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  • Les livres se font un film

    Les adaptations au cinéma d’œuvres littéraires ou graphiques ne sont pas toujours des réussites, mais les réalisateurs y puisent leur inspiration. Des romans de Jules Verne à Harry Potter (JK Rowling), en passant par L’amant de Lady Chatterley (D-H Lawrence), James Bond (Ian Fleming), ou Tous ensemble d’Anne Gavalda, depuis que le cinéma existe les livres nourrissent les scénarios de films. Le site Babelio.com en recense 838.

    Avec des résultats souvent décevants. "Le cinéma arrête le texte, frappe de mort sa descendance : l’imaginaire. C’est là sa vertu même : de fermer, d’arrêter l’imaginaire. Cet arrêt, cette fermeture s’appelle le film. Bon ou mauvais, sublime ou exécrable, le film représente cet arrêt définitif. La fixation de la représentation une fois pour toutes et pour toujours", la citation est de Marguerite Duras, écrivaine mais aussi cinéaste qui a souvent adapté ses livres pour en faire des longs métrages.

    Si le récit et les personnages intéressent le réalisateur il faut convenir que au final l’écriture et l’image n’ont pas le même impact sur le public. Chaque lecteur interprète ce qu’il lit, alors que les images à l’écran seront les mêmes pour tous.

    Mais les images elles-mêmes ont du mal a s’adapter au grand écran, celles de la bande dessinée notamment, et si les réalisateurs américains parviennent à nous faire vibrer aux aventures de Superman ou de Spiderman, en France les adaptations cinématographiques de Blueberry, Luky Luke, ou de Iznogoud, ont été de gros échecs commerciaux. Et même lorsque le film fait 14 500 000 d’entrées comme ce fût le cas avec Mission Cléopâtre d’Alain Chabat, tiré des aventures d’Astérix et Obélix, c’est un de ses auteurs, le dessinateur Uderzo, qui déclare ne pas l’aimer du tout. Bien sûr il y a des exceptions comme Persepolis ou Largo Winch mais dans ces deux derniers cas les auteurs Marjane Satrapi à la réalisation pour le premier Jean Van Hamme au scénario ont participé à la fabrication du film.

    Heureusement, l’adaptation d’une œuvre en engendre une nouvelle, qui à défaut d’être fidèle au dialogue près, existe par elle-même comme ce fût le cas pour la trilogie de Marcel Pagnol, Marius, César et Fanny, filmée il est vrai par l’auteur, et pour, entre autres, Tous les matins du monde, de Pascal Quignard, réalisé par Alain Corneau, ou Le nom de la rose réalisé par Jean-Jacques Annaud.

    Bonne ou mauvaise, l’adaptation a pourtant un effet collatéral non négligeable, celuiEmportelevent.jpg d’attirer l’attention sur l’ouvrage d’origine et on voit réapparaître dans les librairies de nouvelles éditions où figurent en couverture une photo extraite du film, marketing et droits dérivés oblige.

    Faut-il alors continuer adapter des livres au cinéma ? Le débat n’est pas nouveau, et alimente à chaque ratage les revues spécialisées, les thèses universitaires et des livres. Un débat qui risque de ne pas connaître de fin, car il est bien connu que chaque lecteur qui se plonge dans un livre se fait aussi son propre film.

     Photo: Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell, tome 1 de l'édition dans la collection Folio.

  • Qui donc écrit les livres ?

    Qui écrit les livres ? Leur auteur, serions-nous tentés de dire. Cependant, la chose ne semble pas aussi simple. D’autant plus que tout le monde aujourd’hui écrit des livres, hommes politiques, chanteuses juvéniles et stars de la télé-réalité. La biographie du célèbre joueur de football Zlatan Ibrahimovic ne vient-elle pas d’être sélectionnée pour participer au Prix August, l’équivalent du Goncourt en Suède, et les médias n’annoncent-il pas la parution du livre de Uggie chien vedette du film « The Artist » ?

    La « grande » littérature n’échappe pas non plus à cette suspicion. On sait que longtemps Colette écrivit les livres de son mari Willy, mais un des cas les plus célèbres est celui d’Auguste Maquet qui fournissait la première mouture d’un récit à Alexandre Dumas, alors auteur prolifique, lequel se chargeait ensuite d’y insuffler son style, ou de le reprendre tel quel pour certains passages. En 2010, un film « L’autre Dumas »  réalisé par Safy Nebbou montra les relations entre les deux hommes devenues tumultueuses au bout de dix ans de collaboration.

