disparaître, ce n’est pas mal dès lors comme mode de vie pour un éditeur… Rien à voir avec trop tôt ou trop tard, ce n’est pas une question de date. En fait, je dois avouer que j’aime bien énerver les autres, et ne pas disparaître. Parfois, ça les énerve. Et ça, ça m’amuse beaucoup. »

    Photo, l'écrivain situationniste Guy Debord fait la Une de Libération à l'occasion de l'exposition de ses archives à la BNF (27 mars - 13 juillet 2013).

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  • Quelle BPI pour demain ?

    bpi,centre pompidou« Les bibliothèques demeurent l’équipement culturel le plus démocratique de notre pays et la BPI occupe, de ce point de vue, une place privilégiée. En dépit d’une moindre attractivité constatée ces dernières années, elle continue de répondre à une forte demande sociale pour un accès aisé à des espaces de travail et d’étude. » Ceci est un extrait de la lettre de recadrage adressée au directeur de la Bibliothèque Publique d’Information à Paris par Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, à la suite des fortes inquiétudes manifestées par les personnels sur la réorganisation de leur établissement public.

    Car la BPI dont les locaux sont imbriqués dans le Centre Pompidou n’est pas une bibliothèque comme les autres. Elle reçoit plus de 5500 visiteurs par jour, soit 1 650 000 par an, et met à leur disposition 353 300 livres, près de 12 000 périodiques, imprimés ou sur support électronique, des films documentaires, des archives sonores, et des expositions virtuelles.  

    L’organisme répond ainsi à la vocation première que voulait lui donner son fondateur Jean-Pierre Seguin de devenir un « centre vivant de culture et d'information », une « médiathèque » comme l’indique le sous-titre du livre « Comment est née la BPI » qu’il lui a consacré. Quelques temps après l’ouverture, il écrit « Quoique un peu abasourdi par l’ampleur de la fréquentation, j’en retenais surtout l’aspect positif : la constatation d’un immense besoin d’information et de culture. E, si l’énorme affluence quotidienne posait des problèmes d’ordre, de sécurité... et de reclassement des collections d’une dimension imprévue, j’observais que dans la grande majorité, les simples visiteurs de tous âges et la quasi-totalité des usagers se comportaient de façon très libre certes, mais respectueuse de la finalité des lieux, et révélatrice d’une satisfaction générale. »

    Un esprit qui perdure. L’outil est encore aujourd’hui très utilisé, notamment par un grand nombre d’étudiants, dont le travail est facilité par un accès libre et des heures d’ouvertures très larges, plus de 60 heures par semaine, de 11h à 22h chaque jour. Elle est uniquement fermée le mardi.

    Plus de 250 personnes accueillent les usagers (avec des facilités pour les personnes handicapées) qui ont à leur disposition, outre les collections de livres (17 000 sont acquis chaque année), 450 postes informatiques, des photocopieurs, et des équipements pour déficients visuels. Un service d’autoformation propose plus de 4 500 documents permettant de se former – entre autre - à l’apprentissage, à la remise à niveau, au perfectionnement des langues, à l’expression écrite, à l’informatique et même au code de la route. En  2006, la BPI a rénové son portail de recherche documentaire, un des services offerts par son site web.

    La bibliothèque publique organise également des conférences, des débats, des expositions, des projections de cinéma documentaire, et contribue à l’animation et au développement du réseau des bibliothèques territoriales.

    Au mois de septembre 2012, le personnel inquiet déclarait dans un communiqué qu’il avait «l'impression que des missions qui faisaient la réputation de la BPI au niveau national (mission handicap, autoformation, coopération...etc.) sont délaissées au profit de la volonté de transformer l'établissement en une simple salle d'espace culturel, où l'on trouverait parfois des livres... ». On devrait apprendre dans quelques semaines si ce sera finalement le cas.

     

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