Avertir le modérateur

  • Une question d’orthographe

    L’orthographe, c’est un peu comme le code de la route, ils contiennent tous deux des règles et des usages qui nous permettent de vivre en bonne intelligence avec les autres et de s'exprimer en étant compréhensible par tous.

    Pourtant si l’orthographe est un bien commun, certains en subissent l’apprentissage. C’est le cas de Daniel Picouly, qui  publie « La Faute d’orthographe est ma langue maternelle » (Albin Michel) et qui en a tiré un spectacle qu’il joue sur scène (théâtre Tristan Bernard à Paris), et de Anne-Marie Gaignard, auteure du livre « La Revanche des nuls en orthographe » (Calmann-Lévy).

    Daniel Picouly raconte à Madame Figaro « Pour moi, c’est une phrase de mon instituteur, M. Brulé. Il m’a dit : « Elles sont jolies tes histoires, mais c’est dommage qu’elles disparaissent sous les fautes d’orthographe. » Cette matière qui me donnait tant de fil à retordre a subitement pris du sens : faire apparaître mes récits. »

    Dans Le Figaro, Daniel Pennac, auteur de Chagrin d'école (Gallimard) dévoile que lui aussi faisait beaucoup de fautes : « Mais en tant que professeur, j'ai entretenu des relations très étroites avec l'orthographe. Je me suis même fait une spécialité de guérir en très peu de temps les élèves prétendument dysorthographiques après m'être assuré qu'ils n'étaient ni sourds ni dyslexiques. » Autre témoignage cité par le journal, celui d’Eric Orsenna, académicien français, qui « n'a pas peur de dire que ses doutes sur l'orthographe l'obligent sans arrêt à consulter le dictionnaire. Il connaît les règles de base, qui sont au nombre de dix selon lui, mais ce qui s'en écarte lui échappe, les redoublements de consonnes par exemple. « Mais la merveille du dictionnaire, c'est que lorsqu'on cherche quelque chose, on en trouve une autre. On voyage dans la langue française. » Sur sa table d'écrivain, les dictionnaires trônent à côté de la carte du monde où il vérifie sa géographie. »

    Dans un entretien, toujours au Figaro, qui semble très sensible à ce problème, Anne-Marie Gaignard explique « Lorsqu'on est nul en orthographe, on ressent de la honte, je pèse mes mots. C'était mon cas, et pendant toute mon enfance, je me sentais tellement coupable que je cherchais par tous les moyens une solution pour échapper à l'école. À huit ans, j'ai même essayé d'entrer au Carmel pour ne plus aller en classe… L'échec paralysait mes facultés de raisonnement. Au collège, j'étais si désespérée que je dormais avec un dictionnaire sous mon oreiller. Les nuls en orthographe ne le sont pas par négligence! Pourtant j'adorais raconter et écrire des histoires. Je rêvais d'études littéraires mais à cause de ma dysorthographie, j'ai été orientée en seconde technique. À l'oral du bac de français, j'ai eu 19,5… et 12 à l'écrit, avec sûrement quatre points en moins pour l'orthographe ! » Aujourd’hui, non seulement elle écrit des livres sur le sujet mais elle a aussi ouvert un centre de formation en orthographe pour les enfants et les adultes.

    A la journaliste qui lui demande s’il faudrait simplifier la langue française, elle répond « Non, je respecte cette langue qui est belle même si elle m'a fait pleurer. Pour moi, l'hélicoptère ne pourrait pas décoller sans son h… Parce que le h ce sont ses pales qui tournent. Voilà un exemple d'image mentale que je me suis créée pour retenir comment s'écrit le mot. Toute la langue pour moi bruisse de ce genre de petite histoire. »

    Souvent désignée comme « coupable », l’école d’aujourd’hui ne semble pas l’être plus que celle de Balzac ou de Proust qui eux aussi faisaient des fautes. Et c’est aussi Jean Cocteau qui écrivit à son éditeur : « Ma main écrit ce que lui dicte mon œil, et non ce qu'elle devrait, si bien qu'il m'arrive souvent de faire des fautes, auxquelles il faut veiller. »

    Orthographe.jpg

  • Un livre qui a une place à prendre

    Si on connaît l’anxiété des auteurs qui publient leur premier livre, on connait moins celle de l’auteur à succès qui change de registre. On ne parle pas ici de Daniel Pennac ou de Daniel Picouly qui  font désormais carrière sur les scènes théâtrales, mais de J. K. Rowling qui publie « Une place à prendre » (Grasset), son premier roman « pour adultes », dont l’univers est très éloigné de celui d’Harry Potter, et où l’on peut lire les mots jusqu’à présent peu usités par cet auteur comme « préservatif », « vagin », « couilles », ainsi que nous l’apprend Le Figaro.

    Le Figaro, qui comme ses confrères, n’a pas pu lire le livre avant sa sortie en librairie, consacre un article au journaliste américain qui, lui, a eu ce privilège : « Le secret n'aura pas été gardé jusqu'au jour J. Un journaliste du New Yorker, Ian Parker, a en effet lu, en avant-première, les cinq cents pages de « The Casual Vacancy » (traduit en français sous le titre « Une place à prendre »). Il est l'une des rares personnes au monde à avoir pu prendre connaissance de ce roman entouré de mystère et dont aucun autre critique n'a pu se procurer les épreuves, comme c'est le cas habituellement. Ian Parker explique, dans son article, qu'il a pu lire ce manuscrit à la suite d'un accord avec l'auteur, mais qu'il n'avait pas le droit de prendre des notes, ni bien sûr, de faire des photocopies. »

    Evidemment le journaliste, en publie le résumé, un résumé repris par tous les médias impatients. Ainsi l’ouvrage bénéficie-t-il, à l’image de l’iPhone 5, d’une promotion « gratuite » et planétaire, qui a d’ailleurs commencé dès l’annonce de l’écriture de ce roman.

    Et l’auteur dans tout ce maelström médiatique ? On sait déjà à travers ses déclarations au New Yorker qu’elle reste relativement sereine « Je pensais que ce serait effrayant. Déjà, l'écriture m'a pris cinq années de travail. Je savais qu'en m'éloignant de Harry Potter, j'étais attendue au tournant. Ce n'était donc pb5d36d46-0719-11e2-93de-de7631bcea03-200x300.jpgas si confortable. Ainsi, pendant ces cinq années je n'ai pas cessé de me dire: “Tu as beaucoup de chance. Tu peux payer tes factures, tu n'a pas besoin de le publier.” C'était une pensée libératrice. Un écrivain écrit généralement pour être lu, à moins de s'appeler Salinger. »

    Le livre sera disponible le 27 septembre aux États-Unis, en Angleterre en Allemagne et en France, et selon l’Agence France Presse on compterait déjà plus d’un million d’exemplaires en pré-commande. Selon Philip Stone, journaliste au Bookseller magazine qui assure que « C'est l'une des plus grosses sorties du XXIe siècle. »

    Ce sera ensuite aux lecteurs à écrire son histoire.

     

  • Gibert, des générations de libraires

    On connaît le Furet du Nord à Lille (1936), Privat à Toulouse (1903), ou Mollat à Bordeaux (1896), des librairies qui ont su traverser les époques et se faire un nom. C’est aussi le cas de Gibert à Paris.

    C’est en 1886, que le professeur Joseph Gibert, enseignant en lettres classiques au Collège Saint-Michel de Saint-Etienne, s’installe dans la capitale et ouvre quatre boîtes de bouquinistes sur le quai Saint-Michel, le long de la Seine. Deux ans plus tard, il inaugure, non loin de là, sa première librairie spécialisée dans le livre scolaire d’occasion qui connaît très rapidement le succès.

    En 1929, ses deux fils lui succèdent, le cadet Régis garde la librairie du quai sous le nom de Gibert Jeune et l’aîné, Joseph Gibert ouvre sa propre librairie un peu plus haut sur le boulevard St Michel en plein cœur du quartier étudiant de Paris. A partir de 1948, la relève sera assurée par Régis et Jean Gibert, et en 2012, c’est toujours un Gibert, Bruno, qui préside le directoire.

    Aujourd’hui, les librairies Gibert sont au nombre de 9 sous l’enseigne Gibert Jeune à Paris, et dans 18 villes de province sous l’enseigne Joseph Gibert (qui a racheté en 2001 les magasins Univers du livre).

    Gilbert-Jeune, toujours spécialisée dans l'achat et la vente de livres neufs et d'occasion, indique vendre « près de 3 millions de livres chaque année, dont un sur trois en occasion », et proposer plus de 500 000 titres disponibles immédiatement. La librairie précise « Tous les livres, même les plus récents sont concernés, en très bon état, à des prix très inférieurs au neuf. C'est le plus grand assortiment de livres en France. »  Et il vrai que l’on trouve une grande diversité de titres, du roman à la bande dessinée en passant par le livre scolaire, mais certains établissements ce sont spécialisés dans les domaines comme l’ésotérisme, les  sciences humaines, le  droit, l'économie, la gestion, la médecine, ou l’informatique.

    Depuis 2009, Gibert Jeune a également un site de vente sur Internet, un blog, et est présent sur Facebook et le slogan de la librairie est « Les enfants des enfants des enfants de nos clients sont toujours nos clients. »

    Mais le vrai plaisir de ce type de librairie reste de pouvoir y musarder des heures à la recherche de la bonne occase ou d’y dénicher le livre improbable comme le raconte l’étudiante, apprentie journaliste, qui anime le blog « Un zeste de culture » : « Au départ je fais la fille qui regarde juste comme ça, pas intéressée. Je m’empare d’un livre, lis sa quatrième de couverture, le repose. Je commence à farfouiller un peu, me prends au jeu et déniche une pépite. Je me faufile pour atteindre le deuxième bac, puis le troisième et je me retrouve avec un tas de livres, lourd. Evidemment, l’exercice devient de plus en plus difficile, mes muscles se bandent et je finis par faire quelques pirouettes maîtrisées (évidemment) pour regarder les derniers bouquins qui m’intéressent, là où les gens se massent de plus en plus nombreux. Une fois fini mon tour, les bras chargés d’ouvrages, je reprends un peu mes esprits et me dirige vers la caisse pour éviter de me faire happer par les derniers arrivages de livres. »

    Photo Livresenfolie

    Gibert.jpg

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu