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  • "Une collection hors du temps"

    Un esprit simple pourrait penser que la télévision est le pire ennemi de la lecture. Cela n’est pas toujours le cas.

    « Un siècle d’écrivains » en est un excellent exemple. Cette série est présentée comme suit sur Wikipédia : « Un siècle d’écrivains est une collection de 257 documentaires sur des écrivains du XX ème siècle, dirigée et présentée par Bernard Rapp en collaboration avec Florence Mauro, diffusée à la télévision les mercredis en deuxième partie de soirée sur France 3 du 4 janvier 1995 au 8 février. Au départ, 260 « épisodes » étaient prévus. La dernière émission a été consacrée à Antoine Chuquet : un écrivain imaginaire. »

    Dans la liste des écrivains mis en scène dans ces films de 45 minutes, on trouve John Steinbeck, Nathalie Sarraute, William Styron, Albert Camus, Alexandre Vialatte, Nina Berberova, Edouard Glissant, Salman Rusdhie, une diversité d’auteurs et de talents qui reflète l’ambition du projet.

    En 2001, Bernard Rapp rappelait dans La Croix les principes de l’émission « un cadrage graphique, le choix d'une calligraphie particulière sensible dès tous les génériques, un esprit général de la collection : pas de longues interviews mais des documents de création où un auteur-réalisateur donne sa vision propre, ce qui donne à chaque portrait sa spécificité. Nous avons eu de jeunes réalisateurs, des plus chevronnés (Jean-Christophe Averty, Robert Bober, William Karel, André S. Labarthe, Claude Santelli), certains venus d'ailleurs, tels Jacques Doillon ou Benoît Jacquot. Si beaucoup demandèrent des écrivains très emblématiques, il y eut moins de monde pour parler de Maurice Blanchot, Bohumil Hrabal ou Lu Xun. »

    Déjà, le journal s’interrogeait déjà sur le principe d’une rediffusion et Bernard Rapp espérait que l’arrivée de Jean-Pierre Cottet, qui eut au départ l’idée de la série, à la tête de la 5, allait le permettre. On attend encore.

    Même en 2012, il n’est jamais trop tard pour donner une deuxième vie à ces émissions, introuvables en video ou en DVD, seuls dix titres ont été édités en VHS. On en trouve cependant quelques traces sur Youtube avec le film consacré à Cioran, Antonin Artaud ou Cesare Pavese (entre autres) mais la qualité des images est médiocre.

    Pour ceux qui piaffent de curiosité, la liste complète des auteurs est également disponible sur Wikipedia ou sur le site d’époque wayback.machine qui ne semble plus très opérationnel.

    Dans une interview à Libération Bernard Rapp déclarait « J'espère que l'on pourra revoir ces portraits pendant quinze ou vingt ans », c’était en 1996. On est encore dans les délais.

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  • Les éditions « intégrales »

    Tout Victor Hugo, tout Zola, tout Tintin, quand on aime on ne compte pas. Posséder tous les titres d’un auteur, c’est concrétiser une passion pour son œuvre et son talent, et les éditeurs y contribuent.

    Les clubs du livre par correspondance ont longtemps exploité ce filon qui permettait de garnir nos bibliothèques de signatures prestigieuses sans trop se ruiner. En général c’était des œuvres tombées dans le domaine public mais faisant partie du patrimoine français. Si aujourd’hui les offres de ce type se font rares, découvrir l’ensemble du travail d’un écrivain est toujours possible.

    Les œuvres complètes d’un auteur, on les trouve dans La Pléiade, ce Panthéon de la littérature où les titres d’un écrivain n’entrent qu’après un long purgatoire et un énorme travail de mise en forme et d’annotation des textes.

    Plus abordable, la collection Omnibus propose elle aussi la somme littéraire de nombre d’auteurs. Dans son catalogue, on trouve aussi bien Marcel Proust, Alexandre Dumas, que Maupassant et l’œuvre de Sacha Guitry. On peut y lire aussi toutes les aventures du commissaire Maigret (coffret de 10 volumes) imaginées par Georges Simenon. Certains de ces livres sont désormais disponibles en version numérique. Du même auteur, la collection propose aussi les « Romans durs ».

    Nombreux sont ceux qui ont découvert les récits de Jules Verne en Livre de poche, texte intégral, (depuis 2012, Jules Verne est entré dans la Pléiade), ou l’œuvre de Jack London dont tous les titres ont été réédités dans les années 1970 à l’initiative de Francis Lacassin, dans la collection 10/18. Un travail repris depuis 1999 par Noël Mauberret pour les éditions Phébus (collection Libretto). Il s’en explique sur Bibliobs : « Ces textes avaient été traduits par Louis Postif, mais Hachette ne les avait pas publiés. Postif avait tout traduit, tout! Lacassin a puisé là-dedans et, avec beaucoup de talent, a fait ses propres groupements. Jack London, de son vivant, avait publié deux recueils politiques, « Révolution » et « la Lutte des classes », et Lacassin a fait son mélange dans « Avec vous pour la révolution ». Il a aussi rassemblé pas mal de nouvelles, dans des recueils. Mais ce ne sont pas de recueils voulus par London. Par exemple, les récits de boxe...»

    Autre collection, Bouquins, qui réédite aussi bien les San Antonio de Frédéric Dard (10 tomes parus) que les lettres, notes et carnets du Général de Gaulle, et Don Quichotte de Cervantès. Les textes de Jack London y sont également disponibles.

    Les éditeurs de bandes dessinées proposent eux aussi des intégrales, soit autour d’un personnage, soit d’une série comme Gaston Lagaffe, Tif & Tondu ou Blueberry. L’occasion pour eux d’exploiter à peu de frais, et en général sous forme de coffrets, des titres largement rentabilisés par ailleurs.

    Là encore faut-il que l’auteur ne produise plus, ou soit disparu. Ainsi pour les aventures d’Astérix créées par le génial René Goscinny, son dessinateur Albert Uderzo a entrepris de rééditer tous les titres de la série dans un grand format et entièrement recolorisés... un travail sans fin. Une exception, l’intégrale de Mafalda personnage créé par le dessinateur argentin Quino et qui a décidé d’arrêter la série en 1973 malgré son succès planétaire. Dommage !

    Images: trois éditions de Jack London.

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  • Quand les journaux s’intéressent au livre

    Régulièrement, je me permets de donner un aperçu d'articles lus récemment et qui m'ont particulièrement intéressé. Voici la moisson de ces derniers jours...

    L’Express consacre un article à l’évolution du livre, du papier au numérique, et s’interroge « Un livre de papier, ce n'est pas seulement une couverture, des pages qui se cornent et jaunissent avec le temps. C'est également un bien matériel qui passe de main en main, suscite des discussions et des débats, crée du lien social. Peut-on en dire autant des e-books? » L’auteur de l’article, Camille Poirier, passe en revue quelques-unes des initiatives, Little Free Libraries, l'association Circul'livre, biglib, qui permettent au livre imprimé de circuler et lui donnent une fonction sociale. Le journaliste écrit dans sa conclusion « Le livre numérique donnera certainement naissance, dans l'avenir, à des formes d'échanges qui lui seront propres. Mais le livre papier n'est pas condamné pour autant. »

    Ouest France nous annonce la parution de 440 nouveaux livres pour la rentrée littéraire de septembre. L’auteur de l’article, Hervé Bertho, commence la revue de détail des écrivains publiés à cette occasion.

    Paris Match lui aussi publie une série de 5 articles présentant les auteurs dont les livres vont être mis en place dans les librairies en automne et dont les titres vont certainement être en lice pour les nombreux prix littéraires 2012. On y retrouve des noms déjà cités par Ouest France, Anne Berest, Lionel Duroy, mais aussi Benoît Duteurtre, Nathalie Rheims, Simonetta Greggio.

    Le Monde dans sa rubrique culture divise les écrivains de la rentrée littéraire entre « consacrés » et « aspirants ». Dans la liste des consacrés il y a Amélie Nothomb qui « participe à la rentrée Albin Michel pour la vingtième année consécutive », Philippe Djian, Pascal Quignard, Philippe Claudel, Christine Angot, Serge Joncour, entre autres. Parmi ceux qui un jour trouveront place dans la liste précédente, l’hebdomadaire cite Olivier Adam, 38 ans, Gwenaëlle Aubry, Jérôme Ferrari, Mathias Enard. A suivre.

    Paris Match encore, consacre un article à « l’exception française » du succès des livres politiques et cite « Rien ne se passe comme prévu », de Laurent Binet (Grasset), qui sera pour le magazine « l’événement de la rentrée littéraire ».  L’écrivain « a suivi François ­Hollande pendant toute la campagne présidentielle. Cent jours après l’élection du candidat socialiste, il raconte ce qu’il a vu, perçu, entendu. » Match rappelle que « Cet été, dans les classements des meilleures ventes ­figurent deux ouvrages politiques. « Le monarque, son fils, son fief », de Marie-Célie Guillaume (Editions du Moment), qui narre le quinquennat sarkozyste vu des Hauts-de-Seine, s’est arraché à plus de 50 000 exemplaires. L’autre, « Les Strauss-Kahn » (Albin Michel), est signé par Raphaëlle Bacqué et Ariane Chemin journalistes au « Monde ».

    Photo : Le livre de photos légendées par Valérie Trierweiler, qui d’après L’Express « ne se serait écoulé qu'à 1174 exemplaires ». 

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