Avertir le modérateur

  • D'où vient le roman graphique ?

    L’image et le texte ont toujours fait bon ménage dans l’édition. On connaît les livres illustrés de Jules Vernes dans la collection Hetzel ou la littérature enfantine qui depuis des siècles fait appel à des illustrateurs.

    C’est avec la bande dessinée que les images ont commencé à s’émanciper de la simple illustration pour devenir, grâce au découpage en cases et avec l’aide de bulles pour les dialogues, un mode d’écriture d’histoires et de récits à part entière.

    C’est dans les années 1970-80 que la bande dessinée, longtemps cataloguée en tant que  divertissement pour la jeunesse, a commencé à toucher un public adulte. En France c’est la naissance du mensuel A suivre édité par Casterman qui va favoriser le lien entre les lecteurs de BD et celui du roman. Des dessinateurs comme Tardi, Hugo Pratt, Régis Franc, Alex Varenne, Jean-Claude Forest, vont par la qualité de leur graphisme et leur sens du récit donner à la bande dessinée ses lettres de noblesse.

    Ces auteurs serviront de référence à la création du « roman graphique » (graphic novel en anglais). Le roman graphique se distingue de la bande dessinée « traditionnelle »par son côté littéraire. Souvent en noir & blanc, les histoires se déroulent comme dans un livre, sur plusieurs centaines de pages. Ils ne mettent pas forcément en scène un héros récurrent et il est rare qu’il y ait des suites, voir une série. Les auteurs traitent également de sujets plus personnels, ce qui accentue le rapprochement avec le roman.

    La catégorie des romans graphiques compte déjà de grandes références, parmi lesquelles on peut citer les deux tomes de "Maus" d’Art Spiegelman, "Un Pacte avec Dieu" de l’américain Will Eisner, mais aussi, "Silence" de Comès, "Ici-même" de Tardi et Forest, "Alack Sinner", de José Munoz et Carlos Sampayo, "L’autoroute du soleil" de Baru, "Pascin" de Joann Sfar, "Tout seul" de Chabouté, les albums du dessinateur japonais Taniguchi, mais aussi "Persepolis" de Marjane Satrapi, adapté au cinéma.

    Aujourd’hui de nombreux auteurs de BD s’adonnent au genre avec succès, comme Crumb, Chris Ware, Joe Sacco, Pascal Rabaté, Manu Larcenet, Posy Simmonds.

    Si le roman graphique est lu essentiellement par un public adulte, il séduit aussi un public d’adolescents ce qui en fait une transition de qualité vers le roman et la lecture. Les éditeurs ne s’y sont pas trompés, lesquels publient de plus en plus d’adaptations de romans dits « classiques ».

     

    Rom graph.jpg


     

  • L’auto-édition, une bonne idée ?

    Editer soi-même son livre semble aujourd’hui à la portée de tout un chacun, grâce à l’informatique, aux logiciels de mise en page et à des sites comme Lulu.com ou Autres talents qui impriment à la demande. Cela reste malgré tout onéreux et ne règle pas le problème de la diffusion et de la présence en librairie.

    Alan Spade, auteur et défenseur de l'autoédition explique dans un entretien accordé au blog « Ymaginères » : « De nombreux mécanismes empêchent les livres publiés en autoédition de paraître dans les rayons des grandes librairies. Le manque de moyen pour couvrir les 7000 librairies et points de vente de France, bien sûr. Même pour les simples bases de données libraires, il faut par exemple verser 90 euros par an à Dilicom pour voir ses livres figurer dans Ediweb. Y figurer ne garantit en rien d'avoir des commandes de livres ».

    La solution pourrait peut-être venir une fois de plus des Etats-Unis où l’autoédition semble connaître un beau succès. En 2011, le site ActuaLitté consacrait un article au sujet et remarquait que les écrivains indépendants savaient tirer profit des avantages procurés par l'autoédition tout en précisant que l'essor du livre numérique était à l'origine de toutes ces aventures.

