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  • Les célébrités font-elles vendre des livres ?

    Le petit Prince de St Exupéry raconté par Gérard Philipe se transmet de générations en générations et se vend toujours. La combinaison d’un texte et du nom d’un artiste connu est toujours une manière comme une autre d’inciter à la lecture.

    Un exercice auquel se sont prêtés Jean Rochefort, Catherine Frot, Jacques Gamblin, Claude Rich, ou Zabou Breitman et François Cluzet qui racontent les Contes de Grimm (éditions sonores Frémeaux).

    Et lorsqu’ils n’interprètent pas un texte, ils l’écrivent eux-mêmes. Ainsi l’actrice Marlène Jobert, qui a eu son heure de gloire au cinéma, s’est reconvertie dans les contes pour enfants. Après avoir lu les histoires de Cendrillon, Aladin ou Boucle d’or, elle écrit ses propres histoires. Le dernier album en date Les bisous du Croqu’Odile, illustré par Christophe Besse, est paru aux éditions Atlas, qui l’accompagnent depuis le début de l’aventure.

    Annie Duperey, qui a tourné dans de très nombreux films et que l’on voit dans des séries télé très populaires, a elle aussi connu de beaux succès de librairie. Son premier roman  paraît en 1976, mais c’est en 1992, avec son autobiographie, Le voile noir, qu’elle obtient un grand succès public, suivi d’une dizaine de livres.

    Le phénomène est international. En 2003, la chanteuse Madonna publiait Les Roses anglaises le premier des ses six albums pour enfants (éditions Callaway, New-York), et on notera que Johnny Depp a annoncé récemment que parmi ses innombrables activités - acteur, réalisateur, guitariste, scénariste et producteur de cinéma - il allait se lancer dans l’édition avec la maison Harper. Sa collection Infinitum Nihilbasée sur ses goûts personnels et pour offrir des publications qui valent la peine que les lecteurs y consacrent du temps et qui correspondent à leurs préoccupation” publiera en 2015 son premier titreLes Histoires démêlées de Bob Dylan, de Douglas Brinkley.

    Yanne.gifEn France, ce sont les livres d’humoristes qui semblent cartonner. Ainsi les écrits de Pierre Desproges sont-ils constamment édités depuis sa disparition en 1988, et le Cherche midi, après avoir publié avec succès tout ce qui pouvait être publié sur Coluche, récidive avec les textes de Jean Gouyé plus connu sous le nom de Jean Yanne. L’intégrale est proposée (avec un CD audio) sous le titre de On n'arrête pas la connerie, avec une préface du non moins médiatique Olivier de Kersauson.

    Cette chronique ne pouvait se terminer sans citer le phénomène d’édition Métronome, écrit et surtout bien “vendu” dans les médias par la gouaille de son auteur, le comédien Lorànt Deutch. Publié en 2009, il s’est depuis écoulé à plus d'1,5 millions d’exemplaires, a été vu à la télévision par 1,3 millions de personnes et fait l’objet d’un site web. Actuellement, un coffret comprenant le livre Métronome et les DVD de la série documentaire diffusée sur France 5 est disponible en librairie, en attendant une Histoire de France en bande dessinée, éditée par Casterman et Michel Lafon, et Hexagone, un nouvel ouvrage historique consacré aux routes et fleuves de France qui sera publié en février 2013 par Michel Lafon. Dans le genre, il sera sans doute difficile de faire mieux.

    Cela semble évident, les “people” font vendre des livres lorsque leur nom figure en couverture. C’est un des paradoxes de l’édition qui, pour faire entrer les gens dans les librairies, doit aussi bien publier d’obscurs écrivains que des auteurs dans la lumière.

  • Ces librairies qui résistent

    Il y a quelques jours, - blog du 14 nov. -  je m’intéressais aux librairies qui hélas ferment, mais heureusement, il reste quelques aventuriers qui luttent contre vents et Amazon pour faire vivre leur passion de ce métier. Et si le nombre de librairies qui ouvrent ne compense pas forcément les fermetures, elles participent à l’animation des centre-villes et à la vie tout court.

     A Toulouse notamment, où ces derniers mois ont ouvert leurs portes la librairie Série B, spécialisée dans le livre policier mais aussi, au mois d’août, le BD Fugue Café animé par l’équipe de la librairie Arcade (fermée en 2011), et sans oublier que le 30 novembre, l'Institut d'Etudes Occitanes inaugurera une nouvelle librairie entièrement dédiée à la culture occitane à la Tuta d'Oc.

    La ville rose et sa région semblent rassembler de nombreux passionnés du livre. A quelques kilomètres de Toulouse, Yves Lagier, qui a acquis et transformé la librairie de Lavaur en « Librairie @ttitude » il y a 18 mois, lance à Revel sur le même concept, « Click et Librairie », écrit La Dépêche du midi. Pour l’anecdote, Yves Lagier est un ancien de la FNAC, directeur de la filiale exploitation internationale au Portugal, Taïwan et Belgique, qui a décidé d'arrêter les voyages et de se poser dans sa région natale, explique-t-il au quotidien régional.

    La renaissance de librairies peut aussi être célébrée. Ainsi la librairie Grangier de Dijon a réouvert en novembre, 6 mois après sa fermeture, rachetée et rénovée par Simone Hisler, propriétaire de plusieurs librairies indépendantes dans l’Est, et qui, au passage, a sauvegardé une vingtaine d’emplois.

