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  • Ecrivains de chez nous

    Connaissez-vous Hervé Jaouen, Michel Peyramaure, Françoise Bourdon, Annie Degroote, Jean-Paul Malaval, ou Yves Viollier ? Peut-être pas encore ?

    Lorsque l'un d'eux disparait, comme ce fut le cas pour Pierre Magnan, fin avril, à l'age de 90 ans, on apprend que « la Provence est en deuil », sur un long article qui lui est consacré sur AgoraVox. La plupart d’entre eux sont quasi ignorés par les grands médias et comme l’écrit  Le Parisien « Ils ne sont pas des coteries parisiennes. On ne les voit pas dans les salons du restaurant Drouant à Paris pour la remise du prix Goncourt. Pourtant, ils vendent des centaines de milliers de romans chaque année et squattent les têtes de gondole des librairies françaises. »

    Ce sont les « écrivains régionaux », des écrivains tout court, dont le talent leur vaut un public fidèle bien au-delà de la région où ils vivent et travaillent, la Bretagne, la Corrèze, le Nord, la Vendée, ou le Languedoc par exemple. Depuis les années 1970, le roman régional est devenu un genre à part entière. Toujours dans Le Parisien, Denis Bourgeois des Presses de la Cité et éditeur de 60% de ces auteurs particuliers, en raconte la génèse « cette mode du roman ancré dans le terroir est d'abord une réaction au succès des autofictions ou autres nouveaux romans cultivés « hors-sol». Dans les années 1950-60, pour une partie de l'intelligentsia littéraire, la province sentait un peu la naphtaline, poursuit l'éditeur. Puis, tout d'un coup, on s'est aperçu qu'il y avait de très bons romanciers qui inscrivaient leurs œuvres dans un lieu.»

    Le blogueur Dominique Léger « passionné de littérature », parle ainsi de leur travail « Les plus lucides d’entre eux détestent qu’on les qualifie d’écrivain du terroir avec ce que cela implique d’image passéiste ou misérabiliste. Tout au plus acceptent-ils l’étiquette d’écrivain régional, encore qu’elle soit mal portée en pays jacobin. La réalité, au-delà de la caricature malveillante, est que leur matériau provient de la vie rurale. C’est elle qu’ils ont envie de raconter, qu’elle soit d’hier ou d’aujourd’hui, faite d’environnement naturel et de mode de vie adéquat. Quelle que soit leur imagination, ils la veulent vraie, à mille lieux d’un « bon vieux temps » folklorisé et des tribulations d’une réserve d’indiens. »

    Bourliaguet.jpgIl existe même une « Amicale des écrivains régionaux » qui précise sur sa page d’accueil « L’appellation écrivains régionaux n’implique pas que les adhérents soient essentiellement des auteurs d’histoires régionales. Ils abordent toutes les formes de littératures : romans, romans policiers, romans du terroir, études historiques et philoso-phiques, poésies, etc.»

    Quelle que soit leur appellation d’origine contrôlée, ces écrivains sont avant tout des raconteurs d’histoires et c’est ce qui plaît aux lecteurs, depuis toujours.

    Illustration "Contes pyrénéens" de Léonce Bourliaguet, romancier et auteur pour la jeunesse (1895-1965). 

  • Comment va Harry Potter ?

    HPotter.jpgVous avez des nouvelles d’Harry Potter ? Oui, tous les jours, ou presque. Le dernier  volume de la saga a été publié en 2007 et le film tiré du dernier titre « Harry Potter et les Reliques de la Mort »  date de 2011, mais on n’en continue pas moins dans les médias à parler du personnage imaginé par Joanne Kathleen Rowling, et dont le manuscrit a été refusé par plus d’une dizaine d’éditeurs (on ne se lasse pas de le rappeler) et dont les aventures ont été publiées à plus de 400 000 millions d’exemplaires dans le monde.

    Au mois de mai 2012, en Ecosse, l’Université de Saint-Andrews a réuni pendant deux jours une cinquantaine d’universitaires sur le thème “Lire Harry Potter comme de la littérature”.  Cité par le Nouvel Observateur, l’organisateur de cet événement John Pazdziora explique « Ce sont là les œuvres les plus importantes, les plus déterminantes pour toute une génération de lecteurs. Dans un siècle ou deux, quand les universitaires voudront comprendre le début du 21e siècle, quand ils voudront comprendre l’ethos et la culture de cette génération qui entre dans l’âge adulte, il y a fort à parier qu’ils iront chercher dans "Harry Potter". En tant que critiques, que chercheurs, au nom de quoi nous empêcherions-nous de comprendre ces textes ?»

