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L’écriture ou la vie

Vivre de l’écriture et de ses droits d’auteur, c’est le rêve de tout écrivain, mais les choses ne sont pas toujours aussi simples.

Lorsqu'un auteur signe un contrat avec un éditeur pour la publication d’un ouvrage, le document stipule le pourcentage que celui-ci va recevoir sur le prix des exemplaires vendus. En général, il est de 8% pour le premier tirage et augmente à 10 voir 12%, par paliers de livres écoulés. Pour officialiser cet accord, l’éditeur verse à sa guise un à-valoir sur des ventes estimées. Pour recevoir – ou pas – un nouveau pécule, l’auteur devra attendre quelques mois et l’arrêt des comptes établis tous les ans sur son titre.

Donc très rares sont ceux qui vivent de leur passion et en dehors des auteurs de best-sellers, à qui le succès procure une véritable rente, nombre d’entre eux exercent un métier annexe : journalistes, enseignants, professions libérales, et quelquefois dans le milieu de l’édition même.

Rares sont ceux qui, comme Patrick Grainville, auteur de nombreux romans, avoue être professeur de français au Lycée Évariste Galois à Sartrouville et en parle dans ses textes ( La main blessée, Seuil, 2005). A noter qu’il est aussi critique au Figaro littéraire.

Le pactole pour les auteurs vient souvent avec les Prix. Si le lauréat du Goncourt ne touche plus désormais qu’un chèque symbolique de 10 euros, le bandeau rouge qui sera rajouté sur la couverture peut lui permettre d’espérer vendre au total entre 200 et 500 000 exemplaires. A quoi il pourra rajouter les droits d’adaptation audiovisuels si les droits du livre sont rachetés par le cinéma.

Mais le succès peut quelquefois se transformer en désillusion. Corinne Maier, auteure de Bonjour paresse, vendu à 500 000 exemplaires mais aussi de No Kid (2007), autre succès vendu à 35 000 exemplaires et traduit dans 15 pays, raconte sur son blog les mésaventures qu’elle connaît avec son éditeur qui a fait faillite et lui doit toujours 277 067,06 euros. D’autres auteurs témoignent également sur les sommes perdues par eux dans la disparition de ce label qui a cependant été racheté par un autre éditeur.

Pas facile donc de concilier plaisir d’écrire et revenus suffisants et des cas sont très rares comme celui de J. K. Rowling qui, après des années de chômage, a connu un succès planétaire avec la saga Harry Potter et, une fois milliardaire, s’est permise de reverser 160 millions de dollars à des associations caritatives et aux impôts.

Pour un éditeur, une vente de 10 000 exemplaires est déjà une aubaine, et pas de quoi offrir à l’auteur une existence dorée.

Sur le site de la Société des gens de lettre son président écrit à propos de la paupérisation de ce métier et sur son absence de statut social : Gardons à lesprit que, si lartiste na pas pour vocation d’être en permanence une charge pour la collectivité, il nen reste pas moins que seules des conditions de vie et une sécurité honorables lui permettent dexercer son art librement, et de participer activement aux loisirs et au développement de la société dans laquelle il vit et à laquelle et à laquelle il permet de progresser.

Decouverte.jpgUne situation qui pourrait évoluer avec des intiatives comme celle dEdilivre, spécialisée dans l'auto-édition sous format papier comme numérique, et qui nous apprend le site Actualitte.com “vient de réévaluer ses droits d'auteur. Historiquement, les taux étaient fixés à 10 % du prix de vente, que l'on soit sur support papier ou numérique. Désormais, ce sera 20 % sur un exemplaire papier et 70 % sur un exemplaire numérique.”

A lire aussi sur le sujet La condition littéraire de Bernard Lahire (La Découverte 2006) qui décrit à travers des témoignages la double vie des écrivains.

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