    Le site enviedecrire.com s’interroge sur le sujet « Un tiers des livres concernés en France ? » et explique « Ecrivain anonyme, Auguste Maquet n’est pas le seul dans ce cas. Selon un documentaire récent d’Armelle Brusq, « Les nègres, l’écriture en douce », cité dans le Figaro, un tiers des livres publiés tous les ans en France auraient une « paternité peu claire ». Des chiffres invérifiables, car le phénomène reste largement tabou. Maisons d’édition comme écrivains officiels préfèrent garder le silence. Pour entretenir l’illusion auprès du lecteur et, surtout, ne pas risquer de faire baisser les ventes. »

    Romannegre.jpg

    Longtemps, les « nègres » sont restés dans l’ombre mais depuis quelques années leur participation est discrètement signalée dans les pages du livre. Et on découvre même le talent de certains sous leur propre signature, comme Dan Franck, Patrick Rambaud, Lionel Duroy, etc... Dan Franck eut d'ailleurs l’insolence de s’inspirer de ses expériences dans ce milieu pour publier en 2008 « Roman nègre » (Grasset et Livre de poche).

    Si les « nègres », ou « écrivains fantômes » ont désormais pignon sur rue, le plagiat et le copier/coller ont pris la relève, modernité oblige, et c’est aujourd'hui récurrent qu’un auteur soit jeté à la vindicte publique pour avoir emprunté des paragraphes entiers à d’autres auteurs sans en citer l’origine. Des personnalités comme Alain Minc, Jacques Attali, Patrick Poivre d’Arvor, Joseph Macé Scaron, Patrick de Carolis ou encore Rama Yade, se sont illustrés dans ce domaine, et L’Express, citant quelques-uns d’entre eux se permit ce titre « Livres : 2011, l’année du plagiat ».

    Tous les auteurs ne maîtrisent pas forcément la syntaxe ou la grammaire, mais après tout on leur demande d’avoir de l’imagination ou un point de vue original. Le travail de l’éditeur est de relire, corriger, quelquefois de réécrire les manuscrits de ses auteurs. Cette remise en forme est le préalable minimum à la fabrication d’un livre.

    Mais au final, est-il si important de savoir qui a vraiment écrit un livre, le plaisir n’est-il pas dans la lecture ? Si on peut parfois se poser des questions sur la paternité d’une œuvre, une chose est sûre : celui qui l’apprécie, ou non,  est bien le lecteur.

  • Cinquante nuances de polars

    Avec ses 100 000 exemplaires vendus en 48 heures en France, et ses 40 millions écoulés en 18 mois aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, le livre « Cinquante nuances de Grey » de E. L. James, fait une entrée tonitruante dans la série des best-sellers de l’édition. Un « coup » éditorial et commercial et la suite de la trilogie est déjà programmée pour 2013. 

    Si tous les projecteurs médiatiques sont tournés vers ce best-seller qualifié de « porno pour maman »,  il en est d’autres, plus discrets, et dans un genre tout aussi adulé par le grand public, le roman policier.

    Une aubaine pour un éditeur qui voit là non seulement l’opportunité de vendre des livres, mais aussi celle de ce constituer un fonds pérenne, notamment avec les séries, où chaque nouveau titre relance les ventes des titres précédents.

    Nés, dit-on, au début du 19ème siècle, ces romans basés sur des faits divers ou encore sur des énigmes à résoudre, furent popularisés par les signatures d’Edgar Poe, Conan Doyle, Maurice Leblanc et Gaston Leroux. Au 20ème siècle, Georges Simenon, Boileau et Narcejac et Léo Malet finiront d’installer la présence de cette littérature dans les bibliothèques et les rayons des libraires.

    Romans noir, romans policiers... la fameuse Série noire de Gallimard créée en 1945 par Marcel Duhamel a permis de faire découvrir nombre d’auteurs anglo-saxons comme Raymond Chandler, Dashiell Hammett, James Hadley Chase, et français, tels que Jean-Patrick Manchette, Jerome Charyn, Thierry Jonquet. Un genre auquel se sont frottées des signatures comme Boris Vian ou... Jean-Louis Debré, et à qui Umberto Eco a donné ses lettres de noblesse littéraires avec « Le nom de la rose », thriller médiéval.

    Un genre qui semble aussi ignorer la misogynie puisque parmi les plus grands auteurs, figurent des femmes : Agatha Christie, Mary Higgins Clark, Patricia Highsmith, Minette Walters, P. D. James, Ruth Rendell, ou Fred Vargas.

    Le « policier » est également universel. En Chine, en Espagne, aux Etats-Unis, on trouve des romanciers dont les histoires et les personnages dépassent le cadre des frontières. Encore récemment, le succès de la trilogie « Millénium » de l'écrivain suédois Stieg Larsson, vendue à plus de 50 000 millions d’exemplaires dans le monde a démontré l’extraordinaire engouement du public pour ce type de récits.

    Longtemps considéré comme de la littérature populaire, le « polar », toutes catégories confondues – suspense, espionnage, historique, etc.-  est aujourd’hui un des piliers de l’édition puisqu’on ne compte plus le nombre de collections, de prix et d’ouvrages de référence qui lui sont dédiés, et que un livre sur quatre vendus est un livre policier.

    Photo : « Emma » de Jane Austen, publié en 1815 et considéré par les spécialistes (source Wikipedia) comme le "tout premier roman policier en Occident."

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