    D’autres projets perdurent. La librairie Passion Culture, ouverte en septembre 2011 à Orléans par Sylvie Champagne, a su trouver sa place en bord de Loire et en centre ville dans la Halle de la Charpenterie. Elle a su conquérir une clientèle de « fidèles », comme en témoignent les nombreux messages laissés sur le blog de la librairie qui porte si bien son nom.

    On citera encore Les Papiers bavards, la librairie de Sébastien Dornier à Audincourt ou  l’Escampette à Pau, animée par Paule Zimba et Nicolas Seine « jeunes libraires curieux et enthousiastes ». La liste reste à compléter.

    Et puis il y a ceux qui ont ouvert en janvier 2012, comme la librairie Polarys à Brest et dont la créatrice Stéphanie Riou écrit début novembre sur son site « je ne regrette rien. Mais alors RIEN. Seulement voilà, si la petite Polarys pourrait continuer comme ça son petit bonhomme de chemin, ce n'est pas le cas de la petite libraire. Alors il va bien falloir se poser des questions. LA question. J'avais un temps limité pour permettre à Polarys de décoller, et ce temps sera BIENTÔT écoulé. Ce petit mot n'est pas un appel au peuple, encore moins un appel aux dons. Prenez-le plutôt comme un message à caractère informatif, un dernier sursaut de la bête avant de s'avouer vaincue. » 

    Ne passons pas à côté des librairies.

    Photo GazetteInfo.fr

    Librairie grangier.jpg

     

  • L’écriture ou la vie

    Vivre de l’écriture et de ses droits d’auteur, c’est le rêve de tout écrivain, mais les choses ne sont pas toujours aussi simples.

    Lorsqu'un auteur signe un contrat avec un éditeur pour la publication d’un ouvrage, le document stipule le pourcentage que celui-ci va recevoir sur le prix des exemplaires vendus. En général, il est de 8% pour le premier tirage et augmente à 10 voir 12%, par paliers de livres écoulés. Pour officialiser cet accord, l’éditeur verse à sa guise un à-valoir sur des ventes estimées. Pour recevoir – ou pas – un nouveau pécule, l’auteur devra attendre quelques mois et l’arrêt des comptes établis tous les ans sur son titre.

    Donc très rares sont ceux qui vivent de leur passion et en dehors des auteurs de best-sellers, à qui le succès procure une véritable rente, nombre d’entre eux exercent un métier annexe : journalistes, enseignants, professions libérales, et quelquefois dans le milieu de l’édition même.

    Rares sont ceux qui, comme Patrick Grainville, auteur de nombreux romans, avoue être professeur de français au Lycée Évariste Galois à Sartrouville et en parle dans ses textes ( La main blessée, Seuil, 2005). A noter qu’il est aussi critique au Figaro littéraire.

    Le pactole pour les auteurs vient souvent avec les Prix. Si le lauréat du Goncourt ne touche plus désormais qu’un chèque symbolique de 10 euros, le bandeau rouge qui sera rajouté sur la couverture peut lui permettre d’espérer vendre au total entre 200 et 500 000 exemplaires. A quoi il pourra rajouter les droits d’adaptation audiovisuels si les droits du livre sont rachetés par le cinéma.

    Mais le succès peut quelquefois se transformer en désillusion. Corinne Maier, auteure de Bonjour paresse, vendu à 500 000 exemplaires mais aussi de No Kid (2007), autre succès vendu à 35 000 exemplaires et traduit dans 15 pays, raconte sur son blog les mésaventures qu’elle connaît avec son éditeur qui a fait faillite et lui doit toujours 277 067,06 euros. D’autres auteurs témoignent également sur les sommes perdues par eux dans la disparition de ce label qui a cependant été racheté par un autre éditeur.

    Pas facile donc de concilier plaisir d’écrire et revenus suffisants et des cas sont très rares comme celui de J. K. Rowling qui, après des années de chômage, a connu un succès planétaire avec la saga Harry Potter et, une fois milliardaire, s’est permise de reverser 160 millions de dollars à des associations caritatives et aux impôts.

    Pour un éditeur, une vente de 10 000 exemplaires est déjà une aubaine, et pas de quoi offrir à l’auteur une existence dorée.

    Sur le site de la Société des gens de lettre son président écrit à propos de la paupérisation de ce métier et sur son absence de statut social : Gardons à lesprit que, si lartiste na pas pour vocation d’être en permanence une charge pour la collectivité, il nen reste pas moins que seules des conditions de vie et une sécurité honorables lui permettent dexercer son art librement, et de participer activement aux loisirs et au développement de la société dans laquelle il vit et à laquelle et à laquelle il permet de progresser.

    Decouverte.jpgUne situation qui pourrait évoluer avec des intiatives comme celle dEdilivre, spécialisée dans l'auto-édition sous format papier comme numérique, et qui nous apprend le site Actualitte.com “vient de réévaluer ses droits d'auteur. Historiquement, les taux étaient fixés à 10 % du prix de vente, que l'on soit sur support papier ou numérique. Désormais, ce sera 20 % sur un exemplaire papier et 70 % sur un exemplaire numérique.”

    A lire aussi sur le sujet La condition littéraire de Bernard Lahire (La Découverte 2006) qui décrit à travers des témoignages la double vie des écrivains.

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