Avertir le modérateur

  • Les secrets d’un best-seller

    Le prochain livre pour adultes de J.K Rowlings, dont on vient d’annoncer la prochaine parution, sera-t-il un best-seller comme l’a été la série des Harry Potter, un succès universel édité à plus de 400 millions d’exemplaires ?

    Difficile à prédire, il n’y a pas de recette imparable, surtout lorsqu’on sait que le manuscrit initial de l’auteure britannique a été refusé à l'époque par une dizaine d’éditeurs.

    En octobre 2011, Bernard Pivot qui consacrait sa chronique du Journal du Dimanche  au livre Histoire des best-sellers de Frédéric Rouvillois, (Flammarion), écrivait « Les livres best-sellers sont d’autant plus excitants qu’ils sont inattendus. Les éditeurs les ont tirés à trois mille exemplaires ; les libraires ne leur ont pas prêté une attention particulière ; et les auteurs sont déjà comblés d’avoir franchi le cap difficile de la publication. Et puis voilà que, très vite ou au fil du temps, tel livre, souvent sans le secours de la presse ou d’un prix littéraire, rencontre les faveurs d’un public qui grossit de plus en plus et qui devient marée d’équinoxe. Ainsi, il n’y a pas si longtemps, L’Élégance du hérisson, de Muriel Barbery, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, d’Anna Gavalda, ou, succès universel et inouï, la saga Harry Potter, de Mrs J.K. Rowling. » et tente une explication à la réussite d’un livre reprochant à l’auteur de ne pas analyser « assez profondément ce processus d’irrésistible engouement qui culmine dans une pression de curiosité et de snobisme sur des populations d’abord réticentes, puis décidées à y aller voir "pour ne pas mourir idiot ». Un « panurgisme » selon Pivot qui  « a été amplifié par les listes de best-sellers publiées dans les hebdomadaires et affichées dans les librairies. On achète un livre parce que des dizaines de milliers de personnes l’ont déjà acheté. »

    Le livre de Frédéric Rouvillois n’a peut-être pas figuré dans la liste des succès de librairie, mais son auteur a été l’invité de plusieurs médias qui ont tenté, à travers lui, de définir les clés de la réussite d’un ouvrage. Ce fut le cas de "La marche de l’histoire" de France Inter qui explique dans la présentation de l’émission « L'ère de la vitesse a commencé il y a 150 ans et quelques avec le chemin de fer. Celle des best-sellers avec l'accélération des modes d'impression et de diffusion, à la même époque. L'expression  apparaît aux Etats-Unis en 1889, elle est largement utilisée en France dès les années 1920. Mais le mot est un fourre-tout. Selon les périodes, il ne s'applique pas aux mêmes seuils : à notre époque d'industrie culturelle, on compte en millions ; il y a un siècle, au temps de la littérature industrielle, on calculait seulement en centaines de milliers d'exemplaires. Du best-seller,  on parle généralement comme d'un succès prévu, calculé voire manipulé. Mais le best seller le plus révélateur n'est-il pas l'imprévu, celui qui s'embrase comme un feu, révélant tout d'un coup une sensibilité latente ? »

    D’autres comme Umberto Eco dans Lector in fabula (Grasset) se sont interrogés sur la relation du « Lecteur modèle » avec le texte. Une étude savante pour mieux comprendre son apport au contenu de l’œuvre. Citation : «L'activité coopérative qui amène le destinataire à tirer du texte ce que le texte ne dit pas mais qu'il présuppose, promet, implique ou implicite, à remplir les espaces vides, à relier ce qu'il y a dans ce texte au reste de l'intertextualité d'où il naît et où il ira se fondre.» Ou encore : « Un texte se distingue d'autres types d'expressions par sa plus grande complexité. Et la raison essentielle de cette complexité, c'est qu'il est un tissu de non-dit. "Non-dit" signifie non manifesté en surface, au niveau de l'expression: mais c'est précisément ce non-dit qui doit être actualisé au niveau de l'actualisation du contenu. Ainsi un texte, d'une façon plus manifeste que tout autre message, requiert des mouvements coopératifs actifs et conscients de la part du lecteur.»

    A la lecture de tous ces points de vue, la « recette » du best-seller apparaît en filigrane, mais l’élément « miraculeux » qui conduit à la rencontre d’un auteur avec ses lecteurs reste un mystère, ce qui aurait tendance à rendre l’industrie du livre beaucoup plus humaine.

  • Livre ou liseuse ?

    Le lancement en 2012 en France d’une liseuse Kindle en couleurs (peut-être plus grande et tactile) va-t-il définitivement asseoir le marché de ces tablettes censées, selon certains, remplacer, à terme, le livre papier ?