    Une voie empruntée par Alan Spade, « Les études statistiques aux Etats-Unis prouvent que les gens achètent plus de livres et lisent plus une fois qu'ils possèdent un lecteur d'ebooks. Donc, ces appareils sont bons pour la lecture, et pour les auteurs. Ils peuvent les rendre indépendants de la terrible lourdeur du système de distribution que je viens de décrire. Grâce à eux, l'auteur peut toucher directement le lecteur. Les seuls intermédiaires restants sont les fournisseurs d'hébergement lorsque les livres électroniques sont vendus sur le site de l'auteur, et des sociétés comme Apple, Amazon ou (prochainement) Google. Je préfère traiter avec ces gens-là, car ils versent 70% du prix de l'ebook. »

    S’éditer soi-même, papier ou e-book, reste cependant une entreprise artisanale. Même si certaines ventes peuvent atteindre des chiffres honorables, il faut apprendre à maîtriser, les problèmes de mise en page, de relecture, de correction, des aides qu’offre habituellement une maison d’édition traditionnelle.

    Des mémoires familiales aux livres de recettes de cookies, en passant par le roman, ou des essais, tous les genres cohabitent dans l’auto-édition, et si, comme le reconnaissent certains auteurs américains, ils n’arrivent pas à en vivre, l’auto-édition leur permet de concrétiser un projet personnel, celui d’écrire, et qui sait, d’être repéré par... un éditeur.

    Photo extraite du site blurb.com

     

    Auto édition.jpg

  • La survie des libraires ?

    Où achèterons-nous nos livres dans quelques années ? Sur Internet, à la FNAC (Virgin, Leclerc, Carrefour...), où chez notre libraire au coin de la rue ?

    Anne Feitz écrivait il y a quelques jours dans Les Echos « Les libraires de quartier sont inquiets. Leur situation financière est de plus en plus tendue, car ils perdent du terrain sur un marché qui lui-même ne progresse plus guère. Les librairies indépendantes représentaient ainsi moins de 24 % des ventes totales de livres en 2010 contre 31,3 % en 2000, selon TNS Sofres. »

    Peut-on pour autant incriminer les grandes surfaces culturelles, les  ventes sur Internet et peut-être bientôt au livre numérique ? Ce qui est sûr, c'est que le métier de libraire, lié depuis des siècles à la diffusion du livre, subit aujourd’hui de plein fouet les bouleversements technologiques de notre époque.

    Jusqu’à ces dernières années, il était reconnu comme le dernier maillon de la chaîne qui faisait vivre le livre, en cumulant les rôles de commerçant, de prescripteur et de conseiller.

    Le combat pour la survie des libraires est loin d’être gagné car l’augmentation des coûts des loyers dans les centres villes, et, à partir du 1er avril 2012, la hausse de la TVA sur le livre, sont autant de charges qui viennent s’ajouter à la mévente des livres et aux difficultés de la profession.

    Les libraires indépendants tentent malgré tout de résister et certains éditeurs leur apportent leur soutien. Ainsi vingt-sept d’entre eux, parmi lesquels La Martinière, Arléa, le Seuil, les éditions de Minuit, la BNF, et leur diffuseur Volumen, leur proposent un contrat de partenariat « afin de contribuer au maintien, sur l'ensemble du territoire, d'un réseau de librairies de qualité capables de participer à la diffusion des œuvres de création ».

    Les pouvoirs publics eux aussi prennent conscience du danger que représenterait la disparition de ces commerces de proximité. Le ministre de la culture et de la communication devrait d’ailleurs annoncer d’ici la fin mars quelques mesures pour les soutenir, dont certaines préconisées dans le rapport de la mission sur l’avenir de la librairie qu’il acommandé en janvier et qui vient de lui être remis.

    En novembre 2011, Télérama consacrait une grande enquête à la menace sur les libraires indépendants, et la journaliste Christine Ferniot écrivait « le temps presse désormais. Car l'une des plus grandes batailles du libraire est justement... celle du temps. Aujourd'hui, un lecteur ne veut pas attendre. Il entre dans la librairie, demande si le livre qu'il cherche est disponible, mais « si nous lui proposons de le commander, la plupart du temps, il préférera cliquer sur un site Internet plutôt que de revenir chez nous », précise William, de L’Atelier, à Paris. Et ce même si le délai de livraison est le même. »

    « Défendre la librairie indépendante est plus qu’un choix de société, c’est un choix de civilisation. Il s’agit de choisir entre l’âme et le commerce, entre l’intelligence et la vacuité, entre la pensée et les marchands du Temple. » Vincent Monadé, directeur du MOTIF (Observatoire du livre et de l’écrit en Ile-de-France) dans Libération .

     

    Photo extraite du blog Chez les libraires associés

    Librairie.JPG

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu