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  • Le livre c’est dans la poche

    Dans les années 1950 Le Livre de Poche (marque déposée) en divisant le prix des livres par quatre et en misant sur une grande diffusion a beaucoup favorisé l’accès à la lecture.

    Si « l’invention » du petit format remonte au XVème siècle avec les progrès de l’imprimerie, c’est la vente par colportage au XIXème siècle qui va populariser ces ouvrages à bas prix souvent mal façonnés et qui traitent de sujets aussi divers que du théâtre, des jeux, de l’astrologie, ou des romans. En 1852, c’est Louis Hachette, fondateur de la maison éponyme, qui s’inspirera d’un modèle britannique en ouvrant des librairies de gares où l’on trouve des livres de petit format destinés aux voyageurs. Au début du XXème siècle, d’autres tentatives seront faites pour occuper ce nouveau marché, - Modern Bibliothèque, Le Livre de demain, Le Livre moderne illustré, Le Livre d’aujourd’hui - mais aucune ne s’imposera durablement.

    En France, c’est Henri Filipacchi, le père du futur magnat de la presse Daniel Filipacchi, qui va, en 1953, s’inspirant des « pocket-book » américains lancer ce que l’on connaît encore aujourd’hui sous l’appellation Le Livre de Poche.

    L’idée de base est « que Le Livre de Poche est le résultat d’un accord entre la presque totalité des éditeurs, pour mettre à la disposition du public, sous une forme accessible et pratique, les grands chefs-d’œuvre de la littérature. » Une sorte de « Pléiade populaire », elle aussi crée par Henri Filipacchi quelques années auparavant.

    Le succès est immédiat, et de quatre titres publiés par mois, on passe à douze en 1962. Les textes publiés sont issus des fonds d’éditeurs prestigieux comme Gallimard, Denoël, Albin Michel et retrouvent en poche un nouveau public. Zola, Sartre, Camus, Céline, Marcel Aymé, Mauriac, sont désormais accessibles au plus grand nombre. Un des arguments de vente de la collection est aussi qu’on y retrouve le « texte intégral » des ouvrages.

    Livredepoche.jpgEn 1955, c’est la parution du Larousse de Poche qui va propulser les chiffres de vente du poche. Ce best-seller atteindra les 8,7 millions d’exemplaires vendus en 1982, et sera accompagné par le lancement du Livre de Poche Pratique, dont des titres comme La cuisine pour tous de Ginette Mathiot pulvériseront eux aussi tous les records de vente. Le Livre de Poche Classique viendra compléter cette offre et on y trouvera des auteurs comme Balzac, Alexandre Dumas, Rimbaud, Apollinaire, ou Stendhal.

    Depuis cette époque, des collections concurrentes ont vu le jour, J’ai lu, Folio, Pocket, 10/18  mais Le Livre de Poche reste malgré tout un précurseur dans cette volonté de mettre la culture et la connaissance à la portée de tous. En 1958, Jean Giono écrivait à Henri Filipacchi qu'il voyait dans Le Livre de Poche « le plus puissant instrument de culture de la civilisation moderne ».

    En 2013, Le Livre de Poche célèbre ses 60 ans.

    Le site Internet du Livre de Poche.

    Photo : Livre de Poche - non numéroté - publié hors commerce à l'occasion du 30ème anniversaire de la collection.

     

  • La couverture à la Une

    La couverture, c’est l’élément graphique qui contribue à distinguer un livre et à le faire vendre... et qu’on oublie dès qu’on l’a ouvert, mais pas toujours, puisqu’on en parle :

    harry potter,jean-claude götting,michel gourdon,salon du livre,livre de poche,couverturesSur le site Poudlard.org on apprend que  « À l’occasion du quinzième anniversaire de Harry Potter à l’École des Sorciers, l’édition américaine des livres, Scholastic, a révélé la première des sept nouvelles couvertures de Harry Potter. »

    Dessinées par Kazu Kibuishi, celui-ci rend hommage à l’artiste qui l’a précédé dans cet exercice « Les couvertures de Harry Potter par Mary GrandPré sont si fantastiques et emblématiques. Quand on m’a demandé de proposer des dessins, j’ai hésité au début, parce que je ne voulais pas que ces couvertures soient réinterprétées ! Cependant, j’ai senti que si je m’occupais du projet, je pourrais y apporter quelque chose que bien d’autres designers et illustrateurs ne pourraient probablement pas apporter [...]. » En France toutes les couvertures ont été dessinées par Jean-Claude Götting.

    Le Monde a récemment consacré un article à Michel Gourdon (abonnés) illustrateur émérite des couvertures du Fleuve noir à l’occasion de la vente aux enchères de ses œuvres. Le journaliste Yan Plougastel le présente ainsi : « Son nom, il le signe à la pointe du crayon, d'un G qui veut dire Gourdon, avec la même typographie que celle du studio Harcourt. Pourtant, qui connaît Michel Gourdon (1925-2011) ? En un temps que les moins de 30 ans n'ont pas connu, où les romans policiers ont mauvais genre et où la vision d'une gorge féminine à peine décolletée trouble l'ordre public, ce peintre réservé porte haut la culture populaire grâce à la pureté du trait, à la simplicité des lignes, au sens du cadrage hollywoodien. A des femmes qui ne laissent rien ignorer de leurs charmes... ». C’est lui qui a dessiné les couvertures des premiers San Antonio. A lire sur Arrêt sur images l’article publié lors de sa disparition en 2011.

    De son côté, le site The Buried Talent célébrait en mai 2012 « quinze couvertures mythiques de livres (eux aussi mythiques) » mais précise « Il faut reconnaître qu’en matière d’illustration des couvertures de livres, les maisons d’édition américaines et britanniques sont bien meilleures que nos éditeurs français. » « Vous ne trouverez jamais une couverture à la Gallimard ou Stock pour le format hardcover (l’équivalent du broché) car les éditeurs outre-Manche et outre-Atlantique ont compris qu’il fallait associer dès le début un visuel fort à un livre pour qu’il reste plus longtemps dans les têtes. »

    Des visuels forts, on pourra aussi en découvrir quelques-uns dans l’exposition 60 ans de couvertures présentée au Salon du livre de Paris du 22 au 25 mars 2013 à l’occasion des 60 ans du livre de Poche. Des images ancrées dans nos mémoires, et, si aujourd’hui la photo est omniprésente, cette collection s’est distinguée à ses débuts en faisant appel à des concepteurs de talent comme Pierre Faucheux et aux meilleurs illustrateurs de l’époque.


  • La recette du succès d’un livre, ou presque

    A quoi tient le succès d’un livre ? A l’acte d’achat bien sûr, mais encore faut-il que celui-ci soit démultiplié par l’avis des faiseurs d’opinion et des lecteurs. Pour la petite histoire Le petit livre de Nutella : les 30 recettes cultes, de Sandra Mahut (Marabout, cuisine) s’est classé 12ème dans le Top 15 des livres 2012 avec 287.600 exemplaires vendus (GSK).

    Pour La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, de Joël Dicker (De Fallois-L’âge d’homme) le parcours n’a pas été aussi évident pour arriver à se classer troisième après L'appel de l'ange, de Guillaume Musso (Pocket, poche) 546.900 exemplaires, Cinquante nuances de Grey, de E.L. James (Lattès, fiction grand format) 509.900 exemplaires.

    Sur le blog Sans connivence on peut lire ceci à son propos :

    « Vous trouvez que ça ressemble à de l'Harlequin en moins bien ? Vous avez raison et vous flairez déjà le coup marketing formidablement bien orchestré. Personnellement, je ne comprends pas cet engouement pour ce polar mal fichu et pitoyablement invraisemblable. Les personnages sont inconsistants, proches de la caricature et l'écriture encore très adolescente »,

    et cela sur le blog Le goût des livres :

    « l'écriture est d'une platitude confondante. Que ce livre se soit retrouvé sur la liste de plusieurs prix littéraires reste pour moi un grand mystère. Le Goncourt des lycéens, je comprends ce qui a pu les captiver, c'est de leur âge. Mais le Grand prix de l'Académie Française ! ».

    Si chacun des bloggeurs reconnait malgré tout au livre quelques qualités, le jugement global ne porte pas à l’enthousiasme.

    Dicker.jpgAutre point de vue dans la rubrique Culture de L’Express « Un grand roman populaire, dont l'audace et la maîtrise témoignent du talent d'un jeune auteur de 27 ans seulement. Encore inconnu il y a quelques semaines, Joël Dicker s'est imposé avec ce pavé roublard de près de 700 pages comme la révélation de cette année, porté par son désir de "raconter une véritable histoire" », ou sur France TV qui écrit « A partir d'une histoire simple, Dicker nous plonge dans les tourments de l'Amérique profonde. Son écriture rappelle les meilleures pages de Stephen King (lorsqu'il nous sillonne les campagnes Maine, bien avant l'inévitable irruption des zombies !). C'est carré, sans le moindre temps mort, et diablement futé. On sort de cette lecture plein d'admiration pour la maestria de ce jeune auteur (qui a plaqué une carrière de juriste toute prête pour tenter de vivre de sa plume). Une magnifique révélation. »

    Le débat et la controverse sont toujours porteurs de curiosité, et, pour un auteur, rien de tel que de ne pas laisser indifférent les lecteurs. C’est peut-être ainsi que l’on obtient le Grand Prix du roman de l'Académie française et le prix Goncourt des lycéens, mais surtout que l’on vend quelques 492.100 exemplaires, une réussite qui permettra en tout cas à Joël Dicker, déjà auteur d’un autre livre, de continuer sa carrière d’écrivain.

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