16.05.2012
So British
Au mois de mars 2012 l'écrivaine Isabel Losada s’est intallée pendant 5 jours dans la vitrine de chez WH Smith au coin de la rue de Rivoli et de la rue Cambon à Paris, pour dédicacer son dernier ouvrage traduit en français “Mes tribulations sur le chemin de l'Eveil".
En Angleterre, les magasins WH Smith vont accueillir une centaine d’espaces de vente des liseuses numérique tactile Kobo.
Qui pourrait croire à travers ces 2 anecdotes que WH Smith est une chaîne de librairies créée en 1792 et toujours présente dans un secteur qui pourtant est très chahuté ces derniers temps ?
De la distribution de journaux, à l’ouverture de librairies à proximité des gares en 1905, à l’achat des librairies Bowes & Bowes en 1953, puis en 1966, à la création (en partenariat avec la maison d'édition américaine Doubleday) du Book Club Associates, le plus grand club de livres en Grande-Bretagne, le groupe a toujours su évoluer, en intégrant, entre autres, la vente de papeterie, de musique, et même de bureaux de Poste au sein de ses magasins à partir de 2006.
Plus proche du drugstore où l’on trouve de tout ou presque, WH Smith reste quand même l'un des plus importants réseaux de librairies au Royaume-Uni.
En France c’est en 1903 que WH Smith a ouvert sa première librairie dans la capitale. Aujourd’hui encore, dans une ambiance très british, elle propose en dehors des livres et des magazines anglophones, des jeux et un rayon de spécialités anglaises (thé, biscuits, chocolats...)
Devenue au fil du temps propriété de fonds de pensions, WH Smith a lancé ces dernières années une opération de rachat de ses actions. En 2011, le site Actulitté.com annonçait une baisse de son chiffre d’affaires de 5% mais les résultats d’une étude sur le groupe estimait la société encore largement profitable. D’autant plus que le nouvel agencement de ses boutiques et le redéploiement de son réseau d’édition et de distribution devraient lui permettre de « maintenir sa position sur le marché et reprendre le chemin de la croissance ».
Cheers !

17:33 Publié dans Librairies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook | |
Imprimer
13.05.2012
Des libraires passionnés
Créer une librairie pour partager sa passion des livres ou quitter son premier métier pour ouvrir une librairie... Ils sont quelques-uns à tenter ce pari audacieux à une époque où ces lieux de vie et de culture ont beaucoup de mal à survivre.
Marie-Rose Guarnieri, de son premier « job d’été » qui durera plusieurs années chez Gibert à Paris, à la création en 1988 de la Librairie des Abesses, a toujours travaillé dans le monde de la librairie. Sur le site de la revue XXI elle parle de son métier « Dès mes débuts, j’ai été saisie d’une exaltation presque physique pour la librairie. C’est un microcosme bouillonnant de vie et, en même temps, un monde pensé et classé, un rempart contre l’angoisse, qui procure un apaisement. Apprendre chaque jour une chose que j’ignorais la veille, c’est devenir quelqu’un de meilleur. Ce métier m’a rendue libre.» Marie-Rose Guarnieri est aussi à l’initiative du Prix Wepler «une virée littéraire pure et non commerciale, qui défend l'écriture, les gens qui innovent », et de la Sant Jordi, fête des libraires indépendants inspirée d’une tradition catalane qui voit offrir aux clients un livre et une rose. Cette année ce sont 500 libraires en France et en Belgique qui ont participé à l’opération.
librairiedesabbesses.blogspot.fr/ 30 rue Yvonne Le Tac 75018 Paris.
Alain Girard est quant à lui le fondateur, avec sa compagne, de la librairie Vent d’Ouest à Nantes en 1980. A l’occasion de son départ à la retraite en 2012, le quotidien Ouest France lui consacre un article sous le titre « Profession libraire, passion lecteur ». Il y raconte son aventure, parle de la loi Lang qui a protégé la librairie indépendante dans des moments difficiles, et de ses 60 000 références aujourd’hui en rayon. Le « grand lecteur de littérature française » qu’il est, s’interroge aussi sur l’avenir « Ces dernières années, j'ai constaté une perte des grands lecteurs, toute une génération qui achetait beaucoup de livres. Et je ne vois pas la relève. Et puis la progression des pratiques sur écran me semble être un souci. »
http://www.librairie-nantes.fr/ 5, place du bon pasteur 44 000 Nantes.
La Lucarne des écrivains, à Paris, est née avec la création d’une association rassemblant une « soixantaine d’auteurs d’horizons divers, et de petits éditeurs goûteux situés à l’écart des gros rouages », tous ont cotisé pour donner vie à ce lieu « où on a envie d’être, de passer du temps », animé depuis 2006 par Armel Louis. Le site dixneufinfo.com décrit ainsi l’endroit « Dès le début, Armel Louis avait imaginé sa boutique comme un lieu animé et riche de culture. Poésie, théâtre, romans policiers, nouveautés, la Lucarne des Ecrivains dispose ainsi d’un large choix d’ouvrages. Une importante section jeunesse propose également des livres scolaires et parascolaires ainsi que des collections plus rares, comme ces Encyclopédies Larousse du XXe siècle que l’on ose à peine toucher. Tout autour, 15 mètres de mur sont dédiés à des expositions de photographie, de peinture, ou encore, de gravure. » Armel Louis propose également à longueur d’années une centaines de débats et de rencontres avec des auteurs, des chanteurs et des comédiens.
http://lucarnedesecrivains.free.fr/ 115 rue de l'Ourcq 75019 Paris.
Le Monde a raconté début mai, le parcours de celui qui a créé la librairie Le Roi Lire à Sceaux, après avoir travaillé dans le monde de la finance : « A 40 ans, Gilles Bérat fuit. Se forme au métier de libraire, qu’il a en tête depuis toujours ("Je suis du genre à rentrer dans les librairies en Chine !"). Et divise sa rémunération par cinq, au moins. Il ne regrette pas, loin de là. Dans sa TPE (Très petite entreprise), il n’y a pas de luttes de pouvoir, pas "10 000 chefs qui ont peur de déplaire au grand chef", mais trois libraires qu’il a recrutées pour leur plaisir à travailler ensemble. Il y a de la bonne humeur. Une sérénité. Gilles s’est "posé", comme il dit. Et quand il déballe des dizaines de cartons de livres, quand il gère les stocks au plus juste, négocie les marges avec les éditeurs, opère des choix drastiques parmi les 50 000 nouveautés annuelles pour que sa librairie ne présente pas que des livres sur tranche, il repense à tout ce qu’il ne supportait plus dans sa vie de cadre sup surpayé. Et se réjouit d’être devenu "un passeur", de faire connaître des auteurs. Bref, de savoir désormais pourquoi il travaille. »
Le Roi Lire, 4 rue Florian 92330 Sceaux.
Ce ne sont que quatre exemples de passionnés, mais ils sont bien plus nombreux en France à faire vivre le livre et à parier sur le lien indéfectible entre l’auteur, le libraire et le lecteur.

20:54 Publié dans Librairies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook | |
Imprimer
09.05.2012
Des livres sous presse
Tous les médias nous parlent depuis 24h de la parution d'une quantité de « quick books » à l'occasion des élections présidentielles, des livres express imprimés en quelques heures et qui se retrouvent aussi vite dans les librairies.
Ce ne sont pas moins d’une dizaine de titres qui sont annoncés d’ici le mois de juin et qui vont tous retracer les péripéties de la campagne électorale.
La recette du « quick book » est simple, deux journalistes suivent l’événement, en général pour leurs journaux, et racontent dans un livre et dans le détail les coulisses de celui-ci, ce qui donne au lecteur l’impression d’être au cœur de l’événement
L’éditeur de son côté prévoit deux issues à la confrontation, deux titres, et deux couvertures. A l’heure fatidique du résultat, il ne reste plus qu’à mentionner le nom du vainqueur, celui de son concurrent malheureux, pour terminer le manuscrit et l’envoyer à l’imprimerie. Le Figaro raconte « Dimanche, dès 21h00, ces chroniques sur le vif d'une victoire et d'une réélection manquée, bourrées d'anecdotes mais aussi de révélations, ont été imprimées sur les presses de Brodard et Taupin à La Flèche (Sarthe). Deux grandes machines Cameron ont alors travaillé simultanément pour sortir à grande vitesse les livres de quelque 300 pages chacun, avec un tirage de 26.000 exemplaires pour Hollande, de 14.000 pour Sarkozy. »
Ces deux titres ont été publiés par Jean-Daniel Belfond (éditions de L’Archipel) qui précise au journal suisse Le Temps « Nous avons décidé du tirage et imprimé les couvertures jeudi dernier. Nous avons pris l’option Hollande. Certes, j’ai eu quelques craintes mais globalement il y avait peu de risques que la donne s’inverse. C’est clair que si Nicolas Sarkozy l’avait emporté, nous perdions tout car la publication était alors repoussée au mois de juin. Or, l’intérêt de ces livres repose sur l’immédiateté; ils n’ont pas vocation à livrer des analyses mais seulement les ressorts de la campagne.»
Mais ce style de livre à consommer rapidement ne vaut que pour les grands événements qui suscitent un engouement populaire certain. L’exercice est certes périlleux mais pas forcément, ainsi Livre Hebdo nous explique que « Tous les éditeurs rêvent d’un autre L’aube, le soir ou la nuit, paru à la rentrée 2007 chez Flammarion (260 000 exemplaires vendus en grand format et 25 000 en poche chez J’ai lu!), où la dramaturge Yasmina Reza avait suivi Nicolas Sarkozy jusqu’à son élection. »
Avec les « quick books » le monde de l’édition arrive à être aussi rapide et performant que les journaux et les magazines tout en utilisant des moyens traditionnels de fabrication. Le livre imprimé a peut être encore de beaux jours devant lui.
Photo, stock de papier chez l'imprimeur Brodard et Taupin.

20:41 Publié dans Edition | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
Facebook | |
Imprimer