    Le Monde, lui, nous raconte la visite des studios de la Warner Bros à Leavesden à 40 km de Londres où l’on peut désormais visiter les décors qui ont servi au tournage des huit films adaptés de la série. « Making of Harry Potter » permet de découvrir l'immense réfectoire de Poudlard, les costumes, les objets, vus dans les films. « Au choc suscité par la majesté du lieu s'ajoute, pour beaucoup de visiteurs, l'émotion de pénétrer "en vrai" dans un monde qui a nourri leur imaginaire »  note la journaliste. Et si certains auraient oublié les pages qui les ont tant fascinées, elle précise « A chaque étape du parcours, un panneau (en anglais uniquement) reprend une page d'un des livres de J.K. Rowling, éclairant la scène ou l'objet représentés, et un mini-documentaire apporte des compléments explicatifs en donnant la parole aux spécialistes - maquilleurs, dresseurs d'animaux, truqueurs, etc. - sans lesquels la magie Harry Potter n'aurait pu s'exercer. »

    Les accros des multiples vies d’Harry Potter peuvent aussi  suivre son actualité sur le site Actualitte.com , où on apprend que Harry Potter est maintenant disponible sur l’ebookstore de Kobo, que les manuscrits d’Harry Potter s’exposent jusqu’au mois de septembre 2012 à la Bibliothèque nationale de Londres, et que les fans d’Harry Potter qui avaient adopté des chouettes s'en débarrassent aujourd’hui,  au grand dam de J.K. Rowlings qui n’y peut rien.

    Quel auteur ne rêverait de voir ses personnages prendre vie au-delà de son existence typographique ? Pour Harry Potter c’est le cas et on le doit à la seule magie de l’écriture.

  • Ecrivain public

    Raconter sa vie, son métier, ses souvenirs dans un écrit, pour soi-même ou pour laisser une trace de son parcours à ses proches, tout le monde n’en a pas forcément les compétences. D'où l'intérêt de faire appel à un écrivain-public. Une tradition qui a traversé les siècles et qui donne aux professionnels de l'écriture des débouchés très intéressants.

    Les écrivains publics ont leur « Académie des écrivains publics de France » qui publie la liste des membres agréés dans toute la France. En 2007, certains se sont regroupés au sein du Syndicat national des prestataires et conseils en écriture (SNPCE) pour faire reconnaître leur métier.

    On trouve aussi des formations universitaires comme celle de l’Université du Sud de Toulon-Var qui propose un diplôme d’écrivain public / auteur conseil. Trois approches sont enseignées, l’aide individuelle à des personnes pour des démarches administratives, le conseil en écriture pour des projets d’écriture individuels, qui peuvent être très variés, et le développement de l’écriture dans les milieux associatifs et professionnels en réponse à des besoins qui vont de la rédaction de statuts ou d’argumentaires pour des demandes de subventions, à l’élaboration d’un bulletin interne.

    Des sites web comme Votrebiographie.com propose la prise en charge votre biographie et réalise le « roman de votre vie » pour des sommes qui vont de 1 960 (pour un livre de 140 pages) à 2 800 euros. Les séances comprennent l'entretien, l'écriture, la relecture par des secrétaires d’édition, la mise en page, l'impression, la fabrication, et... 4 exemplaires offerts. D’autres travaillent en indépendant, c’est le cas du site Lismavie.com créé par une ancienne cadre de banque.

    En 2011, la réalisatrice Patricia Bodet a consacré à sept d’entre eux, un documentaire « Profession : écrivain public » diffusé sur France 5. Interrogée sur ceux qui ont choisi de faire ce métier  elle dit, « Je les ai trouvés très humains, très professionnels et capables d’une grande écoute. Ce sont les qualités nécessaires pour être un bon écrivain public : ne pas juger et savoir retranscrire fidèlement la demande. Dans le reportage, certaines situations sont très touchantes. Par exemple lorsqu’un écrivain remet le récit final à la famille dont il a écrit l’histoire. C’est une scène chargée d’émotion.»

    En Bretagne, Céline Feillel, écrivain public depuis 10 ans, anime des ateliers d’écriture dans le secteur hospitalier, qui s’adressent à des enfants, des adolescents, ou personnes âgées. Là aussi, les « Récits de vie » sont édités à quelques exemplaires. On peut lire « Le siècle de Marie-Aimée » (90 ans), « Anna, ma fille, mon bébé » de Madame E. ( 35 ans), ou « Jeannot la Casse – roman » de Julien (16 ans).Les livres sont ensuite offerts à la famille et aux amis. Ils sont une part de mémoire d’une vie. Certains seront même envoyés à des éditeurs avec le secret espoir d’être diffusés à un plus grand nombre, mais là, c’est une autre histoire.

    Photo Scribe égyptien (Musée du Louvre).

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