    En juin 2011, Le Figaro posait à Jeff Bezos fondateur d’Amazon cette question « Pensez-vous que le livre électronique va remplacer le livre papier ? », et celui-ci répondait « Je suis totalement bluffé. Tout est allé plus vite que ce que j'anticipais. Aux États-Unis, nous vendons plus de e-books que de livres papier. Ce changement s'est fait en seulement trois ans et demi. Le démarrage est également rapide en Grande-Bretagne. Il est clair que le livre électronique est un outil très pratique. Lorsque l'on peut télécharger un livre en soixante secondes, chercher les définitions, changer la taille des caractères avec une apparence identique à une page de papier, les lecteurs l'adoptent très vite. »

    En France, Amazon lançait à l’automne dernier une tonitruante campagne de publicité pour le lancement de sa liseuse Kindle, à 99 euros, s’offrant de pleine pages de publicités dans la presse. Le Figaro le décrivait alors ainsi « L'appareil ne déborde pas d'originalité. Mais il « fait le job » : léger (170 g), à encre électronique (donc pas fatiguant pour les yeux), d'une autonomie d'un mois et d'une capacité de stockage de 1400 livres. »

    Souvent mis en « concurrence » avec l’iPad d’Apple il n’en a cependant pas les mêmes fonctionnalités. La véritable concurrence pour le Kindle vient des liseuses diffusées à la même époque par la FNAC sous le nom de Kobo et par Virgin avec son Cybook.

    Début janvier 2012, Paul Loubière de Challenges écrit « Même s'ils se refusent à donner des chiffres précis, les fabricants et les distributeurs reconnaissent que les ventes des trois produits-phare - Kindle, Kobo et Cybook - ont réellement décollé en France à l'occasion de Noël. »

    Il indique aussi que « selon l’IDATE, il n’y a aucun doute, le numérique est l’avenir du livre. Il va croître de 30% par an d’ici 2015 où il représentera 12% du marché total du livre. Les terminaux de lectures grimperont de 24% par an, passant de 3,3 millions d’unités vendues en 2010 à 29,8 millions en 2015. »

    En conclusion de son article Paul Loubière évoque cependant les points qui pourraient ralentir cette expansion : « En Europe, les cinq principaux pays européens verront le chiffre d’affaires du livre numérique atteindre 1,4 milliard d’euros en 2015. L’IDATE pointe un élément de blocage : le prix du livre numérique reste trop élevé dans les pays où existe un prix unique du livre. "Le différentiel est de 50% aux Etats-Unis entre le prix moyen du papier et celui de l’électronique, souligne l’étude. En France, le différentiel n’est que de 20% est n’incite pas les consommateurs à migrer vers le numérique". Le prix n’est qu’un des éléments. Il manque aussi une vraie volonté des éditeurs. A l’horizon 2015, l’Espagne aura un marché du livre électronique plus développé que celui de la France ou de l’Allemagne "en raison d’un plus grand volontarisme des éditeurs" prédit l’Idate, 16% en volume et 9% en valeur contre 13% en volume et 7% en valeur pour la France et 10% en volume et 6% en valeur pour l’Allemagne. Reste que l’abandon du prix unique du livre n’est pour l’instant pas à l’ordre du jour. »

  • Les politiques en campagne et le livre

    Le livre aura-t-il sa place dans la prochaine campagne des Présidentielles, ou le sujet sera-t-il esquivé comme l’a fait Nicolas Sarkozy, désormais candidat, qui est entré dans une librairie à Annecy et a refusé de répondre au libraire qui l’interpellait sur la hausse de la TVA à 7%.

    Le magazine Livres hebdo a eu la bonne idée de réunir sur le thème « Présidentielle : quelle politique pour le livre ? », les représentants des divers candidats pour connaître leurs leurs propositions pour le livre et la lecture. Le site ActuaLitté qui fait un compte-rendu de cette rencontre nous apprends que étaient présents autour de la table ronde, Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, Gaël Nofri, représentant le Front national, Aurélie Filippetti, pour le PS, Alain Hayot, pour le Front de gauche, Marie-Christine Blandin, pour Europe-Ecologie, les Verts, et Marin de Viry, pour incarner Dominique de Villepin, et François Bayrou qui a fait une apparition et a déclaré : « « l'objet livre ne sera pas durablement mis en cause par le numérique». 

    On peut aussi citer, pour les professionnels de l’édition, Matthieu de Montchalin, président du Syndicat de la librairie française, Antoine Gallimard, président du SNE , une représentante de la FNAC.

    A la lecture de cet article on sait que les thèmes du Centre National du livre, pourvoyeur de fonds publics, l’avenir des librairies, le livre numérique, ont été abordés mais sans que la moindre perspective pour l’avenir du livre n’ait été avancée clairement.

    Conclusion semble-t-il désabusée de Nicolas Gary , auteur de ce compte-rendu : « Par ailleurs, sinon pour être mesuré au livre papier, le livre numérique n'aura pas vraiment eu sa place dans les débats. Tout au mieux Aurélie Filippetti aura su évoquer l'impression à la demande, comme une technologie d'avenir, ou bien, a-t-on brièvement évoqué les questions de numérisation par les éditeurs. Mais, parent pauvre, ou pauvre patenté, le livre numérique est encore loin des préoccupations des uns et des autres. De quoi conforter dans l'idée qu'il vaut mieux se consacrer pleinement au livre, tel qu'on le connaît... »

     

Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu