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  • Quelques livres à « scandale » de 2012

    Le scandale fait-il vendre des livres ? En 2012, quelques livres ont défrayé la chronique, il est vrai, alimentée par les journalistes. Mais qui s’en souvient encore ? Peut-être ceux qui les ont lus ?

    Au mois de mars, Anne Sinclair a été l’invitée – entre autres - du Grand journal de Canal +, de La Grande librairie, de C à vous sur France 5 et de Vivement Dimanche de Michel Drucker pour son livre 21 rue de la Boétie. Pas de chance, elle ne « revient pas sur l’affaire DSK, ni sur les différents scandales qui ont éclaboussé le couple ces derniers mois, mais sur la vie hors du commun du grand-père d’Anne Sinclair, Paul Rosenberg, célèbre collectionneur d’art et galeriste, notamment, de Pablo Picasso, Braque ou encore Matisse » (MyBoox.fr). On attendra pour cela le livre de DSK.

    Le Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux au service des malades et des praticiens (Le Cherche midi) de Bernard Debré et Philippe Even a créé quant à lui la polémique avec les professionnels de santé. Une controverse relayée par les médias qui a propulsé les ventes au-delà des  200 000 exemplaires. En 2011, les deux mêmes auteurs avaient rédigé suite à l'affaire du Mediator un rapport sur la réforme du système du médicament. Personne n’avait eu alors l’idée de le diffuser en librairie.

    D’après Le Figaro, ils sont au moins 50 000 à avoir acheté l’autobiographie de Mélanie Georgiades plus connu sous le pseudonyme de Diam’s, jeune rappeuse à succès qui avait disparu des bacs des disquaires avant de réapparaître dans les médias couverte d’un voile pour faire la promotion de son livre. L’émission de TF1 Sept à huit atteindra un record d’audience avec plus de 5,7 millions de téléspectateurs lors de son passage. En 2010, la chanteuse écrivait sur son site : « J'ai besoin de dire la vérité, ma vérité... C'est pourquoi je me suis lancée dans l'écriture d'un livre qui devrait sortir en début d'année prochaine. J'ai besoin d'écrire ce livre ». C’est fait.

    Capture d’écran 2012-12-30 à 21.48.54.pngTintin au Congo, la bande dessinée de Hergé n'est finalement pas une œuvre «méchante» et reste autorisée à la vente, a jugé le 5 décembre la cour d'appel de Bruxelles. “L'affaire” avait débuté en 2007, lorsque la Commission pour l’égalité des races, une association anglaise, demande aux librairies britanniques de retirer de leurs rayons l'album sous prétexte qu’elle contient des «préjugés raciaux hideux». Cette offensive sera relayée par un citoyen congolais et résidant belge, Bienvenu Mbutu Mondondo, qui porte plainte en Belgique contre la société Moulinsart, accusant la bande dessinée de porter un message raciste. « Hergé s'est borné à réaliser une œuvre de fiction dans le seul but de divertir ses lecteurs », a décidé la justice belge. Fin (provisoire ?) du scandale.

    Pour faire bon poids, on rajoutera l’autobiographie de Mimi Alford au titre explicite «  Il était une fois un secret : mon aventure avec le président JFK et ses conséquences », ou le best-seller « 50 nuances de Grey » de E. L. James.

    A propos de ce livre, une Britannique de 41 ans, travaillant dans le secteur bancaire, a demandé le divorce après l’avoir lu. Selon le quotidien Direct matin qui rapporte l’histoire « Elle lui a dit qu’il avait une attitude ennuyeuse par rapport au sexe et qu’elle en avait assez », et de s’adonner à de nouvelles pratiques sexuelles, similaires à celles décrites dans le livre.

    On ne mesure jamais assez les effets pervers des livres à scandale.

  • Dans quel étagère ?

    Bientôt Noël et au pied du sapin, les nombreux livres qui nous auront été offerts. Il est encore temps de penser aux étagères qui vont les accueillir. Car le monde de l’édition ce sont les auteurs, les éditeurs, les libraires, mais aussi les meubles qui réunissent tout ce beau monde.

    Et le choix ne manque pas. Encyclopedia, Balzac, Louis XIII, des modèles proposés par La Maison des Bibliothèques (et du dressing) pour les plus fortunés, à l’indétrônable Billy qui figure depuis des années au catalogue d’un fabricant suédois, chacun pourra créer son propre coin lecture.

    Au passage, on peut d’ailleurs se demander quel sera l’impact du livre numérique sur cette filière, mais bon, il semblerait que le livre imprimé ait encore de beaux jours devant lui.

    Il existe donc des bibliothèques avec vitrines, des bibliothèques avec poste de télévision encastré, des bibliothèques d’angle, des bibliothèques composées de modules que l’on peut utiliser en superposition, en juxtaposition, en extension, ou en compositions déstructurées.

    Des journaux de modes & de travaux nous proposeront aussi 100 idées pour réaliser des bibliothèques faites de briques et de planches ou avec des cageots astucieusement assemblés. Le monde de l’étagère est aussi varié que les genres littéraires qu’elle va supporter.

    Depuis 2007, le blog anglais Bookshelf en propose de très originales et nous présente le livre éponyme de son auteur, le journaliste anglais Alex Johnson, à qui le journal Elle décoration a consacré un article et un diaporama. Celui-ci nous donne un aperçu de l’album et permet de découvrir une sélection de ces meubles-rangement. Le livre très illustré a été publié en français sous le titre « 224 bibliothèques design » (éditions Thames & Hudson).

    On retrouve cette créativité sur le site Topito.com qui recense 56 des bibliothèques originales et insolites. Toujours sur Internet il suffit de taper «  fabriquer sa bibliothèque » pour découvrir des dizaines de vidéos qui nous dispensent les conseils de bricolage adéquats pour atteindre ce but.

    La bibliothèque se décline à tout âge. Sur le site Oxybul d’Eveil & jeux, on trouve pas moins de 94 modèles différents de bibliothèques pour enfants. De couleurs vives ou à roulettes, elles sont conçues pour ranger dès le plus âge les livres qui cependant ne sont pas fournis avec.

    Pour finir ce blog ne saurait trop vous recommander la bibliothèque la plus originale qui illustre cette chronique, celle du concepteur de mobilier humain David Blázquez. Seul problème, en plus des livres il faut aussi avoir des amis.

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  • Nom de nom, quel pseudo !

    Il est toujours flatteur de connaître la célébrité sous son véritable patronyme. Pourtant, certains écrivains choisissent de publier leurs œuvres sous un autre nom que le leur.

    la-vie-devant-soi.jpgUn des cas les plus célèbres est celui de Romain Gary qui, voulant expérimenter d’autres styles d’écriture et changer l’image de réactionnaire qu’on donnait de lui, piégea le monde littéraire et ses spécialistes en écrivant quatre romans sous le nom d’Emile Ajar, un auteur qui obtint même le Prix Goncourt en 1975. Durant sa carrière Romain Kacew publiera ainsi sous les pseudonymes de Romain Gary, Émile Ajar, mais aussi de Fosco Sinibaldi et Shatan Bogat.

    Déjà en 1995, L’Express se posait la question « Pourquoi les écrivains changent-ils de nom? » et l’auteur de l’article, Catherine Argand, rajoutait en préambule du dossier « Ont-ils beaucoup d'imagination ou cachent-ils quelque chose? » Dans liste des raisons invoquées on trouve celle de vouloir sauvegarder la quiétude familiale ou d’être un enfant de parents célèbres, et le magazine d’expliquer “Refus de confondre réalité et vérité, exercice de la conscience de soi, extension du domaine de la filiation... le pseudonyme, véritable papier attrape-mouches est tout ceci et plus encore une œuvre d'art. »

    Effectivement Mark Twain, Tennessee Williams, Marguerite Yourcenar, Michel Houellebecq, auraient-ils eu le même succès s’ils avaient publié sous les noms de Samuel Langhorne Clemens, Thomas Lanier, Marguerite Cleenewerck de Crayencour, ou Michel Thomas ?

    Il existe parfois des avantages à se différencier. Ainsi les écrivains Patrick Besson et Philippe Besson, auteurs à succès et qui n’ont aucun lien de parenté mènent-il depuis plusieurs années un parcours littéraire sous le même nom, non sans avoir entretenu quelques polémiques par médias interposés avant de se retrouver récemment assis côte à côte dans une émission de télévision ("On n’est pas couchés").

    Philippe Besson explique comment il a choisi de continuer à s’appeler Besson en 1999 après une rupture amoureuse : « Ce jour-là, sans trop savoir pourquoi, je me suis mis à écrire une histoire et j'y ai pris plaisir. Ne connaissant personne dans l'édition, j'ai envoyé mon manuscrit par la poste à sept ou huit éditeurs ». Albin Michel se montre intéressé mais lui conseille de prendre un pseudonyme car la maison édite déjà un Besson – Patrick. « Hors de question! » répond Philippe qui finalement optera pour les éditions Julliard qui, elles aussi, ont reçu le manuscrit.

    Les esprits curieux peuvent toujours consulter la fiche Wikipedia consacrée au pseudonyme d’écrivains même si cela ne change rien à l’attrait pour leur œuvres.

    Dans les domaines artistiques, les pseudonymes sont légion, ils permettent aux créateurs de préserver une part de leur intimité tout en laissant à leur alter ego la possibilité de vivre une vie parrallèle. Mais il y a une chose que le nom d’emprunt ne peut arriver à masquer, c’est le talent.

     

    Addendum qui n’a rien à voir avec le sujet :

    L’Express dévoile que la série de dessins animés "Les Simpsons" rend hommage à l’éditeur Taschen (chronique du 17.10.2012) en représentant une de ses librairies dans un de ces derniers épisodes.

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